Hello !!!
Et oui, déjà une suite ^^
Dans ce chapitre, je dois simplement dire que j'adore Georg.
Ce mec est trop tripant.
La première scène est une de mes préférée de Catharsis.
Je vous laisse apprécier!!!
***
Bill zappait sur les différentes chaînes de la télévision du bus, louchant sur l'écran. Il se faisait une cure de rediffusions et de vieilles séries, mais il y prêtait à peine attention. Il était sur le point de se ronger les ongles quand il entendit la porte du bus s'ouvrir.
"Salut?" appela Bill. C'était un samedi soir et il était tout seul, à part Gustav qui était dans sa couchette à écouter son i-pod. Bill se pencha en avant pour voir qui était entré. Il vit Tom marcher d'un pas lourd dans le petit couloir. "Oh."
Tom arriva dans pièce du fond et s'assit dans le canapé.
"Tu t'es bien amusé?" demanda Bill, désintéressé. Il garda les yeux rivés sur l'écran.
Tom haussa une épaule. "C'était bien. Une fois que les gens ont découvert qui nous étions, c'est un peu parti en vrille. Ça craint."
"Désolé."
Ils étaient tous les deux silencieux, fixant l'écran pendant un long moment. "Je pense que je vais aller me coucher, mais il est encore tôt," dit finalement Tom.
"Ouais," répondit Bill.
Il pouvait sentir le regard de Tom sur lui. "Tu veux regarder un film ou autre chose?"
Bill secoua la tête.
"Ou bien est ce que tu as faim? J'ai pensé à peut-être réchauffer un peu de pizza."
Bill marmonna un "Non merci," toujours concentré sur la télévision. Une seconde plus tard, il sentit Tom se lever du canapé.
"Bien," dit Tom.
"Ouais."
Tom n'alla nulle part. Il resta debout devant la télévision et Bill ne dit rien. "Tu ne regardes même pas ce truc."
Bill se rongea les ongles. "Nan."
"Bill, je pense vraiment qu'il faut qu'on—" Tom fut interrompu par la porte du tourbus qui s'ouvrait puis un grand fracas.
Georg était rentré.
"Putain de marches!" cria Georg. "Qui vous a déplacées?"
Bill regarda Tom. "Il est bourré?"
Ils grognèrent tous les deux. Georg bourré était impossible.
"Peut-être que si on l'ignore," murmura Tom.
Un autre grand bruit se fit entendre et ils soupirèrent.
"On devrait au moins aller dégager le chemin," dit Bill en se levant du canapé. Il avança discrètement jusqu'à la porte et jeta un ½il à l'extérieur. Georg se tenait près du plan de travail de la kitchenette en fixant ses mains. Un sachet entier de cacahuètes était répandu sur le sol.
"Georg," dit Tom d'une voix forte en claquant des doigts. Georg regarda les jumeaux, les yeux dans le vague et les paupières lourdes. "C'est l'heure d'aller au lit."
"Tu es parti tôt, alors moi aussi," dit Georg bêtement. Il se pencha pour ramasser les cacahuètes, et tomba en avant, s'écrasant dans un placard. "Ah, merde."
"Va le prendre," dit Bill à Tom avec un coup de coude.
"Pas question, il va essayer de me prendre dans ses bras," siffla Tom.
Bill ne put s'empêcher de rire. "Il te fait ça aussi?" Tom hocha la tête. "Et moi qui pensais que j'étais spécial."
"Il se transforme en une putain de fille immonde," dit Tom. Bill lui sourit.
"On le prend tous les deux." Ils avancèrent avec précaution, essayant de ne pas effrayer Georg. Georg les regarda et se leva sur des jambes chancelantes.
"Elle sont où les cacahuètes?" demanda-t-il en faisant un pas et en écrasant les cacahuète sur le sol.
"Tu les as toutes mangées à l'instant," dit Tom. Il fit un clin d'oeil à Bill. Ils encerclèrent Georg en prenant des côtés opposés.
"J'ai fait ça?" demanda Georg. Il pressa ses lèvres entre elles. "J'ai pas le goût."
Tom attrapa l'épaule de Georg. "Au lit." Georg se pencha sur Tom pour frotter son nez contre lui. "Oh mon Dieu," grogna Tom.
Bill ricana et tira l'autre bras de Georg. "Viens me faire un câlin, gros balourd," dit Bill en battant des cils. Georg sourit et enroula ses bras autour de la taille de Bill. Tom à présent libéré de l'étreinte de Georg commença à le diriger vers les couchettes.
"Où est-ce qu'on va?" demanda Georg avec un hoquet.
"Au lit," dit Bill.
Georg reluqua Bill.
"Tu n'es qu'un gros pervers," dit Bill en grimaçant alors que les mains de Georg descendaient vers le sud. "Hey, fais gaffe."
"Joli," marmonna Georg en posant intimement son menton sur l'épaule de Bill. Bill fit une grimace et lança un coup d'½il à Tom qui riait silencieusement. "Joli Bill."
"Ça suffit, mec," dit Tom derrière eux.
"Joli Tom," répondit Georg immédiatement avec un large sourire.
"Euh," marmonna Bill en levant les yeux au ciel. Ils arrivèrent à la couchette de Georg. Gustav sortit la tête de derrière ses rideaux.
"Qu'est-ce qui se passe - oh," dit Gustav en riant. Il poussa Georg fort entre les épaules et Georg tomba en avant, atterrissant directement sur Tom.
"Putain!" cria Tom. Georg battait des mains sur Tom, l'agrippant. "Enlève tes sales pattes de ma... Georg!!"
Bill rigolait comme un fou en essayant de tirer Georg de sur Tom. "Un peu d'aide?" demanda Tom.
Gustav rit avec Bill. "Tu te débrouilles. Il a essayé de foutre sa langue au fond de ma gorge la dernière fois."
"T'es une vraie salope, Georg!" cria Tom en se dégageant des bras de Georg et en poussant son ami dans sa couchette.
"Je t'aime," chanta Georg en tombant sur son dos. "Je t'aime, Gustav!"
Gustav leva les yeux au ciel et remit ses oreillettes. "Amusez-vous bien les gars," dit-il, et il ferma ses rideaux.
Georg grogna et roula sur le ventre. Il émit un bruit douloureux dans son oreiller.
"Il va bien?" demanda Bill en s'essuyant les yeux. Tom haussa les épaules.
"Je n'y retourne pas."
Georg grogna encore et Bill traversa la petite allée vers sa couchette. Il se pencha et toucha l'épaule de Georg. "Ça va?"
Georg trembla un peu.
"Est-ce que tu vas vomir?"
Bill essaya de retourner Georg, mais il ne voulait pas bouger. Il y mit toutes ses forces et finalement, Georg se retourna. Son bras se leva et attrapa Bill aux épaules, le tirant dans la couchette.
"Merde!" cria Bill. Il pouvait entendre Tom hurler de rire depuis l'extérieur de la couchette. Les mains de Georg agrippèrent les fesses de Bill. "Georg, espèce d'enfoiré!"
Tom regarda dans la couchette. "Est-ce qu'il...?"
"Oui, débarrasse moi de lui!"
"Ok, ok, Georg, du calme," dit Tom en claquant les mains baladeuses de Georg. "La petite demoiselle a dit non."
Bill donna un grand coup dans l'épaule de Tom en sortant de la couchette et Tom lui renvoya un sourire éclatant. "Pour ainsi dire," ajouta Tom.
"Bien sûr, bien sûr," répondit Bill en souriant aussi. Georg gémit dans la couchette et il retournèrent tous les deux leur attention sur lui.
"Viens, câlin, papouille," marmonna Georg et mettant un doigt dans un passant de ceinture de Bill, l'attirant plus près d'un coup sec. "Bill. Tom. Bill."
"Je crois qu'il est amoureux," commenta Tom en donnant un petit coup de pied à l'arrière du genou de Bill. "De toi."
"Quelle chance," dit Bill. "Mais il a aussi dit Tom."
"Tu es plus son type."
"C'est vrai," dit Georg depuis la couchette. "Elle l'est."
Bill rit en secouant la tête. "On le laisse," chuchota-t-il à Tom.
"J'ai entendu ça!!" Georg essaya de s'asseoir, mais échoua.
Tom et Bill reculèrent doucement dans le couloir. Presque aussitôt, ils entendirent les lourds ronflements sourds de Georg.
"Je suis pas une fille," dit soudainement Bill alors qu'il retournait au coin télé.
"Je n'ai pas dit ça, c'est Georg."
"Tu le pensais."
Ils échangèrent un sourire. Bill détourna rapidement le regard et se mordit la lèvre.
"On devrait le faire chier un peu plus," dit Tom. "Il peut pas s'en tirer comme ça après... ça."
"Quoi?"
Tom avait l'air nauséeux. "Il m'a touché la queue."
Bill éclata d'un rire qui lui secouait les épaules. "Ok, ok. La main dans l'eau chaude?"
Le visage de Tom s'éclaira. "Ouais. Parfait."
Très silencieusement, ils allèrent dans l'espace cuisine et remplir un petit récipient d'eau chaude. Tom dut mettre une main sur la bouche de Bill pour étouffer ses rires. Bill rit dans la main de Tom, ayant vraiment l'impression que c'était comme au bon vieux temps
Ils traînaient ensemble, faisaient des conneries. Il aimait ça.
Ils avancèrent à pas de loup jusqu'à la couchette de Georg et posèrent l'eau au sol. "Fais le," dit Bill.
Tom se mordit la lèvre et leva gentiment la main de Georg. Georg était tellement fait qu'il ne bougea même pas quand Tom mit sa main dans l'eau.
"Oh mon Dieu, il va nous tuer demain matin," chuchota Bill.
"Je lui rappellerai juste comment il a essayé de molester mon petit frère," dit Tom. "Gustav sera mon témoin."
"Tu es vraiment là pour sauver mon honneur, hein?" demanda Bill. Tom lui donna un petit coup dans l'épaule.
"Bien sûr," dit-il. "Tu veux de la pizza maintenant?"
Le visage de Bill s'éclaira. "Ouais, et on pourrait regarder Spaceballs."
"Tu l'as déjà vu un million de fois," dit Tom. Bill se pencha vers lui.
"S'il te plait?"
"Bien, bien."
Bill le regarda aller dans la cuisine et se sentit chaud à l'intérieur. Est-ce que les choses pouvaient être normales entre eux? Est-ce qu'ils pouvaient revenir à la façon dont ils étaient avant que tout ceci ne commence? Ils étaient meilleurs amis, complices dans les mauvais coups.
Bien sûr c'était différent à présent. Bill savait ce que cela faisait d'avoir Tom en lui. Il trembla un peu puis alla dans la pièce du fond et sortit le DVD.
"Tu veux quelque chose sur ta pizza?" demanda Tom depuis la cuisine.
"Non," répondit Bill. Il fixa le DVD en fronçant les sourcils. Non, il ne pourrait plus jamais regarder Tom sans sentir un petit spasme au ventre, un doux tiraillement qui le tuait. Mais peut-être que ce n'était pas grave. Peut-être qu'il pouvait le contrôler. "Mais je veux du Coca par contre."
"Tu l'as."
Bill sourit, malgré lui, et s'assit sur le canapé après avoir mit le DVD dans le lecteur. Bientôt Tom arriva avec de la pizza passée au micro-onde sur une grande assiette et s'assit près de Bill.
"Ça sent bon," commenta Bill.
Tom haussa les épaules et commença à manger un morceau. "Ouais, c'est vrai. En fait c'est plutôt bon."
Il porta le morceau aux lèvres de Bill et Bill ouvrit la bouche. Tom mit une main sur sa mâchoire et le laissa mordre.
"Ouais," dit Bill, après avoir avalé. Tom retira sa main. "Pas mal."
Ils sourirent. Bill enclencha le film et s'assit dans le fond du canapé, son épaule tout contre celle de Tom. Tom se mit à l'aise contre Bill et pendant un moment, ils regardèrent calmement le film.
Finalement, Bill osa poser la tête sur l'épaule de Tom et s'endormit.
**
Tom se plaça derrière Bill et mit ses mains sur ses épaules. Bill était assis à la table dans le tourbus avec les gars, un livre en mains.
"Qu'est-ce que tu lis?" demanda Tom en massant gentiment les épaules de Bill.
Bill soupira et posa le livre. "Pour l'école. Plus bas," dit-il. "Ces couchettes me niquent le dos." Tom descendit ses doigts, massant les points de tension.
"Moi après," dit Georg.
"C'est un deal entre jumeaux seulement," dit Tom.
"Ouais, comme le genre de deal auquel j'ai eu droit il y a quelques jours quand vous avez mis ma putain de main dans un putain de verre d'eau, bande d'enfoirés?" dit Georg ironiquement.
Bill et Tom se contentèrent de lui envoyer un sourire en coin et Gustav éclata de rire.
Tom massa Bill encore un peu puis s'éloigna, fouillant dans le mini frigo pour trouver quelque chose à manger. Bill sourit dans son siège, reprenant son livre. Une semaine s'était écoulée depuis leur "demie-trève", et ils ne s'étaient pas disputés une seule fois. En fait, ils étaient plus proches qu'ils ne l'avaient été depuis longtemps.
Ils traînaient ensemble, discutaient, composaient. Bill avait ignoré tout ça quand ils couchaient ensemble.
Pas qu'il regrettait ce qu'il avait eu avec Tom, ou qu'il ne restait pas éveillé la nuit à y penser dans son lit. Parce que c'était le cas. Putain oui c'était le cas. Son imagination était assez bonne pour le faire jouir encore et encore.
Comme le faisait Tom.
Il rougit un peu et essaya d'arrêter d'y penser. Tom était son frère, son meilleur ami. C'était tout. Et ça lui plaisait comme ça.
"Tu veux la moitié de mon sandwich?" demanda Tom en s'asseyant à côté de Bill. Bill prit la moitié offerte et marmonna un merci en prenant une bouchée. Il savait que Tom le regardait.
Regardait sa bouche travailler.
'Mon Dieu, Tom mets-y aussi du tien,' pensa Bill en déglutissant. Il essaya de rendre les choses moins sexuelles en tirant la langue à Tom. Tom leva un sourcil et se cala dans son siège, observant toujours Bill
Bill fronça les sourcils. Mauvaise idée. Cette langue avait été partout sur Tom, sur tout son corps.
"On a bossé sur une nouvelle chanson," dit Bill en essayant de faire la conversation. "Juste l'autre nuit. Je pense que ça pourrait être bien."
Tom hocha la tête, mettant le reste de son sandwich dans sa bouche. "Si on arrive à s'en rappeler."
"J'y arriverai," dit Bill, indigné. Tom sourit et vola le reste de son sandwich. "Hey, j'étais en train de le manger!"
"Je l'ai fait," répondit Tom. Il taquina Bill avec le morceau de sandwich et Bill tenta de l'attraper. Georg et Gustav bougèrent dans leurs sièges, posant leurs regards n'importe où sauf sur les jumeaux.
Finalement, Tom abandonna et laissa Bill récupérer le sandwich, mais pas avant de poser ses doigts sur le visage de Bill et de le caresser juste assez pour faire arrêter son c½ur une seconde
Bill s'étouffa presque. Parfois il oubliait à quel point il était amoureux de son frère.
"Y'a tes microbes dessus, de toute façon," remarqua Tom.
"Comme si t'en avais pas rien à foutre."
Georg s'éclaircit bruyamment la gorge et se leva. "Putain, vous êtes dérangés tous les deux," dit-il, et il partit. Bill se mit à rougir et baissa le regard.
"Je trouvais ça marrant," marmonna Gustav. "Alors, nouvelle chanson?"
**
Bill fixa son reflet dans le petit miroir. Ces derniers temps, il avait été vraiment extrême avec son look, appliquant son maquillage avec soin et essayant différents bijoux. Ce n'était plus seulement pour faire de l'effet ou choquer – il aimait être beau. Il voulait pousser la chose encore plus loin.
"Encore en train de t'admirer?" demanda Tom en s'affalant à côté de Bill sur le canapé.
"Va te faire," dit Bill en fermant le miroir de poche.
"Ça va encore empirer," dit Georg depuis les couchettes. "Il retourne chez le styliste aujourd'hui."
"J'ai besoin d'une teinture," dit Bill pour sa défense. "Et je pensais à peut-être changer quelques trucs."
Tom fronça un peu les sourcils. "Pourquoi?" Il toucha les cheveux de Bill. "T'es superbe."
Bill sourit. "T'es obligé de dire ça, t'es mon frère."
"Je ne devrais pas dire ça parce que je suis ton frère," dit Tom à voix basse. Ils échangèrent un regard. Bill avait envie de grimper sur Tom et de se frotter contre lui.
'Bordel, d'où m'est venue cette pensée?' Il baissa le regard. "Tu veux faire quelque chose plus tard, avec Andreas et moi?"
"Andreas vient? Pourquoi?" demanda sèchement Tom.
"C'est notre meilleur ami," dit Bill lentement. "Il voulait nous voir. Je l'ai invité."
Tom hocha légèrement la tête. "Je crois pas que ce soit une bonne idée... toi, moi, lui."
"Pourquoi? On l'a toujours fait," répondit Bill. Bien sûr il savait exactement pourquoi.
Tom hocha simplement les épaules. "J'ai des trucs à faire. Je vais aller voir des nouvelles grattes aujourd'hui."
"Des grattes?" le taquina Bill.
"Peu importe." Les joues de Tom rosirent. Bill ne put s'empêcher de se sentir un peu triomphant. Il adorait mettre son frère mal à l'aise. "Alors voilà pourquoi je peux pas venir."
"Ok," dit Bill. Il donna un petit coup à Tom à la taille et le pinça. Tom grimaça et emmêla les cheveux de Bill. "Tomi, non."
"Ne m'appelle pas comme ça."
Leurs yeux se rencontrèrent et Bill glissa son petit doigt sous le T-shirt de Tom et frotta la peau nue de sa taille fine. Tom haleta et s'écarta un peu, secouant légèrement la tête.
"Quoi?" dit doucement Bill.
"Arrête."
Bill était sur le point de protester quand il entendit Gustav dire, "Hey Andreas!"
Tom se leva immédiatement et croisa les bras. Bill appela, "Par là, Andi!"
"Ugh," grogna Tom doucement.
Bill leva les yeux au ciel. Andreas arriva dans la pièce du fond et laissa tomber une sacoche sur un des sièges.
"Hey les mecs," dit Andreas tout sourire. Tom s'éloigna de Bill autant qu'il le pouvait sans quitter la pièce. "Quoi de neuf?"
"Rien," dit Tom. "Mais je dois y aller. Alors." Il fit un signe de tête à Andreas et quitta la pièce.
"Merde," marmonna Bill.
"Et bien, je savais qu'il ne serais pas franchement ravi de me voir," dit Andreas. "Comment ça se passe?"
Bill regarda derrière Andreas. "Ferme la porte." Andreas obtempéra et s'assit à côté de Bill. "Ça va mieux, tu sais, entre Tom et moi."
"C'est bien."
"Mais il se pourrait que je devienne dingue," dit Bill. "J'ai... envie de lui." Andreas rougit un peu. "Désolé, désolé, c'est juste que j'ai jamais eu l'occasion de vraiment dire ces choses tout haut."
"C'est bon."
"Tu dis toujours ça. Quoi qu'il en soit, on s'entend bien. Pas de choses bizarres." Bill rit un peu. "Presque."
Andreas sembla hésiter. "Ok. Je vais te demander ce que tu veux dire."
"Je sais pas ce que je veux dire," Bill fit une grimace. "On n'est... plus."
Andreas hocha la tête.
"Mais on n'est pas... enfin, on...se cherche en quelque sorte, je sais pas. Jusqu'à quel point t'es ok avec ça? Les oreilles de Bill virèrent au rouge.
"Je te le ferai savoir, ne t'inquiète pas."
Bill soupira. "Je voudrais juste que ça soit complètement terminé. Je suis fatigué de deviner et de me demander comment je dois agir avec lui. C'est chiant."
"Peut-être que c'est toi qui dois arrêter, alors," suggéra Andreas. "Arrêter de, hum... tu sais."
Bill savait. "Je sais pas si j'en suis capable."
"Bon, on va essayer de te changer les idées pendant un moment, ok?"
Bill hocha la tête. "Tu veux vraiment venir avec moi au salon? C'est un peu ennuyeux. Et... efféminé."
Andreas rit. "Je survivrai."
**
"Je devrais?" demanda Bill en lançant un coup d'oeil à Andreas. Il était assis dans le fauteuil du styliste, et Andreas feuilletait un magazine derrière lui.
"Pardon, quoi?"
Bill fit une grimace. "Mèches blondes ou pas?" Les cheveux de Bill étaient à présent remarquablement plus longs. Les petits pics du dessus avaient pour la plupart disparu et ses cheveux étaient dégradés, effilés. La styliste y travaillait encore mais Bill aimait beaucoup.
"Moi je dis : vas-y," dit Andreas.
"Qu'est-ce que tu en penses jusque là?"
Andreas sourit. "C'est très toi."
"Qu'est-ce que ça veut dire?" Bill fixa de nouveau le miroir. "C'est bien, hein?"
"Il manque des mèches blondes," dit Andreas en hochant la tête.
Bill sourit et s'adossa à la chaise. "Ok, d'accord," dit-il à la styliste. "Mais pas de trop."
Deux heures plus tard, Bill était encore une fois transformé. Andreas le regardait la bouche ouverte.
"C'est bien?" demanda nerveusement Bill.
"Tu ressemble un peu à un lion," bafouilla Andreas.
La styliste lui avait ébouriffé les cheveux en une grosse touffe. "Je peux les lisser," dit Bill. "J'aime bien comme ça aussi."
"C'est chouette," dit Andreas.
Bill grimaça. "C'est vraiment si terrible?"
Andreas s'approcha. "J'essaye de ne pas te mater, ok?" Il rougissait un peu.
Bill sembla confus, puis son visage se fendit d'un énorme sourire. Il donna une tape sur le bras d'Andreas. "La ferme."
Ils rirent tous les deux.
Bill leva les mains et secoua ses doigts. Andreas leva les sourcils. "Plus seulement du vernis noir, hein?"
"Je sais pas," dit Bill en haussant les épaules. Ses ongles étaient toujours noirs, mais une French manucure blanche était soigneusement appliquée à chaque doigt. Il regarda de nouveau dans le miroir et cligna des yeux. Il avait l'air beaucoup plus vieux, et unique. "Wow."
"Wow c'est le mot," approuva Andreas.
"Comment est ce que je vais..." Bill pencha la tête. Ses cheveux défiaient la gravité. Il secoua la tête et ils restèrent en place. "Putain."
"Tu y arriveras, chéri," dit la styliste en fixant le reflet de Bill.
Bill s'observa. "Il va falloir s'habituer."
**
Bill ouvrit la porte du tourbus, riant alors qu'Andreas le poussait en haut des marches. "Je peux pas croire que je porte ça," dit Bill. Andreas lui donna un petit coup dans le dos et le suivit dans le bus.
"Moi aussi je le porte," dit Andreas. Ils posèrent leurs sacs sur la petite table de cuisine et inspectèrent le collier de l'autre. Ils étaient allés faire les magasins et Bill avait plaisanté en parlant d'acheter des colliers de l'amitié.
"Tu imagines ce que les gens diraient?" demanda Bill toujours en riant.
"C'est trop nul," dit Andreas.
"Ils sont... genre cool?"
Gustav arriva de l'arrière du bus. "Non, ils ne le sont pas," dit-il. Il attrapa une pomme et était sur le point de s'en retourner quand il regarda vraiment Bill. Il marqua visiblement un temps d'arrêt et Andreas et Bill éclatèrent de rire.
"Tu aimes?" demanda Bill. Gustav se mit une main sur la tête.
"Tu m'as presque fait faire une crise cardiaque, J'ai cru qu'une fan était entrée dans le bus," dit Gustav. Bill lui fit un doigt d'honneur. "C'est... sauvage," ajouta Gustav.
"C'est toi qui est sauvage," répondit Bill en tirant la langue à Gustav. "Hors de contrôle."
"Ouais, fais gaffe à moi," dit Gustav en levant les yeux au ciel. Il mordit dans sa pomme et s'assit. "Qu'est-ce que vous avez fait d'autre les enfants?"
Bill montra ses ongles et Gustav ricana. "Quoi?" geignit Bill.
Gustav secoua la tête. "C'est rien. Je te trouve très bien."
"Moi aussi," ajouta aussitôt Andreas.
Bill tira sur son ras-du-cou blanc et jeta un coup d'oeil à la fenêtre. Ils pouvaient voir les grands pics de ses cheveux se refléter dedans. "Où est tout le monde?" demanda-t-il à Gustav.
"Tom et Georg sont à la boutique, je crois. Nouvel équipement, je sais pas. Ils ont dit qu'ils seraient de retour plus tard. C'était il y a des heures. Personne ne me dit jamais rien," dit Gustav.
"Je te dis des trucs," dit Bill.
"C'est faux," rétorqua Gustav. Il tordit la queue de sa pomme pour la retirer. "Je pense que tu vas, bordel, à la salle de bain ou j'sais pas, et puis trois heures plus tard tu reviens et tu ressemble complètement à quelqu'un d'autre."
Bill fronça un peu les sourcils et s'assit à côté de Gustav. "Est-ce que tu te sens délaissé?" demanda Bill.
Gustav émit un petit grognement. "Je vais bien."
"Tu peux rester avec Andreas et moi," dit Bill.
"Et faire quoi?"
"Je pourrais t'épiler les sourcils," dit Bill, totalement sérieux.
Les yeux de Gustav s'écarquillèrent et il se leva. "Hum, non. En fait, j'ai des trucs à faire."
"Tu commences à avoir un mono-sourcil," gronda Bill. "Ça prendra deux minutes."
Les épaules d'Andreas étaient secouées de soubresauts. "Dur."
Gustav recula. "J'entends... quelqu'un."
Il sortit rapidement du bus. Bill haussa les sourcils alors qu'Andreas commençait à rire.
"Toi aussi t'as un mono-sourcil," dit Bill à Andreas.
Andreas leva une main à son front et arrêta de rire. "Non, c'est pas vrai."
"Aller," dit Bill en souriant. Il commença à tâter le front d'Andreas. "J'irai doucement..."
Il grimpa sur les genoux d'Andreas et ils riaient tous les deux si fort qu'ils n'entendirent pas Tom entrer. Andreas fut le premier à s'arrêter de rire. Il fit descendre Bill et se redressa. "Euh."
Bill regarda par-dessus son épaule et vit son frère. Il sourit. "Hey!"
"Putain, qu'est-ce qui t'est arrivé?" dit Tom sans ménagement.
"Quoi?" Bill se tourna et se leva. Avec ses cheveux ébouriffés, il se sentait plus grand qu'il ne l'avait jamais été avant, et il dominait Tom. "J'ai fait quelques changements."
Tom était bouche bée. "Tu... C'est quoi ce bordel?"
Bill fronça les sourcils. "Qu'est-ce qui ne va pas?"
"Rien," dit Tom. "Je commençais juste à m'habituer à l'ancien look et là..." Les joues de Tom étaient un peu rouges et Bill pensa qu'il était fâché. Et c'était la dernière chose qu'il voulait, ils s'entendaient si bien dernièrement.
"Ce n'est pas si différent," dit Bill doucement. "Juste une coiffure différente." Il cacha ses mains derrière son dos, décidant que les ongles pourraient vraiment énerver Tom. "Tu fais une sale tête. Tu détestes."
Tom secoua la tête. "Je m'en fiche." Il bougea un peu et regarda par la fenêtre. "Il faut que je... parle à Gustav." Tom descendit du bus.
Bill fixa le sol. "J'ai l'air stupide?" Andreas rit et Bill leva les yeux, choqué. "Ce n'est pas drôle."
"T'es con ou quoi?" demanda Andreas.
Bill était perdu. "Qu'est-ce que tu veux dire?"
"Tu crois que Tom pensais que tu avais l'air stupide?"
"Et bien, il a dit..."
"Bill, tu es un crétin," dit Andreas en riant toujours un peu.
"Il a dit..." Bill marcha jusqu'à l'évier et ouvrit l'eau. Il mit une main sous le jet et commença à frotter son visage et ses cheveux. "Merde, merde, merde."
"Bill!"
"Non, ça doit redevenir comme avant," dit Bill en essayant désespérément d'aplatir ses cheveux et d'enlever son maquillage de son visage en même temps. "Je ne peux pas supporter qu'il soit fâché contre moi, on commençait juste à bien s'entendre de nouveau."
"Vraiment? Tu appelles ça 'bien s'entendre'?" dit Andreas en fronçant les sourcils.
"Ouais. On traînait ensemble et... putain." Bill regarda ses mains. Elles étaient couvertes de noir. "On est de nouveau meilleurs amis. Comme au bon vieux temps."
"Tu ne peux pas être heureux avec ça," dit doucement Andreas.
Bill leva les yeux et les cligna quelques fois. L'eyeliner avait coulé dans ses yeux et ça piquait. "Je ne suis pas malheureux avec ça..."
"C'est nul."
Bill hocha la tête. "Et maintenant il pense que je ressemble à une merde. Putain, c'est la dernière chose dont j'avais besoin."
"Il ne pense pas que tu ressembles à une merde," dit Andreas.
"Comment tu le sais?"
"Il a tourné rouge tomate rien qu'en te regardant," dit Andreas. "Tu devrais le savoir quand les gens te matent."
Bill se mordit la lèvre. "Il me matait?"
"Ouais, c'était vraiment évident. J'ai pensé que je devais peut-être quitter la pièce avant de voir autre chose que je n'avais pas envie de voir."
Bill ne put empêcher un sourire de se former sur son visage. "Tu es sûr de ça?"
"On aurait dit qu'il allait prendre feu."
Maintenant Bill souriait largement. "Andreas, tu es un si bon ami."
Andreas soupira. "Je sais, je sais. Maintenant, tu étais sérieux pour mon mono-sourcil?"
"Ouais."
"Vraiment?"
Bill rit. "Non, idiot. Et tu dis que je suis naïf."
Voili voilou!
Avouez que le début du chapitre est tordant!
Et heureusement qu'Andreas est là, parce que le pauvre Bill serait à la ramasse sinon...
( suite de Rêve Américain sur mon blog * )
Réponse aux questions :
LaDonJuanne >> Non, désolée, je ne préviens pas des suites. Comme je le dis dans l'article de présentation, j'ai pas mal de chose à faire et pas énormément de temps.
Tous les amis sont acceptés, il faut juste venir voir de temps en temps.
Pour ta deuxième question, j'ai effectivement un blog ou je poste mes OS et mes fics. Je mets généralement un lien en bas des chapitres ici quand y'a du neuf : oui oui, le truc entre parenthèse qu'il faut surligner pour pouvoir lire ^^
Je te remets le lien ici, et aussi pour ceux que ça peut intéresser : mon blog




