Catharsis - chapitre 2

Catharsis - chapitre 2
Chapitre 2 !!!
Celui là, je crois bien que c'est mon préféré de Catharsis.
C'est une vraie petite perle!

Allez, je vous laisse apprécier


***



La tête de Bill tournait dans tous les sens alors que des filles hurlaient son nom de tous côtés. Il avait l'impression que les flashs des appareils photos allaient lui provoquer une attaque. Il ne savait pas dans quelle direction regarder.

"Aller, Bill." Bill se retourna et vit Tom marcher derrière lui, et soudain, il sut exactement où regarder. Il se fendit d'un sourire éblouissant et rejoignit Tom d'un pas sautillant.

"Regarde les toutes," commenta Georg, s'approchant des jumeaux. Les trois observèrent la foule. Le groupe venait juste de jouer un gros concert et retournait dans le tourbus. Bill avait cru naïvement que la marche serait tranquille.

Bill n'avait jamais rien vu de pareil, et il ne s'y était certainement jamais préparé. Il n'avait jamais douté que le groupe serait célèbre un jour, mais avoir des fans ne lui avait jamais traversé l'esprit. C'était une chose à laquelle il n'avait jamais pensé. Il était sidéré par le nombre de personnes qui s'intéressaient à eux.

Leur manager, David Jost, retrouva les garçons à l'extérieur du bus, leur mettant dans les mains un sac en plastique. "Des marqueurs," dit-il. "Vous devez signer des autographes pendant au moins vingt minutes."

Les garçons s'emparèrent chacun d'un marqueur et Tom fit une grimace. "Mais je suis crevé, moi."

"Oh, aller, Tom," dit Bill tout excité. "On va bien s'éclater."

Bill se dirigea à grandes enjambées vers la foule de filles juste derrière la barrière. Saki, leur garde du corps, le suivait de près. Bill décapuchonna son marqueur et salua ses fans. "Salut!" lança-t-il. "Merci d'être venus. Le concert vous a plu? C'est génial. Bien sûr je vais signer ça. Merci!"

Bill abordait la foule comme un pro. Les autres suivaient derrière, pas aussi enthousiastes mais s'acquittant de leur tâche. Bill remarqua que Tom semblait être le seul à ne pas s'amuser.

Mais seulement jusqu'à ce qu'une jolie blonde lui fasse signer son ventre. Ensuite il sembla se ranimer un peu.

Bill fronça des sourcils et s'approcha de Tom. "Tu vois, c'est amusant," dit-il, et Tom haussa les épaules en souriant.

"Peut-être."

Bill leva les yeux au ciel quand une autre fille, qui avait du voir la fille au ventre, tira sur son col et dévoila un bout de poitrine.

"Tu me les signes?" demanda-t-elle à Tom en gloussant.

"Lequel?" dit Tom doucement, posant son marqueur sur la poitrine de la fille en lui souriant.

La fille lui répondit en gloussant à nouveau et Tom griffonna de façon experte un autographe improvisé sur sa peau. Bill soupira et se détourna d'eux, reportant son attention sur un groupe de filles plus jeunes. Elles étaient avec leurs mères. Il sourit et leur signa quelques CD, regardant son frère par dessus son épaule de temps à autres. Tom semblait s'occuper des demoiselles, il s'épanouissait devant elles.

"Tiens mon téléphone! Appelle moi!" piaillaient quelques filles en jetant des bouts de papier à Tom. Tom en attrapa quelques uns et les fourra dans sa poche en hochant la tête. Cela fit crier les filles encore plus fort.

"Vraiment amusant," marmonna Bill. Il mit des lunettes de soleil sur ses yeux et regarda leur manager. Il fit semblant de bailler, s'assurant que Jost le voyait, et continua à signer des T-shirts et des CD.

Après dix autres longues minutes, ils purent enfin quitter la foule et retourner dans le tourbus. Bill était parti plein d'énergie et d'excitation, mais avait terminé grincheux et fatigué.

"C'était énorme," disait Georg avec transport. "Je n'ai jamais vu autant de filles qui hurlaient de ma vie."

"Ou de nichons," dit Tom.

"Comment ça se fait que toutes les filles voulaient que tu leur signes les seins?" demanda Gustav. "Moi je n'ai signé que des bras de petites filles."

"Que veux-tu que je te dise, les filles m'adorent," dit Tom en s'installant sur la banquette. Bill croisa les bras. Il s'assit sur le coussin à côté de Tom et plia ses jambes sous lui, se penchant en arrière. Il observa Tom qui commençait à faire craquer les articulations de ses doigts et à plier ses phalanges.

"Tu as encore mal?" demanda Bill en faisant un signe de tête vers les doigts de Tom.

"Ouais, c'était intense ce soir." Leurs regards se rencontrèrent et Bill sourit, tendant la main pour attraper une des mains de Tom. Tom se dégagea, croisant les bras et mettant ses doigts sous le pli de ses coudes.

"Laisse moi faire, tu sais que ça ira mieux si tu me laisses faire," l'incita Bill en lui donnant un petit coup sur le côté. Depuis qu'ils avaient enregistré leur premier album, un nouveau rituel s'était développé entre eux. Bill savait que Tom aimait quand il lui massait ses mains meurtries, vu que ces derniers temps il jouait plus de guitare que d'habitude. Bill adorait faire ça pour Tom. C'était quelque chose de très intime.

"C'est pas grave," dit Tom en haussant les épaules. Il lança un regard à Bill et étira ses jambes devant lui. Bill comprit enfin, Tom ne voulait pas que Bill soit après lui et le touche devant Georg et Gustav.

"Tant pis pour toi," murmura Bill. "Je ne te ferais pas non plus tu-sais-quoi plus tard."

Tom mis un coup de pied à Bill, et Bill rit.

Gustav s'éclaircit la gorge. "Tu as récupéré combien de numéros, Tom?"

Le visage de Tom s'éclaircit et il plongea la main dans les poches de son large pantalon. Il en retira une poignée et les regarda. "Huit... et il y en a plus dans ma poche."

"Comme si tu allais les appeler," rit Bill.

"Je pourrais," dit Tom calmement. Il les reposa et marcha vers la salle de bain.

Bill grogna et fit une grimace à la silhouette de Tom qui s'éloignait.

"Quel est ton problème? demanda Georg. "Encore jaloux des fans qui adorent Tom?" Gustav rit et Bill leur fit un doigt d'honneur. Georg et Gustav ne le laisseraient jamais oublier l'épisode Rebekkah, même des mois et des mois après que ça se soit passé.

"Non," dit Bill. "Je suis le leader et le chanteur, c'est moi qui devrait avoir tous les numéros, pas vrai?"

"Au moins les filles de ton âge t'aime. Moi j'ai récupéré que celles de dix ans et moins," dit Gustav.

"Et oui, tu ressembles tellement à un petit nounours en peluche," dit Georg. Gustav lui donna une chiquenaude sur le haut du crâne.

"Va te faire foutre."

Bill fronça des sourcils en direction de ses amis et essaya de stopper leur papotage. Tom n'allait pas vraiment appeler ces fille, non? Ça serait stupide, bien sûr. Qui sait sur quel genre de tarées il pouvait tomber?

'Ouais, je suis juste inquiet,' pensa Bill.

Il joignit les mains et regarda ses doigts. 'Stupide Tom.'



***



Au grand malheur de Bill, le problème des fans ne fit qu'empirer. Des filles se jetaient carrément sur eux et si le reste du groupe semblait se délecter de cette attention, Bill détestait ça. Il s'en fichait que des filles s'exhibent devant lui ou éclatent en sanglots en le voyant. Ce qui l'embêtait, c'était la réaction de Tom envers ces filles.

Bien sûr, Bill ne possédait pas Tom, et il ne s'attendait pas non plus à ce qu'il arrête de mater les filles. Mais lui et Tom avait un accord tacite. Bill laissait Tom le pénétrer. Alors pas de groupie.

Peut-être que leur accord tacite n'était pas du tout un accord. Peut-être que Tom ne comprenait pas. Peut-être que Bill faisait de ce qu'il y avait entre lui et Tom quelque chose de beaucoup plus important que ça ne l'était en réalité. Bill aurait dû se réjouir de leur succès, et c'était le cas. Mais il y avait toujours quelque chose pour venir lui gâcher les bons moments, pour lui rappeler que son frère était un jeune homme au sang chaud qui se trouvait avoir le monde à ses pieds.

Un soir, après un concert, ils étaient en route pour leur prochaine destination, Tom et Bill traînaient à l'arrière du bus alors que Georg et Gustav étaient endormis dans leurs couchettes. C'était la première fois que les jumeaux étaient vraiment seuls en dehors de la couchette de Tom

"J'ai récupéré quelque chose sur la scène pour toi," dit Tom, cherchant dans la poche de son pantalon. La moitié de son bras disparut dans son jean et Bill rit.

"Bordel, pourquoi est ce que tu portes des pantalon aussi large?" demanda-t-il en rigolant.

Tom haussa les épaules et sourit, tirant de sa poche un petit chat en peluche. "Tu vois, il ressemble à Kasimir. Tu dis toujours qu'il te manque."

Bill eut un large sourire et le prit des mains de Tom, le serrant sur son torse. "Oh, merde, t'as raison. Kas. Je me demande ce qu'il fait en ce moment même."

"Il dort sur ton lit, probablement en se demandant où tu es passé," répondit Tom.

"C'est pas comme si j'y dormais quand je vivais à la maison," dit Bill avec un sous-entendu. Il caressa les oreilles du chat. "Je me demande pourquoi on a jamais... dans mon lit?"

Tom haussa des épaules à nouveau, lançant un regard nerveux vers les couchettes. "Ça ne semblait pas naturel."

"Ouais. En plus, j'aimais venir vers toi. Encore maintenant," dit Bill doucement. Il sourit à la peluche et l'installa sur ses genoux. Les articulations de Tom le faisaient encore grimacer. Sans un mot, Bill prit une des mains de Tom dans les siennes et commença à masser les jointures.

"Merci," dit Tom, la voix pleine de reconnaissance.

"J'aime bien faire ça," lui dit Bill. Et c'était vrai. Il frottait en faisant des petits cercles autour des articulations des doigts et de la paume de Tom, sentant la tension qui y résidait. Tom soupira et laissa reposer sa tête contre le dossier du siège. Bill sentait le bout des doigts de Tom et à quel point ils étaient rugueux, et il eut une idée. Il amena la main de Tom à sa bouche et appuya ses lèvres contre le bout des doigts de son frère, puis en aspira un dans sa bouche pour le sucer.

"Euh," dit Tom, surpris. "Bill..."

"Mm," fit Bill, enroulant sa langue autour du doigt calleux. Il continua de masser gentiment sa main, descendant vers son poignet.

Tom remua. "Putain que c'est bon," dit-il doucement.

"Ça à l'air de-" Bill fut coupé par la sonnerie tonitruante du portable de Tom.

"Oh, merde," murmura Tom, fouillant à nouveau dans sa poche. "Putain qui c'est?"

Bill se pencha vers Tom. "Ne réponds pas," dit-il, collant son visage dans le cou de Tom.

"Et si c'est Maman?" demanda Tom. Il sortit le téléphone et regarda le numéro sur l'écran, levant un sourcil.

"Qui c'est?" Bill laissa sortir sa langue et lécha l'oreille de Tom. Tom gémit mais repoussa Bill.

"Juste une seconde," dit-il, et il décrocha. "Allo?"

Bill regarda Tom se lever et marcher vers l'avant du bus. "Tom," geignit Bill. Tom se retourna et leva un doigt, articulant silencieusement 'une minute'.

"Alors comme ça tu as vraiment appelé, hein?" entendit-il Tom dire. "Tu serais surprise de savoir combien n'appellent pas en fait." Tom rit et Bill remua un peu dans son siège.

A qui est ce que Tom parlait? On aurait dit une fille. Ça devait être une fille. Tom n'utilisait ce timbre de voix que lorsqu'il draguait une fille ou essayait de convaincre Bill d'aller au lit. Pas qu'il en ait besoin, mais Bill aimait jouer les difficiles à avoir parfois.

Et Bill aimait jouer avec Tom, presque autant qu'il semblait que Tom aimait jouer avec lui. Bill autorisait tellement de choses à Tom au lit ; il le laissait le commander, le taquiner, le malmener un peu. Bill aimait quand Tom prenait le contrôle, la soumission était toujours foutrement agréable.

Mais le fait qu'il laisse Tom le posséder au lit ne signifiait pas qu'il le laisserait faire la même chose dans la vraie vie. Bill ne supplierait Tom pour rien en dehors de la chambre, pas plus qu'il ne supporterait ses conneries. Bill décida que la petite "conversation mystère" de Tom entrait dans la catégorie des conneries.

Pourtant, bien que Bill se sentait mal d'espionner, il se mit au bout de la banquette et sortit la tête quand même. Tom était appuyé contre la petite table de la cuisine dans l'espace repas, parlant doucement au téléphone.

"Je ne crois pas qu'on sera de retour de sitôt, non," crut entendre dire Bill. Le visage de Bill se décomposa. Est-ce qu'ils essayaient d'arranger quelque chose? "Et bien, merci d'avoir appelé. Pas de problème. Est ce que c'est déjà parti au lavage?... Vraiment. Wow. C'est... vraiment cool de le savoir."

Bill fit une grimace et se détourna de la conversation. Il entendit Tom rire encore, puis le silence, puis des pas qui revenaient vers le coin banquette.

"Désolé pour ça," dit Tom, fermant la porte et se glissant dans le siège. "Vraiment."

"Ne le sois pas," dit Bill avec désinvolture. Il feuilletait un magazine. Tom prit le chat en peluche et l'installa sur l'épaule de Bill. "Ugh, Tom."

"Quoi?" Tom glissa une main le long de l'épaule de Bill et lui serra le coude. Bill se dégagea d'un petit coup d'épaule et le chat tomba sur le siège. Bill se renfrogna. "Bill..."

"Ungh." Bill courba ses épaules.

"Bill, tu sais pas cacher ton jeu," dit Tom en riant doucement.

"Toi non plus," dit Bill.

"Fais pas ton chieur." Tom essaya de mettre son bras autour de Bill à nouveau et Bill le repoussa. "Sérieusement, Bill, c'est quoi ton problème?"

"Pourquoi est-ce que tout le monde n'arrête pas de me dire ça?" Bill s'éloigna de Tom et poussa le chat en peluche de la banquette.

"Peut-être parce que tu t'excites sur rien," dit Tom. "Je parlais avec une fille, ok? C'est ce que tu veux que je te dise?"

"Tu vas la rencontrer?" Bill ne regarda pas Tom et tressaillit quand il mit une main dans son cou. "Ne me touche pas."

Tom ne retira pas sa main, il caressa le cou de Bill. "Non, je ne vais pas la rencontrer. Je la trouvais juste cool. Elle joue de la guitare."

"Super," dit Bill, faisant de son mieux pour ne pas frissonner au contact de Tom. "Vous allez être meilleurs amis, alors?"

"Pourquoi est-ce que tu as l'impression que je vais aller baiser à droite et à gauche?" demanda Tom. Il s'écarta de Bill.

"Parce que..." Bill aurait voulu que Tom ne se soit pas écarté de lui. "Parce que comment ferais-tu pour ne pas le faire? Toutes ces filles qui se jettent sur toi... C'est si facile."

"Ça serait facile pour toi aussi," fit remarquer Tom.

Bill lança un regard à Tom. "Sérieusement."

"Ne fais pas ton connard," dit Tom, la voix basse. "Ne complique pas les choses. C'est rien, Bill."

"Je ne te crois pas."

"Bill." Tom s'approcha plus près de son frère. "Si je devais baiser ailleurs, je le ferais."

"Ça n'a aucun sens," dit Bill sèchement.

"Non, non. Tu me connais mieux que personne, pas vrai? Quand est-ce que je n'ai pas fait quelque chose dont j'avais envie?"

Bill fixa Tom et était sur le point de répondre, mais Tom continua à parler.

"En plus, même si je le faisais, je vois pas en quoi ça te regarde. On n'est pas ensemble, Bill."

"Je sais!" cracha Bill, virant au rouge. Les mots avaient fait mal, mais il était en colère et sur la défensive. "Putain, Tom. Tu es tellement prétentieux, bordel. Tu crois toujours que tout le monde veut de ta merde."

"Euh," dit Tom, se reculant et les sourcils. "Ok. Je crois que c'est l'heure d'aller se coucher."

"Va-t-en, vas-y," dit Bill en croisant les bras.

"Je ne veux pas me disputer avec toi pour quelque chose d'aussi bête. Tu es mon frère, Bill, pas ma petite amie."

Le visage de Bill devint brûlant. "Tu couches avec moi, Tom. Alors ne me sers pas ces conneries."

Tom lança un coup d'oeil vers la porte puis s'avança vers Bill. "Tu voudrais pas parler un peu plus fort, peut-être? Pour que tout le groupe soit au courant?"

Bill se leva et appuya durement une main sur l'épaule de Tom. "Je m'en fiche qu'ils sachent."

"Oui, bien sûr," cracha Tom.

"Tu est devenu tellement parano que tu ne t'assoies plus à côté de moi la moitié du temps." Bill poussa Tom avec force et essaya de passer à côté de lui, mais Tom agrippa son poignet, stoppant son mouvement.

"Je suis parano? Tu crois que juste parce que j'ai parlé à une fille, je vais la sauter. Tu me crois aussi superficiel?"

"Tu veux vraiment savoir?" demanda Bill. Tom serra le poignet de Bill. "Tu es aussi profond qu'une putain de flaque, parfois. Tu sais ce que je ressens."

"Je ressens des choses, aussi," dit Tom. Sa voix était plus douce et il attira Bill vers lui.

"Ouais, dans la bite," marmonna Bill.

Tom soupira. "Je suis un ado stupide, bien sûr que j'ai envie de courir les filles, mais là tout de suite, ce n'est pas le cas, Bill." Il entoura le visage de Bill de ses mains. "Tout de suite, je veux juste me détendre, être avec toi."

"Que avec moi?" La voix de Bill était très faible.

Tom ne répondit pas, il pencha simplement la tête et embrassa Bill dans le cou. Bill frissonna de plaisir, gémissant quand Tom retira sa bouche. "On peut se calmer?"

Bill fixa Tom. Ce n'était pas exactement ce qu'il voulait, mais c'était déjà ça. Tom se pencha et récupéra le chat en peluche, puis il le mit sur la tête de Bill. "Tomi," dit Bill, souriant malgré lui.

"Ne m'appelle pas comme ça," dit Tom. Il tira le col de Bill sur le côté, exposant un bout de peau sur son épaule, et il l'embrassa. Bill soupira et regarda le plafond. Tom continua d'embrasser sa clavicule et s'arrêta à son cou. Bill haleta en sentant Tom sucer la peau à cet endroit.

"Tom, non," protesta Bill faiblement. Il n'en pensait pas un mot, mais il savait qu'afficher un suçon dans le cou était une mauvaise idée. Pourtant l'idée que Tom le marquait temporairement le grisait. "Tom..."

Tom rejeta un coup d'oeil à la porte puis poussa Bill sur le siège et s'allongea sur son corps. Bill sentit le chat en peluche glisser de sa tête sur le siège, puis il sentit les hanches de Tom s'écraser contre les siennes. Bill prit un vif souffle d'air et se mordit la lèvre. Ils ne pouvaient pas s'ébattre dans le salon du tourbus. N'importe qui pouvait entrer.

Mais ensuite Tom mordit l'épaule de Bill et Bill oublia tout ce à quoi il était en train de penser. Il glissa ses mains sous le T-shirt de Tom et sentit la peau chaude et moite de son frère. Le bord de la casquette de Tom cogna Bill dans le front et il grogna.

"Enlève ce putain de truc," exigea Bill.

"Non," dit Tom fermement. Il appuya son bas-ventre dans celui de Bill et le sexe de Bill s'éveilla, durcissant rapidement.

"Oh, putain," gémit Bill. Il se cambra, sa tête se relevant et cognant contre la casquette de Tom une nouvelle fois. "Aïe," siffla-t-il.

"Désolé." Tom pencha sa tête sur le côté et frotta son corps sur celui de Bill.

"Enlève la," dit Bill en gémissant alors que Tom poussait contre lui. "Je ne te laisserai pas me baiser avec ce truc. Les conditions ne sont pas optimales, ça va me cogner dedans toute la nuit."

Tom immobilisa le mouvement de ses hanches et baissa le regard vers Bill. "Je suppose," dit-il et il enleva la casquette. Bill attendit qu'il la jette sur le côté mais il ne le fit pas. Il fit courir un doigt sur le rebord et Bill leva les yeux au ciel.

"Alors comme ça on pelote sa casquette, hein?"

Tom rit et mit la casquette sur la tête de Bill.

"Ugh, ça fout le bordel dans ma coiffure," dit Bill.

"Ta coiffure est déjà en bordel."

Bill essaya de donner une pichenette à Tom dans le nez, mais Tom lui tint les mains en bas et se pencha en avant, léchant les lèvres de Bill à deux reprises. Bill essaya d'ouvrir la bouche pour Tom, mais Tom s'assit. Il tenait toujours les mains de Bill. Bill secoua la tête, essayant de se débarrasser de la casquette.

"Je dois avoir l'air ridicule," dit Bill avec une moue.

Tom sourit. "Ça te va bien."

"Oui bien sûr." Il parvint à s'en débarrasser et elle atterrit sur le sol. "Oups."

"Je te baiserais avec ma casquette un jour," dit Tom à Bill, et Bill faillit mourir. "Sur toi, je veux dire."

"Embrasse moi," dit Bill.

Tom secoua la tête et sourit, et Bill gémit de plaisir. Il voulait que Tom le fasse le supplier, qu'il refuse encore et encore, et à la fin, il voulait que Tom cède. A ce moment là, le baiser les ferait fondre tous les deux. C'était le jeu préféré de Bill. C'était encore plus satisfaisant que d'appeler Tom "Tomi" et de voir ses yeux devenir sombres, agacés mais amusés.

Tom se pencha en avant et donna un petit coup de nez sur le ventre de Bill. Il mordit le bas du T-shirt de Bill et le remonta jusqu'à dénuder son ventre. Tom lécha autour du nombril, pinçant la peau de cet endroit et y pressant son visage. Bill remuait de délice sous lui, faisant des petits bruits. Il tira le chat en peluche sur son visage et Tom le lui retira.

"Non, ce chat a traversé suffisamment d'épreuves," dit Tom en le posant sur la table. Bill gémit et cacha son visage dans ses mains, poussant ses cheveux hors de ses yeux. Il sentit Tom remonter sur son corps et s'arrêter sur son torse. Bill se figea par anticipation, attendit, puis il sentit une bouche chaude mordre un de ses tétons.

"Ugh," gémit Bill. Il empoigna les cheveux de Tom et lui massa le crâne. "Tomi, Tomi."

Bill ouvrit les yeux et vit Tom le regarder, perdu dans ses pensées. "Quoi?" dit Bill désemparé.

"Retourne toi," chuchota Tom.

Bill couina et se retourna immédiatement. Ils ne le faisaient presque jamais comme ça, et Bill adorait ça. En quelque sorte, c'était encore plus pervers que le missionnaire, même si ce n'était pas aussi pervers que quand Bill était au-dessus.

Tom descendit le pantalon et le boxer de Bill sans hésitation, les balançant sur la table.

Bill frissonna. "Verrouille la porte," dit-il, regardant Tom par-dessus son épaule.

Tom se pencha en avant et embrassa l'oreille de Bill. "Non."

"Quelqu'un pourrait entrer," geignit Bill.

Tom mordit le lobe de Bill. "C'est un peu le principe, non?"

Bill ne put que gémir et appuyer son visage dans le coussin. Il hurla presque en sentant des lèvres de Tom en bas de son dos. Que faisait-il?

Tom fit "hum" dans le fond de sa gorge et ouvrit la bouche, faisant un baiser mouillé juste au dessus de ses fesses. "Je t'embrasse" murmura Tom contre sa peau. "Juste comme tu le voulais."

"Je le voulais sur la bouche," dit Bill dans le coussin.

Tom fit courir ses mains le long des cuisses nues puis des fesses de Bill, son pouce appuyant contre l'entrée de Bill. Bill haleta et remua. Etre incapable de voir ce qui se passait était à la fois excitant et frustrant. Il poussa ses fesses contre Tom et sentit les lèvres de Tom pousser en retour, puis, Bill sentit la langue de Tom juste au-dessus de son ouverture.

"Oh!!" cria Bill. "Qu'est ce que tu fais?"

"Hum." Tom remit un rapide coup de langue au-dessus du trou de Bill et recula. "Rien."

"Tom... tu vas me lécher le cul," dit Bill, déconcerté.

"Plus maintenant, non." Bill sentit Tom rire contre son dos et Bill gémit.

"Tom! Tu allais vraiment le faire?"

"Pas question. Arrête de bouger."

Bill soupira de frustration, et les coussins commençaient à lui irriter le visage. Il était sur le point de bouger quand il sentit à nouveau la langue de Tom près de son entrée. Les yeux de Bill s'écarquillèrent. De tous les endroits où il avait imaginé la langue de Tom... ce n'était pas l'un d'entre eux.

Tom colla un baiser de chaque côté des fesses de Bill puis lécha le milieu en descendant. Bill retint son souffle. Il avait l'impression que s'il faisait le moindre mouvement, Tom arrêterait.

Et c'était bon. Et mal. Et ce qu'il y avait de meilleur.

Tom descendit vers les testicules de Bill et les lécha doucement, remontant, de plus en plus près de l'entrée de Bill. Bill se put s'empêcher de se contracter et de trembler alors que Tom se rapprochait.

Tom se recula et Bill jura. "Tom," dit-il en empoignant fort les coussins.

"Je ne te lécherai pas le cul," dit Tom.

Bill se remonta sur ses avant-bras et fixa Tom par-dessus son épaule. "Tu étais juste en train de le faire."

Tom sourit. "Non, c'est faux." Il posa ses mains sur le dos de Bill et le força à se rallonger sur les coussins.

Bill résista et se retourna, son sexe s'érigeant, dur et humide.

"Oh, il fallait que tu gâches tout," dit Tom.

Bill tira la langue. "Je veux pas bouffer le coussin. Mais je veux que tu m'encules par derrière."

Bill pensa qu'il avait vraiment entendu Tom déglutir. Bill se mordit la lèvre et rampa vers Tom qui était accroupi en face de lui. "Tu ne m'as pas pris par derrière depuis des lustres. J'ai envie que tu le fasses."

Tom hocha la tête.

"Parce que ta bite s'ajuste parfaitement à l'intérieur," murmura Bill. Il mordit le menton de Tom.

"Sur la table, qu'est ce que tu en dis?"

Bill s'agenouilla sur les coussins et rampa sur la table, mais à peine, laissant ses genoux sur le siège. Il sentait la table fraîche contre son ventre et se mordit la lèvre, se plaçant de façon à ce que son pénis ne soit pas coincé entre son ventre et la table. Il fit bouger ses fesses de haut en bas puis écarta largement les jambes, attendant Tom.

"Je ne peux pas te la mettre d'ici," dit Tom en penchant la tête sur le côté.

"Tom," dit Bill d'un air effronté. "Je ne veux pas que tu 'me la mettes'. Je veux que tu m'encules."

"Qu'est ce qu'il t'arrive?" Tom rigola, plaçant ses mains autour des hanches de Bill. "J'apprécie ton enthousiasme mais je ne peux pas entrer en toi d'ici. Bouge."

Bill couina alors que Tom le souleva et fit glisser ses fesses nues à travers la table. "Je n'arrive pas à croire que tu m'as léché le cul," dit Bill. Il se repositionna, cette fois les pieds au sol et les coudes sur la table. "Je parie que tu en as encore super envie."

"Je n'ai pas," dit Tom en enfonçant un doigt en Bill et en abaissant son visage à son oreille, "léché ton putain de cul."

"Si tu l'as fait. Ah." Tom enfonça un autre doigt en Bill. Il la jouait brutale, et Bill aimait ça. Il regarda par-dessus son épaule et essaya d'embrasser Tom, mais Tom tourna la tête et Bill récupéra une bouchée de dreads. "Beurk."

Le bus eut un soubresaut, et Bill dérapa un peu, forçant les doigts de Tom à glisser profondément en lui, plus profond qu'ils n'avaient jamais été avant. Bill avait l'impression que Tom touchait son c½ur. "Ah, putain!!"

"Désolé. Ouais? C'est bon?" Tom recula un peu ses doigts, mais Bill contracta ses muscles fessiers, les retenant.

"Ne bouge pas."

Tom bougea. Il plia ses doigts et Bill essaya de mordre la table pour s'empêcher de crier. Des larmes s'échappaient de ses yeux et son sexe pulsait, frottant à peine contre le dessous de la table.

"Putain de merde," haleta Bill. "Tu as le doigt juste dessus."

Bill entendit des bruissements mais il ne pouvait pas bouger. Les doigts de Tom caressaient inexorablement sa prostate. Et sans lubrifiant, en plus. Ça n'en était que meilleur. Mais ensuite, les doigts se retirèrent rapidement et Bill haleta une nouvelle fois. Il sentait Tom contre ses fesses, sur son dos. Bill osa regarder par-dessus son épaule.

Tom était nu et Bill trembla.

"Je me demande si je peux te faire jouir juste avec les doigts," chuchota Tom, reglissant ses doigts à l'intérieur et écrasant Bill plus durement contre la table. La table rentrait dans les cuisses de Bill, mais il n'osa rien dire. Il ne voulait pas que Tom arrête.

Tom plia de nouveau ses doigts et Bill laissa échapper un sanglot plaintif. Il ne pouvait pas être silencieux. Il commença à transpirer de partout, ses mains glissant sur la table.

"Encore," réussit-il à dire entre ses dents. Tom poussa ses cheveux de sa nuque et attacha sa bouche au tatouage de Bill. Bill sentit un déferlement de plaisir comme il n'en avait jamais eu auparavant. Son sexe se crispa et son ventre se tordit tellement qu'il crut qu'il allait s'évanouir. Les doigts de Tom continuaient de bouger à l'intérieur de lui.

"Tu vas jouir?" dit Tom dans son cou.

Bill ne pouvait pas répondre. Sa bouche était grande ouverte et il ne pouvait pas respirer. Il happait de l'air qui ne voulait pas venir. Tout ce qu'il pouvait faire était d'inspirer encore plus, augmentant la tension dans son ventre.

Puis Tom détendit ses doigts juste ce qu'il fallait. Bill laissa échapper un souffle et se cambra en arrière, se collant contre le torse de Tom. Il jouit puissamment contre la table, haletant. Chaque partie de son corps ressentit un soulagement immédiat. Les fesses de Bill se pressèrent contre le sexe durci de Tom et Tom cria, retirant ses doigts de Bill.

"Han," haleta Bill, respirant fortement, se retenant sur la table. "Putain, putain, putain."

"C'était bon?" demanda Tom. Bill se tourna et se retint à Tom.

"C'était incroyable. Tu ne m'as même pas touché. J'ai l'impression que je vais perdre l'équilibre." Il serra fort Tom dans ses bras et Tom lui rendit l'étreinte.

"C'était plaisant à voir," dit Tom. "Tu préfères mes doigts à ma bite maintenant?" Bill sourit dans l'épaule de Tom et secoua la tête.

"Jamais." Il se tourna légèrement et ses yeux s'écarquillèrent. "Oh, merde. Y'en a partout sur la table."

Tom commença à rire. "On mange sur cette table."

Bill grogna, attrapa le T-shirt de Tom et commença à essuyer la table avec. "Hey!" protesta Tom. Bill leva les yeux au ciel et se tourna vers Tom.

"C'est un peu crade," dit Bill en faisant un signe de tête vers la table salie.

Tom haussa les épaules. "Je m'en fiche."

"Alors t'es crade," rétorqua Bill. Il se pencha pour embrasser Tom, mais Tom se déplaça vers la gauche et le menton de Bill cogna son épaule. "Rhooo, Tom."

"Merde. J'ai trop envie de te baiser," dit Tom doucement. "Mais pas ici."

"La couchette?" dit Bill. Même s'il venait juste de jouir, il était prêt pour un autre tour. Tom hocha la tête et commença à remettre son pantalon, mais Bill l'arrêta. "Non, on n'a qu'à se dépêcher."

"Quelqu'un va nous voir," dit Tom en fronçant les sourcils.

Bill lui tira la langue. "C'est pas un peu le principe?"

Tom plissa les yeux. "C'est sûr."

Ils rassemblèrent leurs vêtements et Bill attrapa le chat en peluche.

"Laisse le," dit Tom. Quelque chose dans le ton de Tom lui fit instantanément lâcher le chat. Tom mit une tape sur les fesses de Bill et ouvrit la porte. Ils furent aussitôt assaillis par les ronflements de Georg.

"Personne ne nous a entendu par-dessus ça," dit Bill. "On y va."

Ils traversèrent rapidement le petit couloir jusqu'à leurs couchettes, au bout. Tom poussa Bill dans sa couchette et le couvrit immédiatement de son corps.

"Je suis si dur," chuchota Tom.

"Je suppose que je ne peux pas la sucer, alors?"

Tom émit un bruit comme s'il étouffait. "Non. J'ai juste besoin de te baiser."

Bill enroula ses jambes autour de celles de Tom. "Je me mets sur le dos?"

"Sur le côté," dit Tom. Bill ronronna.

"C'est nouveau."

Tom gémit alors que Bill se mettait dans la nouvelle position. Bill était toujours épuisé mais il était prêt, et il voulait voir Tom jouir plus que tout. Il attendit tandis que Tom se recouvrait avec la lotion. "Je voudrais faire ça pour toi," dit Bill.

"Oui, et bien," dit Tom en fermant la bouteille et la remettant sous l'oreiller. "La prochaine fois."

"Hmm," soupira Bill. Tom entoura le haut du corps de Bill de ses bras et l'attira contre lui, puis Bill sentit le sexe de Tom s'enfoncer entre ses fesses. "Tu es en train de me percer un putain de trou, Tomi."

"Ça va aller... mieux," chuchota Tom. Il descendit une main vers le trou de Bill et enfonça un doigt à l'intérieur, puis écarta les fesses de Bill pour mettre son sexe à l'intérieur. Pour l'aider, Bill leva une jambe et l'enroula en arrière autour du corps de Tom. Il était littéralement enroulé autour de Tom comme un bretzel.

"Prends moi," dit Bill en tournant la tête. Le visage de Tom était juste là, et Bill pouvait presque l'embrasser. Il suça son lobe d'oreille à la place.

"Bill..."

"Ouais."

Tom s'enfonça en Bill et Bill partit vers l'avant, les yeux écarquillés. La nouvelle position donnait des sensations différentes, c'était plus de travail. Bill se força à rester suffisamment ouvert pour que Tom reste en lui, et contracta ses muscles quand il eut pris le coup. Tom aligna son corps parfaitement avec celui de Bill et resta à plat contre lui un moment.

"Wow," murmura Bill. Il tordit son cou et regarda Tom. Tom lui renvoyait directement son regard, et pendant un instant, Bill crut réellement que Tom allait l'embrasser.

"Des fois j'oublie qu'on est jumeaux," dit Tom. "Et ça demande des trucs dans ce genre pour me le rappeler. Putain."

Bill essaya de calmer sa respiration. Sa bouche était proche de celle de Tom. "Quand tu as dit tout à l'heure qu'on était pas ensemble. Comment est-ce qu'on pourrait être encore plus ensemble? Je pige pas."

Tom bougea doucement contre Bill et enfonça son visage dans son cou. Il se retira légèrement puis rerentra, doucement. Bill sentait rarement Tom être si lent et attentionné avec lui.

"Je sais pas," répondit Tom. "Je suppose que je voulait dire... sortir ensemble."

Bill hocha la tête et se colla contre Tom. "Mais ça c'est mieux."

"Tellement mieux."

"Tu préférerais me baiser moi plutôt que je ne sais quelle fille avec des gros nichons, pas vrai?"

Tom agrippa les hanches de Bill et attira ses fesses vers le bas contre son coup de reins. Bill laissa échapper un cri étouffé, son dos se cambrant contre le torse de Tom.

"Tu es plus étroit que n'importe quelle fille que je pourrais baiser," dit Tom. Il s'enfonça brutalement puis ensuite lentement, bougeant à peine en Bill. "Hmm, et je, à vrai dire, je..."

"Quoi?" le c½ur de Bill accéléra.

"A vrai dire je tiens à toi. Je ferais n'importe quoi pour toi."

Bill fronça les sourcils, mais il n'arrivait pas vraiment à être vexé, Tom était si tendre. "Même m'embrasser?" demanda Bill.

"Si je t'embrasse, alors tu gagnes," dit Tom.

Tom s'enfonça en lui et ses hanches touchèrent les fesses de Bill. Bill se cambra contre Tom et tourna la tête, capturant les lèvres de Tom entre les siennes une seconde avant que Tom ne s'écarte.

"Parfois je gagne," marmonna Bill. "Tu as si bon goût, Tomi."

"Je t'ai dit de ne pas m'appeler comme ça."

"Je t'appellerai toujours comme ça," répondit Bill. Il inspira et ferma les yeux, frottant sa joue contre le visage de Tom. Tout était si chaud et simple. "Est-ce que j'ai bon goût?"

Tom roula ses hanches en une pénétration lente et glissa doucement sur la prostate de Bill. Bill gémit très doucement. "Oui, tu as bon goût."

"Bon comment?"

"Comme..." Tom lécha entre les omoplates de Bill et colla ses lèvres dans son dos. "Très bon."

"Pas terrible comme réponse," dit Bill, mais il ne put s'empêcher de frissonner. "Est-ce que tu vas m'enculer toute la nuit, ou quoi?"

La bouche de Tom trouva le chemin du tatouage de Bill une fois encore, et il aspira fortement, pénétrant toujours Bill lentement, paresseusement. "Toute la nuit," dit-il.

"Tu va me transformer en bouillie," soupira Bill. Le sexe de Tom réveillait des sensations chaude, étincelantes dans son ventre. Son pénis durcissait de nouveau et tout semblait lourd. "Plus fort, Tomi."

Tom mordit la nuque de Bill. "Je le fais toujours fort. Je veux que ça dure."

"Tu peux m'enculer fort pendant des lustres," souffla Bill.

Tom fut pris d'une secousse à l'intérieur de Bill. "Personne ne m'a jamais rendu aussi dingue que toi, Bill," dit Tom. "Je te baise, mais tu me baises aussi."

"Aucune chance," répondit rapidement Bill.

"Tu sais ce que je veux dire."

"Oui?"

Tom colla sa bouche sur la nuque de Bill de nouveau. Bill frissonna de tout son corps, Tom le déliait lentement, centimètre par centimètre et avec attention en plus. Les rapides ailes de papillons que Bill sentait habituellement dans le ventre ressemblaient plus à des colibris gazouillants, et il fondait contre Tom.

"Tes lèvres," dit Bill d'une petite voix. "S'il te plait."

Tom secoua la tête contre le dos de Bill, mais embrassa quand même ses omoplates. Bill remua et gigota de telle façon que le sexe de Tom atteignit encore sa prostate. Bill n'était pas intéressé par ça, cependant. Jouir ne l'intéressait pas. Il fit un geste vers l'arrière, prit une des mains de Tom et tira son bras autour de son corps. "J'ai froid," chuchota Bill.

Tom envoya un souffle chaud dans le dos de Bill et le lécha encore. De sa main libre il enroula les couvertures autour d'eux. "Et si on s'endormait juste comme ça?"

"Tu veux que je reste?"

"Ce n'est pas que j'ai envie que tu partes d'habitude," répondit Tom.

"Tu bouges à peine là-dedans."

"Je sais. Tu veux que je bouge?"

"Hmm..." Bill nicha sa tête contre l'épaule de Tom. Ils étaient aussi proches qu'ils pouvaient l'être. "Peut-être."

"Dis moi ce que tu veux," dit Tom.

Bill n'en revenait pas du comportement de son frère. Il soupira et roula contre Tom, lui donnant un coup de coude. "Je veux te faire te sentir bien. Je veux te sentir la mettre en moi."

"Entièrement en toi?"

"Oui," dit Bill en souriant dans le noir. "Et..."

"Je t'embrasserai si tu veux."

Le ventre de Bill se tordit. "Non, je ne veux plus ça."

"Aller," dit Tom.

"Non."

Tom rit. "Très bien. C'était ta seule petite opportunité."

"Je vais te faire..." Bill se sentait timide tout d'un coup. "Hum. Tu sais. En moi."

"Ah ouais?" Bill sentit d'autres baisers brûlants dans son cou. Il contracta ses muscles aussi fort qu'il le pouvait et tira un peu en avant. Tom haleta et Bill se recolla à lui.

"Fais moi jouir," dit Tom. Bill contracta ses muscles et s'écarta, expulsant le sexe de Tom presque entièrement hors de lui, puis le renfonçant à l'intérieur. "Oh putain, c'est bon," gémit Tom.

Bill se sentait si chaud, entouré des bras de Tom dans la couverture. Il ne s'était jamais sentit si proche de son frère auparavant. Il n'y avait pas moyen que Tom soit ainsi avec une fille, il n'y avait pas moyen qu'une fille puisse le faire gémir si mélodieusement.

"Est-ce que je peux te faire jouir comme ça?" demanda Bill, bougeant contre son frère plus vite et plus fort. Tom approuva en grognant et glissa ses mains vers le bas pour trouver le sexe de Bill à moitié durci. "Non," dit Bill. "Juste toi."

Tom le caressa quand même et Bill se durcit encore plus. "Ce n'est pas si bon si tu n'y es pas avec moi," dit Tom contre le dos de Bill. Il embrassa l'épaule de Bill et ils bougèrent ensemble sur le lit, générant tellement de chaleur sous la couverture qu'ils transpiraient et glissaient l'un contre l'autre.

Une caresse se changea en deux, puis deux en trois, et bientôt Bill se sentit proche de l'orgasme. Il contracta ses muscles aussi fort qu'il le put et Tom jura d'une voix forte, se cambra et jouit en lui.

Tom se retira aussitôt après avoir éjaculé et laissa traîner son sexe entre les fesses de Bill, étalant sa semence. "J'adore ça," dit Tom, et il se renfonça à l'intérieur de Bill.

Ce fut la fin de Bill, il répandit sa semence dans la main de Tom en un cri silencieux et Tom le tint serré contre lui.

"Je vais rester en toi toute la nuit," dit Tom. Il bailla contre Bill.

Bill leva les sourcils. "Tu sortiras. Tu seras mal à l'aise."

"Bill," dit Tom. "Il n'y a rien de meilleur que ça, putain."

"Vraiment?"

"Oui."

Bill se blottit contre Tom, poussant vers l'arrière et alignant de nouveau leurs corps. Il détendit tous ses muscles et soudain, tout était confortable. "Tomi."

"Hmm?"

"Je veux mon baiser maintenant."

Tom rit doucement. "Tu n'en voulais pas avant."

"Je le veux maintenant," dit Bill.

"Et bien, c'est ton jeu, tu sais." Tom tourna la tête de Bill et se pencha, comme s'il était sur le point de l'embrasser. Bill s'écarta juste avant que leurs lèvres ne se rencontrent

"Tu le veux, alors tu ne peux pas l'avoir," dit Bill.

Tom leva les yeux au ciel. "C'est un peu la merde."

"C'est pour ça que c'est bon," dit Bill.

Tom embrassa l'épaule de Bill, toujours en lui. "Bonne nuit, Bill."

"Une dernière chose."

"Bill..."

Bill fit un bruit plaintif, mais s'installa contre Tom et soupira. "D'accord, Ne va nulle part, ok?"

"Où est ce que je pourrais bien aller?" demanda Tom.

Bill haussa les épaules. "Ailleurs. Je sais pas."

"T'es dingue," lui dit Tom. "J'ai sommeil maintenant."

"Moi aussi. Bonne nuit Tomi."

"Ne m'a-"

"Oui, je sais."


***

Voilà!
Oh oui mon dieu que je l'aime ce chapitre! *_*

(Nouvel OS sur mon blog, en plus c'est un lemon ^^ )

Pix : Salv

# Posté le mercredi 20 février 2008 16:39

Modifié le samedi 22 novembre 2008 06:33

Catharsis - chapitre 3

Catharsis - chapitre 3

Et voilà le chapitre 3!
Les choses avancent et se compliquent un peu ^^
Bonne lecteure!


***



Bill prit une gorgée de Coca, tout en observant Tom du coin de l'oeil. Elles fourmillaient dans les coulisses et Bill était sur le point de faire une scène. Elles étaient toutes sur Tom et Tom ne résistait pas à leurs attentions.

'Putain de groupies,' pensa Bill, appuyant la bouteille froide à son front. Il suait comme un porc à cause du concert et la dernière chose qu'il voulait était d'avoir affaire à elles. Il détestait les groupies de Tom. Les groupies de Bill étaient beaucoup plus douces et beaucoup plus habillées. Bien sûr, parfois elles essayaient de le tripoter, mais Bill ne les tripotait jamais en retour. 'C'est un mec, il veut juste jouer.' Bill repoussa cette pensée, il se sentait trop irrationnel pour avoir le moindre bon sens pour l'instant.

"Bill!" couinèrent deux filles, et il se colla un sourire forcé au visage. Il se tourna vers elles et sourit, décochant un regard à son frère. Tom posait pour des photos avec des filles plus âgées. Il avait le bras enroulé intimement autour de leurs tailles, et les têtes des filles étaient collées de chaque côté de son visage. Bill vit la main de Tom descendre jusqu'à pincer les fesses de la blonde.

"Putain, c'est pas vrai," marmonna Bill. Une des filles plus jeunes qui lui tendait un CD fronça les sourcils et recula légèrement sa main. Bill lui refit un grand sourire et pris le CD. "Pardon, pardon. Comment tu t'appelles?"

"Rebekkah," répondit la jeune fille, les yeux pleins d'espoir.

Mauvaise réponse. Le visage de Bill s'assombrit de nouveau pendant un instant alors qu'il regardait Tom flirter un peu plus avec les filles. Il griffonna avec colère son nom sur le CD et le tendit à la fille. La fille aux yeux brillants se retourna vers ses amies et ricana bêtement.

Bill voulait croire que Tom ne voulait coucher avec aucune des groupies. Jamais. Bill ne le voulait jamais. Mais Tom n'était pas Bill. Tom n'était qu'un...

'Garçon,' pensa Bill. 'Mon Dieu, c'est vraiment un chaud lapin.'

Non pas que Bill ne l'était pas, mais il ne se baladait pas en mattant les seins des filles, la langue pendant hors de la bouche. Il contrôlait ses pensées indécentes jusqu'à ce qu'il puisse être seul avec Tom et les libérer.

Et Bill savait que ce n'était pas grave que Tom matte. Il serait un vrai tyran s'il exigeait que Tom ne regarde personne d'autre que lui. Ce qui l'inquiétait était la façon dont Tom devenait physique avec les groupies, la façon dont il flirtait et la façon dont il les regardait comme si elles étaient la suivante sur la liste d'attente pour une bonne partie de jambes en l'air. Bill connaissait très bien ce regard.

Tom ne pouvait pas s'en empêcher, décida Bill. Il ne pouvait pas s'empêcher d'avoir envie de coucher avec les jolies filles qui les entouraient avant et après presque chaque show. Elles s'exhibaient devant tout le groupe, n'attendant que ça.

'Peut-être que je devrait simplement le laisser le faire.' Bill regarda Tom chuchoter quelque chose dans l'oreille de la blonde. Elle rougit, mettant une main devant sa bouche avec l'air scandalisée. Il ressentit comme une douleur dans son ventre et sa poitrine. Il en mourrait si elle parvenait à avoir Tom.

"Non," murmura Bill tandis que la blonde approchait ses lèvres de l'oreille de Tom. Il s'écarta du groupe de jeunes filles et s'approcha de son frère. Tom posait pour une autre photo avec la blonde et Bill se glissa à côté d'elle de l'autre côté, enroulant un bras autour de sa taille. Il regarda l'appareil photo et sourit.

Il pouvait sentir le regard de Tom sur lui. Bill descendit sa main et heurta le poignet de Tom qui reposait juste sous la ceinture de la fille. Il pinça le bras de Tom et Tom s'écarta.

"Bill," dit la fille avec un grand sourire. Bill lui fit un signe de tête mais fixa Tom. Tom lui renvoya simplement son regard et secoua la tête très légèrement.

"Oui, comment tu t'appelles?" demanda Bill d'une voix forte. Il croisa les bras et se pencha vers la fille. "Tu ressembles à une..."

"Ann-Kathrin," répondit la fille avec assurance et un petit sourire satisfait.

Bill la détesta immédiatement. "Cool," dit-il. "Tu veux que je te les signe?" Il fit un signe de tête vers sa poitrine.

Elle rit fort. "Je ne crois pas qu'il y ait la place, ton frère a écrit partout."

"Ils ont l'air suffisamment gros," dit Bill. Elle sourit et descendit son T-shirt.

"Vas-y," dit-elle. Bill regarda l'écriture de son frère sur sa poitrine et eut envie de faire quelque chose d'ignoblement féminin comme lui arracher les cheveux. Bill reboucha son marqueur et la regarda droit dans les yeux.

"A bien y réfléchir, tu n'es pas mon genre," dit Bill.

Ann-Kathrin ne perdit pas de temps. "Oui, je suis une fille après tout." Bill resta bouche bée. Elle lui fit un clin d'½il et se tourna vers Tom.

Tom sourit. "T'es encore plus langue de vipère que lui," dit-il. "Impressionnant."

Bill essaya de reprendre contenance et regarda Tom. "Oui, moi aussi je suis impressionné. Qu'est ce qu'elle sait faire d'autre?"

"Bill," dit Tom.

Ann-Kathrin plaça une main sur l'épaule de Tom et la serra. "Je te montrerai," chuchota-t-elle dans l'oreille de Tom en souriant à Bill. Tom leva les sourcils. Bill regarda sa main descendre le long de son dos de façon possessive.

"Peu importe," dit Bill. "Amusez vous bien."

"Bill," dit Tom à nouveau, plus fort cette fois.

Bill lança un regard mauvais à son frère. "Va te faire foutre, Tom," dit-il.

Tom leva les mains en l'air, riant doucement. "Oh aller, tu fais ta peste, là."

Le visage de Bill devint cramoisi et il lança un regard furieux à Tom, oubliant presque qu'Ann-Kathrin était là. "T'as raison, je suis une peste." Il poussa Tom et fit face à la fille. "Ce fut un plaisir," dit-il, et il se retourna brusquement et partit.

Alors qu'il se dirigeait vers la porte, il sentit qu'il commençait à trembler. Il était furieux mais surtout, il était embarrassé. Cette Ann-Kathrin était pire que Rebekkah. Au moins Rebekkah était sympa. Cependant, Tom avait vraiment eu de l'affection pour Rebekkah et Bill ne pouvait imaginer que son frère pourrait un jour tomber amoureux d'Ann-Kathrin.

Pourtant, Bill se rendait compte que Tom changeait. Il ne pouvait pas plus prévoir ses actions qu'il ne pouvait les contrôler.

Alors que Bill se dirigeait vers le tourbus, il entendit des pas courir derrière lui. "Bill, attends."

Bill s'immobilisa et contracta ses épaules. "Qu'est ce que tu veux?" demanda-t-il sans se retourner pour regarder son frère.

"Qu'est ce qu'il vient de se passer, là?" Il sentit la main de Tom sur son bras et la dégagea. Tom ne semblait pas découragé par le comportement de Bill, cependant, et il força Bill à lui faire face. Il faisait très froid et Bill frissonna un peu.

"Cette... fille," dit Bill d'un ton hargneux. "En gros, elle m'a traité de gay devant tout le monde et tu as ri."

"Bill, elle ne pensait pas à mal. Tu avais commencé," dit Tom. Il caressa le bras de Bill.

"Tu étais toujours de mon côté, avant."

Tom tressaillit à ces mots et il attrapa la main de Bill dans la sienne. "Je suis allé te courir après comme un con, ça ne compte pas?"

Bill baissa le regard vers le sol. "Tu n'aurais pas dû. Tu aurais dû rester là-bas avec elle."

"Non, j'ai fait ce que je devais faire," répondit Tom. "Et tu as raison. J'aurais dû te soutenir."

"Content que tu le penses."

"Vraiment," dit Tom doucement. Il cogna gentiment Bill à l'épaule et Bill émit un son plaintif.

"Qu'est ce qui t'a pris autant de temps?" demanda Bill. "Tu as sûrement pris le soin de récupérer son numéro avant de me courir après."

Bill vit Tom grimacer à ces mots, puis sourire. "On y retourne."

"Non, c'est bon pour moi. Vas-y," dit Bill sincèrement. Il était fatigué, et ce qu'il ne savait pas ne lui ferait pas de mal. "Mais... conduis-toi bien, ok?"

"Ne fais rien que je ne ferais pas?" Tom fit une grimace.

"Ouais, comme si je faisais quoi que ce soit," dit Bill en roulant les yeux.

"Pas vrai," dit Tom doucement. "Tu fais des choses assez vilaines."

Le ventre de Bill se tordit et il jura intérieurement. Tom l'avait eu encore une fois, putain il l'avait eu. "Oui, et bien..." Il rougit, ses oreilles froides devenant chaudes.

Tom rit. "Je te retrouve dans le bus, ok?"

Bill hocha la tête et Tom lui fit un clin d'½il avant de retourner à l'intérieur en courant. Le clin d'½il à lui tout seul fit se tordre le ventre de Bill à nouveau.

"Bordel," chuchota Bill, le mot devenant un nuage visible dans l'air froid.


**


Tom essayait de se rattraper pour ce qui était arrivé après le show et Bill ne s'était jamais senti aussi aimé de son frère. Ils étaient assis dans le bus, tous les quatre, en route vers une autre ville, en train de manger des sandwichs ramollis que Jost avait acheté à une station service.

"Putain, mes doigts me font un mal de chien," dit Tom en laissant tomber son sandwich.

"Gna, gna, gna," dit Georg. "Les miens aussi."

"Je joue beaucoup plus vite que toi," rétorqua Tom. Il se tourna vers Bill et glissa la main en travers de la table vers lui.

"Quoi?" demanda Bill. Tom retourna ses mains.

"S'il te plait?"

Bill soupira, essayant d'avoir l'air exaspéré et prit les mains de son frère. A l'intérieur, il poussait des cris de victoire. Tom le laissait lui masser les mains. Tom l'avait demandé. Et devant Georg et Gustav en plus.

"Ça fait mal?" demanda Bill. Il massa gentiment les articulations de Tom.

"Non," Tom gémit. Il ferma les yeux et Bill rougit, reconnaissant le son comme quelque chose de sexuel. Tom gémissait comme ça quand Bill le suçait. "Plus bas."

Bill descendit facilement ses doigts vers le poignet de Tom et fit des petits cercles en pinçant, résistant. Il avait terriblement envie d'embrasser les articulations de Tom et de sucer un doigt dans sa bouche. Il leva le regard.

Georg et Gustav fixaient les jumeaux, l'air mal à l'aise.

"Hum," dit Bill sans ralentir son massage.

"Est-ce que c'est quelque chose que tu lui fais souvent?" demanda Georg, sa voix se bloquant dans sa gorge.

Bill se mordit la lèvre et regarda Tom. Quelque chose brilla dans le regard de Tom.

"C'est moi qui lui demande de le faire pour moi," dit Tom à Georg. "Putain, tu sais pas comme il est doué pour ça."

Bill commença lentement à sourire. "Ouais, c'est une vraie plaie. Tomi se plaint tellement."

"Tomi," ricana Gustav.

"Ne m'appelle pas comme ça," marmonna Tom. Les épaules de Bill étaient secouées de rires silencieux.

"C'est, hum, sympa," dit Georg. Il tourna son regard vers la télévision. Gustav leva un journal devant ses yeux et commença à lire.

Tom et Bill se sourirent rapidement puis rebaissèrent le regard. Bill fit travailler ses doigts sur la peau calleuse. Il pouvait sentir le stress dans les articulations, et il voulait ces doigts sur lui. Il voulait que Tom le touche.

"On baise plus tard?" articula Bill silencieusement, regardant Tom directement dans les yeux.

Tom bougea et jeta un regard aux deux autres membres du groupe. Puis il hocha lentement la tête.

Cela réchauffa le coeur de Bill.


**


C'était un samedi soir et tout le monde sauf Bill et Gustav était sorti faire la fête. Tom avait déclaré que c'était une soirée entre garçons et Bill s'était excusé en disant qu'il n'était pas un garçon mais un homme et que Gustav et lui allaient plutôt disputer une exaltante partie de Monopoly.

Et c'est ce qu'il faisait à onze heures du soir cette nuit là. Il était assis dans la chambre d'hôtel de Gustav et Georg, ses orteils frôlant le plateau Monopoly.

"Allez en prison, ne passez pas par la case départ, ne touchez pas 200 euro!" annonça Gustav triomphalement. "T'es vraiment nul à ce jeu."

Bill secoua le peu de billets de Monopoly qu'il avait et les laissa voleter en désordre vers le sol. "Eh."

Gustav rit et secoua la tête. "T'es foutu, pas vrai?"

"Ouais, plus rien à sauver," dit Bill. Il s'allongea sur le dos et lança ses pieds vers le haut, balançant ses jambes dans l'air. "En fait j'aurais aimé qu'on sorte ce soir. Je m'ennuie."

"Pas moi," dit Gustav. "Je suis crevé."

"Ce que tu veux dire c'est que t'es pas marrant," taquina Bill. Gustav lui balança un coussin et Bill cria. "Ok, ok. T'es le mec le plus marrant que je connaisse."

"Dit le gars dégoûté d'être nul au Monopoly," répondit Gustav.

Bill fit une grimace. Il était sur le point de répondre quelque chose de bien envoyé quand la porte de la chambre d'hôtel s'ouvrit brusquement et Georg entra. Les oreilles de Bill se redressèrent. "Tom?"

"Non," bafouilla Georg. Il avait le regard vitreux et ses mouvements étaient désordonnés. Bill se rendit compte qu'il était déchiré.

"Tu t'es bien amusé?" demanda Bill en s'asseyant et en ramenant ses genoux à son torse.

Georg hocha la tête et s'appuya contre l'armoire. "Plein de... filles, ouais, sympa. Et sympa."

Gustav éclata de rire. "Mais pas trop sympa, je pense," dit Gustav. "Tu es de retour trop tôt."

"Gros ivrogne, Georg," dit Bill d'une voix chantante. Georg grogna et leur fit un doigt d'honneur. Il traversa la pièce et s'écroula sur son propre lit.

"Je fais pas le poids face aux talents de séducteur de Tom," grommela Georg.

Bill essaya de ne pas trop réfléchir à ce qu'avait dit Georg. Il faisait confiance à Tom. Il lui faisait confiance.

"Où est Tom?" demanda Bill en faisant tomber un petit hôtel de plastique sur le sol.

"Avec les techniciens," dit Georg. "Soirée entre mecs, tu sais. Ils le forcent à avaler des shooters de tequilas."

Bill essaya de sourire. Si Tom était avec les techniciens, alors Jost devait être là. Et Saki. Saki ne laisserait pas Tom faire trop de conneries. Il soupira de soulagement. Il était plus inquiet que Tom s'écroule ivre mort dans une allée sombre qu'il ne l'était à propos des filles.

"C'est cool," dit Bill en hochant la tête. "J'aurais dû venir. Ça avait l'air terrible."

Georg hocha la tête, les yeux à moitié clos. "Maintenant je veux... ressortir..."

Georg s'endormit aussitôt. Gustav et Bill se regardèrent. Malgré qu'il ne fût pas tard, Bill bailla.

"Non, tu peux pas me laisser avec ça," implora Gustav en faisant un geste vers le corps endormi de Georg.

Bill haussa les épaules et bailla une nouvelle fois. Peut-être que la fatigue de Georg était contagieuse. "Ouais, désolé. Ça va aller. Mets sa main dans un gobelet d'eau chaude."

Gustav fit une grimace et Bill rit et quitta la pièce. Il alla à la porte voisine, celle de la chambre qu'il partageait avec Tom, entra, et avança vers les lits. En marchant, il retira ses vêtements et ses accessoires jusqu'à se retrouver juste en boxer. Il regarda les deux lits. Il y avait le sac de Tom sur l'un d'eux, et rien sur l'autre. Bill grimpa dans le lit avec le sac de Tom et se blotti sous les couvertures. Il espérait que Tom s'amusait bien. Bill avait l'impression d'étouffer Tom ces derniers temps, alors du temps sans l'autre leur faisait sûrement du bien.

Même pas cinq minutes plus tard, Bill tomba dans un sommeil léger.

Quand Bill se réveilla, il était trois heures du matin. Il entendit du mouvement dans la chambre et cligna des yeux dans le noir. Bill s'assit et alors que ses yeux s'habituaient à l'obscurité, il vit son frère marcher près de la salle de bain.

"Tom?" dit Bill doucement.

La porte de la salle de bain se ferma puis Bill entendit la douche se mettre en marche. Il bailla et se repelotonna dans les couvertures. Bientôt Tom serait à ses côtés. Bill passa du sommeil à l'éveil pendant une bonne quinzaine de minutes avant de sentir le matelas bouger sous lui et des dreads mouillées frotter contre son visage.

"Baah, Tom," dit Bill d'une voix endormie. Il écarta les cheveux de Tom mais se colla contre lui. "Tu t'es bien amusé?"

Les mains de Tom glissèrent sur les flancs de Bill. "C'était pas mal."

"Tu n'as pas l'air aussi bourré que Georg," dit Bill. Tom sentait le propre et Bill était content qu'il se soit douché. Il détestait l'odeur de fumée et de l'alcool.

"J'ai déssoulé," dit Tom.

Bill sourit et embrassa le cou de Tom. "Jusqu'à quel point?" demanda-t-il en se rapprochant, sa torpeur s'évaporant. Bill enroula ses jambes autour de Tom et essaya de le mettre sur le dos. Tom ne se laissait pas faire.

Il repoussa Bill. "Trop fatigué," dit-il.

Bill fronça les sourcil un instant. Est-ce que Tom avait déjà refusé du sexe? Bill tira le visage de Tom vers lui et frotta leurs lèvres ensembles, sentant l'alcool dans le souffle de Tom. Tom n'était sûrement pas aussi sobre qu'il le prétendait, ça devait être ça. Mais quelque chose se retourna lourdement dans le ventre de Bill.

"Tu es fâché contre moi?" demanda doucement Bill. Tom frotta son nez contre Bill.

"Bien sûr que non." Il embrassa Bill sur la joue. "Je suis juste vraiment épuisé. Je peux à peine tenir la tête droite."

"Tu es sûr que c'est ça?"

Tom hocha la tête et laissa échapper un petit souffle. Bill sentit l'alcool et fronça le nez. " Aller... viens là," dit Tom d'une voix lasse.

Bill roula dans les bras de Tom et se sentit enveloppé. Il se mordit la lèvre et perdit son regard dans le noir. "Désolé d'avoir été collant ces derniers temps," dit-il doucement.

"Hm?"

Bill pencha la tête en arrière et soupira tandis que Tom lui caressait gentiment la cuisse. "Je sais pas, j'ai été très proche de toi ces derniers temps. Beaucoup autour de toi."

"Tu es toujours autour de moi."

Bill fronça les sourcils. "Je sais et je suis désolé. J'essayerai de te donner un peu d'espace à partir de maintenant."

"Pourquoi?" Tom appuya sa main contre le ventre de Bill et fit courir doucement ses doigts calleux le long de sa peau. "Ne te prends pas la tête pour ça. On dort."

"Oui, mais." Bill plaça une main par dessus celle de Tom et la serra "Ok."

"T'es dingue, Bill," murmura Tom contre l'épaule de Bill.

"Mais tu m'as manqué ce soir," chuchota Bill.

"Hmm."

Bill se blottit un peu plus contre Tom et ferma les yeux. Il ne pouvait pas s'imaginer de donner de l'espace à son frère. Cette pensée le paniquait, mais il pouvait s'écarter juste un peu. Il avait été tellement possessif avec Tom dernièrement, mais il ne pouvait pas s'en empêcher. Tout ce qu'il faisait lui semblait si naturel.

"Toi aussi, tu m'as manqué," répondit Tom, il avait l'air très près de dormir.

Bill sourit et sentit encore des papillonnements dans son ventre alors qu'il s'endormait lui aussi.


**


"Alors, qu'est ce qui vous a poussés à appeler le groupe Tokio Hotel? Quel signification cela a-t-il?"

Bill bailla presque tandis qu'il essayait de prêter attention au journaliste. Il en avait déjà marre de cette question et ils venaient juste de débarquer sur la scène musicale.

"Et bien," dit Tom en donnant un coup dans la jambe de Bill avec la sienne, "nous voyageons tellement pour les concerts que les hôtels sont vraiment devenus nos foyers en dehors de chez nous."

"Et on adorerait aller au Japon un jour," ajouta Bill. Georg et Gustav, assis derrière les jumeaux hochèrent la tête d'approbation.

"Intéressant," dit l'homme en rajustant ses lunettes. "En quoi votre succès fulgurant a-t-il changé vos vies personnelles? Tom, on dit que vous en avez une plutôt active."

Tom rit et tira sa casquette sur sa tête. Bill remarqua qu'il portait ces casquettes de plus en plus ces derniers temps. "Je ne suis pas solitaire," répondit Tom

"Alors vous avez trouvé à vous occuper avec vos nouvelles admiratrices, pas vrai?"

"Je n'avais jamais pensé qu'il y en aurait autant," dit Tom.

"Trop de filles?" dit le journaliste en plaisantant.

"Pas assez," répondit Tom en souriant. Il se pencha en arrière et haussa les épaules. Bill se retint de lever les yeux au ciel.

"Mais vous êtes tous célibataires, non?" continua l'homme.

Georg et Gustav hochèrent la tête. "Et disponible," ajouta Tom.

Bill soupira et hocha également la tête. 'Célibataire, oui. Disponible, non,' pensa-t-il.

"Allons," dit l'homme. "Quel rythme sexuel avez-vous?"

La question était posée à tous, mais Bill savait qu'elle visait réellement Tom. Il pouvait déjà dire le genre de réputation que son frère allait avoir.

"Régulier," dit Tom avec un grand sourire sincère. Bill faillit se renfrogner mais ensuite il réalisa que Tom ne mentait pas; Il couchait vraiment de façon régulière. Avec lui.

"Certains d'entre nous sont plus chanceux que d'autres," dit Georg en faisant un signe de tête vers Tom. "On prend ce qu'on peut."

"On ne reste jamais assez longtemps au même endroit pour vraiment commencer quelque chose," dit Gustav.

"Des coups d'un soir," dit Tom avec enthousiasme.

"Précisez," demanda l'homme.

Tom grimaça. "Moins d'emmerdes... plus de plaisir."

"De plaisir pour vous, peut-être," rit l'homme. "Même si je suppose que c'est un rêve de jeune fille de coucher avec une rock star."

Bill remua, mal à l'aise, et essaya d'avoir l'air attentif. Cette conversation n'était vraiment pas pour lui.

"Bill, vous n'avez rien dit. Pourquoi? Pas de groupies pour vous?" demanda l'homme.

Et soudain il était le centre de la conversation.

"Ce n'est pas vraiment mon truc," dit Bill lentement. "J'attends quelque chose de sérieux."

"C'est un comportement plutôt unique pour un garçon de votre âge," commenta le journaliste, les sourcils relevés. "Etes vous en train de dire que les filles pleines d'espoir à vos concerts n'ont aucune chance de passer une nuit avec vous?"

"Et bien, c'est difficile de s'entendre avec quelqu'un de ce point de vue là en si peu de temps, à moins d'être très chanceux," expliqua Bill. Il se sentait mal et voulait focaliser l'attention en dehors de lui pour une fois. "A moins d'être fan des coups d'un soir. Ce qui n'est pas mon cas."

"C'est en dessous de lui," dit Tom en lui cognant l'épaule.

"Des rumeurs courent en ce moment à ce propos," dit le journaliste. Bill soupira intérieurement. Qu'est ce qu'on allait encore lui balancer? "Etes vous vierge?"

Bill rougit. "C'est... privé," dit-il. "Certaines chose ne regardent que moi."

"Et qu'en est-il de votre sexualité? Beaucoup de gens parlent de votre look androgyne. Préférez vous les garçon?"

Si Bill rougissait auparavant, il était cramoisi à présent. Il sentit la main de Tom dans son dos, agrippant son T-shirt. "Je ne pensais pas que mettre un peu de maquillage faisait de moi un gay," dit-il en essayant de conserver un ton léger. "C'est quelque chose que je fais depuis que je suis jeune, et je pense que je n'ai juste jamais eu envie d'être normal."

Le journaliste n'avait pas l'air satisfait. Il se pencha en avant et dit, "Vous n'aimez pas les coups d'un soir avec les groupies. Mais avec les hommes?"

"Je ne coucherais jamais avec un homme," dit Bill rapidement. "Je ne suis pas comme ça."

Tom tira sur son T-shirt et Bill baissa le regard.


**


"Menteur," dit Tom, plus tard dans la loge avant le concert.

"Quoi?" demanda Bill. Il se détourna du miroir et posa son eyeliner. Regarder Tom était comme regarder dans une autre sorte de miroir, ce reflet lui renvoyait un sourire en coin. Et portait une casquette.

"Tu as menti à cette interview," dit Tom. "Tu as couché avec un homme." Tom gardait la voix basse. Il y avait des gens qui couraient partout.

"Tu n'es pas un homme," dit Bill. "Tu es mon frère."

"Tu es quand même un menteur," dit Tom, le coin de sa bouche se relevant en un demi-sourire.

"Toi aussi," rétorqua Bill. Il fixa Tom puis se radoucit, agrippant la manche du T-shirt de Tom. "Ce n'était pas toi là-bas, Tomi."

Tom haussa les épaules. "Je pense que ça devrait l'être à partir de maintenant."

Bill se retourna vers le miroir et reposa l'eyeliner sur son visage. "Et bien, je ne connaissais pas ce type."

"Tu n'es pas gay, n'est ce pas?" La question de Tom sortait de nulle part et Bill manqua de laisser tomber son eyeliner.

"Assez de questions," dit Bill en essayant de rire. Il posa son maquillage et passa à côté de Tom. "On a un concert à donner!"


**


Bill commençait à être vraiment frustré. Il grimpa dans le lit de Tom et se colla contre son frère. Tom était endormi, vraiment endormi.

Ils avaient été chez eux deux nuits depuis la fin de la tournée et Bill avait besoin de Tom. Il avait besoin que les choses soient comme avant qu'ils ne partent de la maison; ces quelques mois fantastiques où Tom s'enfonçait en lui presque chaque nuit et ne pensait même pas aux filles. Tom n'avait pas été en lui depuis des jours et Bill n'arrivait pas à savoir pourquoi.

Ils ne s'étaient pas disputés et Tom ne repoussait pas vraiment Bill. Ils dormaient ensemble et se masturbaient ensemble, mais quelque chose n'allait pas. Bill en était sûr. Et il pensait qu'il savait pourquoi. Il avait stressé Tom à propos des groupies pendant presque toute la tournée.

"Tom," chuchota Bill. Il tenait le petit chat en peluche noir que Tom avait ramassé sur scène pour lui au début de leur tournée, et le posa sur la table de nuit. Il posa deux mains sur les épaules de Tom et le secoua un peu. "Tom..."

Tom roula et jeta un coup d'oeil derrière son épaule vers Bill. "C'es toi," dit-il.

"Qui ça pourrait être d'autre?" Bill se pencha et fit courir sa joue le long du bras de Tom en fermant les yeux. "Tu es si fatigué en ce moment."

"Ça fait du bien d'être à la maison," répondit Tom en s'installant sur le dos. Il leva un bras et l'enroula autour de Bill qui se blottit en dessous. "Mon lit m'a manqué"

"A moi aussi ton lit m'a manqué," dit Bill doucement dans l'oreille de Tom. Il regarda les lèvres de son frère et se demanda s'il pouvait avoir un baiser. "Ma couchette dans le tourbus m'est plus familière que mon lit ici."

"Tu ne dors jamais dans ta couchette," le contredit Tom en lui donnant un petit coup de pied dans la jambe.

"Peu importe, tu vois ce que je veux dire." Bill se blottit dans le cou de Tom et descendit une main le long de son torse, l'arrêtant juste à la limite de son boxer. "Je ferai tout ce que tu veux ce soir."

Tom remua et gigota sous lui. "Tout?"

Bill hocha la tête. "Comme avant, aller."

Tom gémit. "Les choses que j'ai envie de te faire," dit-il en se mettant sur Bill. Bill retomba facilement sur le dos en regardant les yeux de Tom. Il pouvait les voir briller dans le noir.

"Dis moi les choses que tu as envie de me faire," souffla Bill. Tom pencha la tête et embrassa Bill juste derrière l'oreille.

"Je veux être seul avec toi, vraiment seul," dit Tom.

"On ne l'a pas été depuis des lustres," dit Bill. La bouche de Tom s'ouvrit et suça. Bill couina, se poussant dans le baiser.

"Je veux te faire crier," dit Tom.

"Comment?" Bill enroula ses bras autour de Tom. "Comment est-ce que tu vas me faire crier?"

"Je te sucerais," dit Tom, sa bouche remontant pour taquiner l'oreille de Bill.

"Prends moi," gémit Bill.

"Non, je te sucerais," dit Tom. "Mais je mettrais mes doigts en toi."

"Mais, et ta...?" Bill n'acheva pas sa phrase. Il remonta ses hanches et sentit que Tom était dur contre lui. Tom appuya contre ce contact, son souffle brûlant sur le cou de Bill.

"Tu la sucerais aussi," dit Tom.

Bill enroula ses jambes autour de Tom et le tira vers lui. "Je veux que tu la mettes en moi, entièrement en moi. Pourquoi tu ne veux pas?"

La voix de Bill était presque plaintive et il arrêta immédiatement, attachant sa bouche au cou de Tom et appuyant sa langue contre la peau chaude à cet endroit. Tom s'assit et caressa tout le torse de Bill, pinçant ses tétons et chatouillant ses côtés.

"Tu le veux vraiment," dit Tom en se reculant plus.

Bill hocha la tête. "Prends moi, c'est tout. Je ferai n'importe quoi. Je ne demanderai plus jamais de baiser."

"Menteur," répondit Tom avec un sourire en coin. Bill remarqua que Tom avait l'air plus assuré, plus expérimenté. Il se demanda comment il avait loupé ce changement. C'était sexy. "Tu préférerais que je mette ma langue dans ta bouche que ma bite dans ton cul."

"Que-" Bill fut interrompu car il en perdit le souffle. Il respira profondément et leva les yeux vers Tom. "Faux. Donne moi... les deux."

"Non." Tom allongea Bill à plat sur le matelas et chevaucha son corps. Il remonta sur Bill, faisant traîner son sexe sur son ventre. Bill remuait sans pouvoir s'en empêcher et approcha la main du pénis de Tom, mais Tom la repoussa d'une tape. "Non," répéta-t-il.

"Si," siffla Bill. Il s'assit et se pencha en avant, mais Tom le força à se rallonger.

"Tomi."

Tom mit sa main devant la bouche de Bill, s'agenouillant devant son visage. Bill laissa échapper un gémissement étouffé et de son autre main, Tom descendit son boxer. Son sexe s'érigeait de son bas-ventre et les yeux de Bill s'écarquillèrent. Tom était si gonflé et humide.

Tom enleva sa main de la bouche de Bill et Bill essaya de se pencher en avant. Il devait goûter Tom. Mais Tom secoua la tête et retira son boxer puis le jeta au sol.

"Pas encore," dit-il. Il prit le visage de Bill dans ses mains et lécha son menton. "Enlève tes vêtements."

Bill s'assit, tremblant quand Tom s'enleva de sur lui, et enleva son T-shirt et son pantalon de pyjama. Il était presque aussi dur que Tom et aussi impatient que lui. Tom lui sourit et le repoussa vers le bas.

Bill ne savait pas ce que Tom avait prévu et l'anticipation le faisait se décoller du lit. Tom descendit le torse de Bill avec des baisers et s'arrêta à son nombril.

"Je vais te sucer," dit Tom. Il se retourna, son dos face à Bill et se mit à quatre pattes. Son sexe heurta les lèvres de Bill et Bill comprit enfin où il voulait en venir.

"Bon Dieu," siffla Bill. "J'ai l'impression que je vais déjà jouir."

"Vaudrait mieux pas," fut tout ce que dit Tom et Bill haleta. Tom aspira Bill, sa bouche serrée et mouillée.

"Oh!" cria Bill. Tom descendit ses hanches, son sexe effleurant les lèvres de Bill. Bill ne réfléchit pas, attrapa le pénis de Tom et l'amena à dans bouche.

Quand il suça le gland, il entendit Tom gémir et trembler au-dessus de lui. Bill préférais la sodomie, mais ça c'était fantastique aussi. Il écarta les jambes et pivota ses hanches vers le haut, pénétrant la bouche de Tom de son sexe. Tom suçait avec enthousiasme, faisant se crisper les orteils de Bill. Il s'installa sur Bill, leurs ventres collés ensemble en une étreinte transpirante et maladroite. Bill engloutit le sexe de Tom aussi profondément qu'il le pouvait et avala le liquide qui commençait déjà à venir. Tom avait un goût délicieux, si délicieux que Bill ne remarqua presque pas les doigts explorant son anus.

"Tomi," gémit Bill la bouche pleine. Il bougea la tête et le sexe de Tom plongea plus profondément dans sa gorge. "Han. En moi."

Tom glissa deux doigts en Bill immédiatement et les ressortit rapidement. Bill haleta et retira sa bouche du pénis de Tom un moment pour respirer. "Tom, putain. Remets les à l'intérieur ou je ne te suce pas."

Bill attendit mais ensuite il se rendit compte qu'il ne devait pas s'attendre à exiger quelque chose de Tom et l'obtenir à moins qu'il ne soit d'une de ces humeurs très rare. Bill soupira et repris Tom en bouche. Donc c'était un jeu. Bill gagnerait à sa manière, en cédant en premier.

"Mon Dieu, ta bouche," dit Tom entre ses dents. Bill suça plus fort et les doigts de Tom, humides à présent, se reglissèrent en lui. Cependant, Tom ne reprit pas Bill en bouche. Il enfonça ses doigts plus loin et les plia. Bill engloutit Tom si profondément qu'il eut un haut le c½ur, et Tom ne l'en caressa que plus intensément.

Bill retira le sexe de Tom et gémit. "Ne jouit pas dans ma bouche," haleta Bill. "S'il te plait, mets la en moi."

Tom ajouta un autre doigt et embrassa la cuisse de Bill. "Pas ce soir," dit-il.

"Tom, putain," gémit Bill. "S'il te plait, s'il te plait, s'il te plait."

La bouche de Tom pinça la peau de Bill et il enfonça ses doigts en de rapide va et vient dans son corps. Bill trembla et respira difficilement.

"Pourquoi tu ne veux pas me prendre?"

"On a pas la lotion," dit Tom. "Elle est restée dans le bus."

"Alors je vais en bas et je ramène l'huile de cuisine, n'importe quoi."

Tom rit et ajouta un autre doigt à l'intérieur. "J'arrive pas à croire qu'on a utilisé cette merde."

"C'était bon," murmura Bill, se retenant de jouir. Il ne voulait pas. Il ne voulait pas jouir à moins que Tom ne soit en lui, vraiment profondément en lui. Cette seule pensée faillit presque le faire jouir instantanément. "Ahh, putain, non."

"Non?"

"Je veux dire oui," haleta Bill. "Bordel, prends moi et c'est tout!"

Tom retira ses doigts et arrêta de bouger ses hanches. "Non, Bill."

"Pourquoi?" geignit Bill doucement.

"Parce que," dit Tom, "tu le veux tellement."

Ça c'était nouveau. Est-ce que le sexe était devenu aussi interdit que les baisers? Est-ce que tout était devenu un jeu? Pour Bill, le sexe avec Tom était quelque chose de sérieux. C'était la façon dont ils restaient connectés. Ça ne le dérangeait pas de supplier pour l'avoir, si ça voulait dire que Tom allait arrêter de jouer et céder. Bill pouvait supplier pour des baisers et il savait qu'à la fin Tom en aurait autant envie que lui et céderait un peu de son contrôle. Mais cela semblait différent, Bill ne pensait pas que Tom allait céder. Bill ne voulait pas que Tom ait autant de contrôle sur leur relation. Avec un soupir, Bill posa gentiment ses mains sur les hanches de Tom. "Ça me manque, c'est tout."

"Je sais," répondit Tom. Il reglissa lentement ses doigts à l'intérieur de Bill et recula, contre sa prostate. "Détends toi."

"Si je me détends, je vais t'en mettre plein la figure," dit Bill. Ses cuisses vibraient et il était très proche de la délivrance. "Touche la au moins, ok?"

Tom embrassa le gland exposé de Bill et l'aspira dans sa bouche alors qu'il enfonçait ses doigts avec insistance à l'intérieur de lui. Les ongles de Bill s'enfoncèrent dans les hanches fines de Tom et Tom gémit.

"Suce moi aussi," dit Tom, et il réengloutit le sexe de Bill. Bill avait à peine reprit Tom dans sa bouche quand il sentit ses entrailles le brûler. Les doigts de Tom caressaient sa prostate et la bouche de Tom le suçait entièrement.

Bill jouit fort, ses hanches partirent en avant et il se retint à Tom, agrippant sa silhouette maigre. Quand Tom le libéra enfin de sa bouche, Bill attrapa ses testicules et tira légèrement.

Bill savait que Tom jouirait bientôt ainsi, et même s'il voulait Tom à l'intérieur de lui (même après son orgasme), il savait qu'il ne l'aurait pas. Il devrait se satisfaire avec le sexe de Tom dans sa bouche. Bill suça et massa les testicules de Tom, et seulement quelques instants plus tard il goûta la semence piquante sur sa langue.

Il l'avala et s'allongea, épuisé, sur le lit. "Reviens là," chuchota Bill, ce que fit Tom en enroulant ses bras autour de Bill.

"Tu vois?" Tom appuya ses lèvres contre la mâchoire de Bill et mit la tête de son petit frère sous son menton. "C'était génial, putain."

"Ouais," répondit doucement Bill. Tom lui caressa les cheveux et Bill ronronna contre lui. Il faisait courir une main de haut en bas du ventre de Tom puis la reposa sur son torse. Il se passa la langue sur les lèvres, goûtant encore son frère. "Mais la prochaine fois on fera tout ce que je veux."

"Je suis certain que c'était horrible pour toi," le taquina Tom

"Le pire." Bill leva la tête et la reposa sur l'épaule de Tom, sortant la langue pour goûter la peau moite dans son cou.

"Ok," acquiesça Tom. "Demain, tout ce que tu veux."

"Vraiment? Tu sais ce que je vais vouloir," dit Bill. "Et ce n'est pas un baiser."

Tom surpris Bill en prenant ses lèvres avec les siennes et en l'embrassant intensément, avançant une main pour caresser son visage. Les yeux de Bill s'écarquillèrent, puis il s'abandonna au baiser, répondant avidement. Il emmêla ses doigts dans les cheveux de Tom et attira sa tête plus près. La langue de Tom entra dans la bouche de Bill qui la mordilla gentiment et l'aspira dans sa bouche. Tom émit un son grave dans gorge et recula. Quand Bill ouvrit les yeux, il vit Tom le fixer.

"C'était quoi ça?" demanda Bill à bout de souffle.

"C'était pour toi," répondit Tom de retournant pour se mettre sur le côté, dos à Bill. Bill sourit niaisement dans l'obscurité et se blottit contre le dos de Tom, enroulant ses bras autour de la taille de Tom.

"Maintenant que ça n'est plus sur la liste, il n'y a plus qu'une seule chose que je veux," dit Bill entre les omoplates de Tom.

"Hm," répondit Tom. Bill l'entendit bailler. "On verra."

Bill bailla aussi. Il discuterait de ça plus tard. Il enroula une jambe autour de Tom et s'installa confortablement, fermant les yeux pour dormir.


***


Comportement étrange de Tom...
Aller, à bientôt pour le chapitre 4

(Pour ceux que ça intéresse, j'ai posté le premier chapitre d'une mini-fic écrite avec Fallen, c'est par là * )

Pix : Betsy



oO°OoO°OoO°OoO°OoO°OoO°OoO°OoO°OoO°OoO°OoO°OoO°OoO°OoO°OoO°OoO°OoO°OoO°OoO°Oo


Bon alors voilà, le blog de Fallen vient d'être désactivé

Pour la TROISIEME fois

Franchement, je trouve ça vraiment abusé.

Si certains n'aiment pas lire des fics yaoi ou twincest
(ce que je peux parfaitement comprendre),
libre à eux de passer leur chemin.

Mais pourquoi saboter le travail de quelqu'un?
Pourquoi empêcher ceux qui aiment de pouvoir en lire?

Bref, le manque de tolérance des gens me surprendra toujours.

Mais merde, on va quand même pas les laisser avoir le dessus, ces rageux!

C'est pour ça que sa fic est postée, une nouvelle fois.
Elle avait dit que c'était la dernière fois qu'elle la posterait, et c'était vrai...

... sur Sky. ^^

Pour retrouver sa merveilleuse fic, il faudra aller un peu plus loin, mais ça en vaut le coup, non?

Aller, tout le monde CLIC !!!

http://provocation-th.livejournal.com

# Posté le jeudi 21 février 2008 14:17

Modifié le samedi 22 novembre 2008 06:34

Catharsis - chapitre 4

Catharsis - chapitre 4

Et voilà le chapitre 4!
Beaucoup d'émotion, un peu d'humour...
Un bon chapitre en somme, comme toujours ^^


***



Bill regarda par la fenêtre de la suite d'hôtel et respira profondément.

Ils étaient officiellement en vacances. De vraies vacances, pas quelques jours de pause à la maison, mais un vrai séjour aux Maldives. Leur petite tournée s'était très bien passée et leurs ventes d'albums augmentaient régulièrement. Jost leur avait donné le feu vert pour se détendre et simplement... se laisser vivre.

"Tu es réveillé?"

Bill se tourna pour voir Tom assis dans le lit. Bill sourit et s'approcha de lui. Il était resté dans la chambre de Tom depuis qu'ils étaient là. Jost avait réservé des chambres séparées pour chacun des garçons mais Bill n'avait même pas vu sa propre suite. Ses affaires étaient éparpillées partout sur le sol, de même que ses vêtements de la veille.

"Bonjour," dit Bill, se glissant sur le lit et pinçant l'épaule de Tom de sa bouche.

"Hmm," répondit Tom en se frottant le visage. "Rha, il fait chaud ici."

"J'aime bien ça," dit Bill, le menton sur l'épaule de Tom. "Ça change."

"Ça fait transpirer." Tom poussa ses cheveux de sa nuque et les tint en pile sur le dessus de sa tête où il les attacha en un gros paquet. "Et c'est lourd. Rha."

Bill éclata de rire. Il repoussa les couvertures avec ses pieds et mis ses jambes sur les cuisses de Tom. "Peut-être que tu devrais te couper les cheveux."

Tom envoya un regard à Bill. "Pas question. Toi tu devrais." Il tira une longue mèche de cheveux et la laissa tomber dans le visage de Bill. Bill souffla pour la repousser de côté. "J'ai besoin de me doucher."

"Moi aussi," dit Bill. Ils ne s'étaient pas lavés ensemble depuis un long moment, et Bill pensa que peut-être, enfin, ils pourraient coucher ensemble. Ils ne l'avaient pas fait à proprement parler depuis la tournée, et ça faisait presque deux semaines. Bien sûr ils s'étaient tripotés et avaient atteint leur plaisir par d'autres moyens, mais la sensation de Tom jouissant en lui manquait à Bill. La proximité qu'il sentait avec son frère lui manquait. Dernièrement, Tom avait été beaucoup plus enthousiaste pour sucer Bill que d'habitude, et Bill appréciait cela. Mais il ne pouvait pas s'empêcher de se sentir légèrement rejeté.

"Tu peux venir si tu veux, mais il fait si chaud," dit Tom en se levant du lit et en se penchant pour attraper son boxer. "Pff. J'ai pas envie de m'habiller."

"Alors ne le fais pas, on n'a qu'à rester ici toute la journée," dit Bill en souriant.

"Ouais," rit Tom. "Pas question, j'enfile un short et je saute dans une piscine aussi vite que possible."

"Alors pourquoi prendre une douche?"

"Oh, ouais. T'as raison." Tom commença à fouiller dans sa valise et Bill fronça les sourcils, se foutant presque une baffe. Il avait encore loupé l'occasion d'avoir du sexe.

Il grimaça et s'écroula sur le lit.


**


Cette nuit là, les quatre garçons se retrouvèrent dans un club local. Ils avaient été entraînés dans une intime section VIP et Georg et Gustav étaient bien partis pour être complètement déchirés. Tom n'était pas loin derrière et Bill touchait à peine son verre.

"Qu'est-ce qu'on va faire pour le réveillon demain?" demanda Bill en regardant Tom.

Tom but la dernière gorgée de sa boisson et haussa les épaules. "Je sais pas. Revenir ici?"

"Vous avez le droit de rester debout jusqu'à minuit maintenant les mecs?" taquina Georg.

"Oui, en fait ta mère va être ma baby-sitter," rétorqua Tom. "On a une sacrée soirée de prévue."

Georg fronça les sourcils et leva les yeux au ciel. "Je suis trop bourré pour savoir si tu dis vrai ou pas."

"Je dis la vérité," dit Tom.

Georg le fixa. "Quoi?"

"Non, abruti, ta mère n'est même pas là," répondit Tom en lui lançant un glaçon.

"Tom, t'es une vraie salope," dit Georg. Il prit une longue gorgée de sa bouteille de bière. "Est-ce que ta bite ne connaît pas de limite?"

Gustav ricana et Bill pensa que Tom avait l'air plutôt fier.

"Je sais quand la garder dans mon froc," dit Tom. Il regarda Bill, les yeux sombres. Bill en gémit presque.

"Ah ouais?" demanda Georg. "Et cette soirée où tu m'as piqué mes deux coups?"

Tom posa son verre et fixa Georg. "Je vois pas ce que tu veux dire."

"Tu sais, y'a deux semaines à peu près... on était à cette soirée. Bordel, tu devais avoir de bonnes phrases de drague sur toi."

"Fais pas ton connard, je ne t'ai piqué aucun coup," dit Tom rapidement. Le ventre de Bill commença à se tordre.

"Cette nuit là, Gustav et moi on est restés à l'hôtel," dit Bill doucement. Sa voix était à peine audible par-dessus la musique, mais Tom l'entendit. Bill savait qu'il l'avait entendu.

"Personne ne veut entendre parler de ça," cracha Tom.

"Oh, oh!" dit Gustav, en claquant son verre sur la table. "Je suis pas d'accord! Georg, Je veux les moindres petits détails sur ton échec à conserver ne serait-ce qu'une fille."

Tom grogna fortement et se leva. "C'est chiant, partons d'ici."

"Je passe un très bon moment," dit Bill clairement. "Qu'est-ce que tu disais, Georg?"

"En gros, j'avais deux putains de filles avec moi, et la minute qui suivait, Tom les avait. Je les ai vus partir ensemble. Et non je ne suis pas amer," ajouta Georg en secouant la tête et en souriant malicieusement. "Une à chaque bras, les mains sur leurs deux culs. En fait j'étais impressionné."

"Vraiment," dit Bill en regardant intensément Georg. "Qu'est-ce qui s'est passé après?"

"Pfft. Je sais pas. Je veux dire, je peux le deviner," rit Georg.

"Moi aussi," murmura Bill. Il sentit une chaleur monter dans son ventre et il voulait s'enfuir, partir d'ici. Ses joues le brûlaient et il regarda enfin Tom. Tom le fixait, mais il détourna les yeux aussitôt que Bill croisa son regard.

"C'était pas..." Tom s'assit et posa son verre. "Tais toi."

"Tom, est ce que tu rougis?" demanda Gustav en riant.

"J'ai dit tais toi," dit Tom la voix plus forte.

"Oh, Aller," dit Georg. "Tu dois me dire si oui ou non les seins de la blonde étaient vrais. S'il te plait, j'en peux plus. C'était quoi son nom? Ann... quelque chose..."

Bill releva brusquement la tête et se pencha sur la table. "Qui?"

"Ann-Kathrin," dit Tom en fixant la table.

"Bordel de merde!" dit Bill incapable de se retenir. "Elle?!"

"Il n'y avait rien d'anormal avec celle là," dit Georg. "A moins qu'elle n'ait eu une difformité affreuse en dessous de ce haut sans bretelles."

"Et le fait que c'était une grosse pouffiasse?" dit Bill. Il avait envie de frapper Tom et Georg, l'un après l'autre. Il avait aussi envie de pleurer, mais il ne pouvait pas faire ça. Il voulait juste partir.

"Ça n'a pas d'importance que ce soit une pouf ou pas," dit Georg. "Mais tu ne sais pas grand-chose de ces trucs de grands, Billy, pas vrai?"

"Ne m'appelle pas comme ça." Bill savait que c'était dit pour rire, mais son visage brûlait. "Peut-être que je ne veux pas être un couche-toi-là sans cervelle, comme certaines personnes." Il regarda de Georg vers Tom. Gustav ricanait doucement.

"Peu importe," dit Tom. "Je peux offrir un autre verre à tout le monde?"

"Ne change pas de sujet," dit Gustav.

"Non, merci," dit Bill à Tom, froidement. Tom envoya à Bill un regard implorant, mais ça ne l'énerva que davantage. "Alors, Tom, tu l'as baisée?"

"Et sa copine," grogna Georg. "Elles étaient chaudes toutes les deux... putain. Plus chaudes que les filles qu'on a levé l'autre fois."

"L'autre fois?" dit Gustav en fronçant les sourcils. "Ah ouais. J'étais là."

"J'étais où, moi?" demanda Bill lentement.

"Tu dormais, t'avais un rhume," dit Georg en haussant les épaules. Bill prit un air méprisant. Il regarda Tom qui était resté plutôt silencieux tout ce temps là. Il fixait son verre à présent, les lèvres serrées.

"Wow, Je savais pas que vous étiez sortis ce soir là, les gars," dit Bill doucement. Il cligna des yeux quelques fois pour s'empêcher de pleurer. Il était vraiment furieux et avait besoin de se casser de là.

"Je n'ai baisé personne ce soir là," dit Tom.

"Mais tu as baisé Ann-Kathrin et sa copine?" Bill n'essayait même plus de cacher le dégoût dans sa voix.

"Oui, plus de détails sur ça," dit Georg d'une voix traînante.

"Ouais," marmonna Tom. "Content là?"

"Foutrement ravi," dit Bill. Il se leva. "Bye."

"Oh, fais pas ta garce," dit Georg en riant. "Si tu veux des filles, tu dois sortir avec nous, Bill."

Bill serra les poings. "Je veux pas sortir avec vous et me taper des filles, et ne me traite pas de garce."

Georg rit un peu plus. "Garce," dit-il. Tom tressaillit visiblement à ces mots.

"Je suis sérieux," dit Bill à travers ses dents.

Georg sembla comprendre que Bill ne plaisantait pas et son sourire se transforma vite en grimace. "Qu'est-ce que t'as dans le cul? Juste parce que certains d'entre nous aime les filles..."

"Qu'est-ce que tu as dit?" dit Bill, le regard noir.

"Tu t'énerves à chaque fois qu'on sort, j'ai pigé," dit Georg. Il se pencha en arrière, souriant paresseusement.

"Ta gueule," dit Tom d'un ton d'avertissement.

"Hey, j'ai rien contre les PD," dit Georg. Il sourit et Bill recula d'un pas.

Tom se leva et contourna la table vers Georg. Puis, il cracha dans sa main, forma un poing, et frappa Georg fort, en plein dans l'½il.

"Qu'est-ce qu'y a, bordel??" cria Georg en se levant. Tom laissa retomber son bras à son côté et Gustav se précipita aux côtés de Georg et le maintint assis en le tenant par l'épaule. "Putain lâche moi, Gustav!"

Tom recula de quelques pas incertains, puis se tourna et partit. Georg se débattait pour se lever, son ½il enflait déjà. "Putain!"

"Georg," dit Gustav d'une voix forte, retenant vraiment Georg. "Il est parti, assied toi."

"Putain, il m'a collé un pain!"

Bill était bouche bée, la bouche grande ouverte. Son regard passa de Georg à Gustav, puis de nouveau à Georg. Il ne pouvait pas former de mots. Il se contenta de sortir brusquement du club, dans la direction qu'avait prise Tom. Par chance, il ne vit Tom nulle part et ne s'arrêta pas pour se demander où son frère avait pu aller. Bill continua à marcher jusqu'à rejoindre l'hôtel

Puis il fit quelque chose qu'il n'avait pas fait avant. Il prit la carte de sa propre chambre d'hôtel dans sa poche et entra dans la pièce inutilisée. Il n'y avait rien à Bill là dedans; tout était dans la chambre de Tom. Bill grogna et de rendit compte qu'il était finalement tout seul.

Il s'assit sur le lit et se prit la tête dans les mains. Il se tira les cheveux alors que des larmes chaudes lui piquaient les yeux.

"Je suis tellement pathétique," gémit-il. Il roula sur le côté et serra ses bras autour de son corps. Ses larmes lui brûlèrent les joues et il laissa échapper un sanglot douloureux. Il n'avait aucun contrôle sur ses sentiments et il se détestait. Pourquoi ne pouvait-il pas être plus comme Tom? Ils étaient jumeaux, pas vrai? Pourquoi est ce qu'il ne pouvait pas s'en foutre et faire juste ce dont il avait envie?

'Tu ne veux pas ce que Tom veut,' dit une voix dans sa tête.

Ce que Bill voulait le plus était Tom. Cette pensée tomba dans son ventre comme une pierre. Il voulait juste son frère et c'était tellement la merde qu'il en tremblait contre le matelas. La situation ne pouvait pas se finir bien pour lui.

Il ferma les yeux, empêchant les larmes de couler, et tint une main contre sa bouche. Rien ne pouvait sortir ainsi. Il trembla sur le lit et s'endormit lentement.

Environ une heure plus tard, il rêvait de Kasimir et de sa mère. Il était au chaud, en sécurité. Puis quelque chose lui toucha le visage et il se réveilla en sursaut. Aussitôt, il sut que c'était Tom. Il repoussa la main de Tom, et roula dans son oreiller.

"Je ne veux pas te voir," dit-il, la voix étouffée.

"Je le sais," dit Tom doucement.

Bill ne se retourna pas. Il resta comme il était et sentit le matelas s'affaisser à côté de lui. "Va t'en," marmonna Bill. "Je sais que tu n'as pas envie d'être ici. Arrête de me balader."

"Bill."

Finalement Bill se retourna. Sa peau était chaude et il sentait des traînées de maquillage sur son visage. Ses cheveux étaient collés à son front. Tom avait l'air aussi misérable que se sentait Bill.

"Qu'est-ce que tu veux?" demanda Bill d'une toute petite voix confuse. Il plaça la paume de la main sur les côtes de Tom et tenta de le repousser. Tom se balança vers l'arrière, mais resta en place en fronçant les sourcils.

"Je suis désolé," fut tout ce que dit Tom.

"Tu es désolé." Bill s'assit, renifla, et repoussa ses cheveux de son front. "Ok, tu es désolé. Quoi?"

"Je suis désolé," répéta Tom. "Je suis tellement désolé. Je ne voulais pas que tu le découvres... comme ça."

"Ou du tout?" soudain, Bill se sentit de nouveau furieux, et il était dégoûté de Tom. Il descendit du lit et se tint debout, tendu, de l'autre côté. "Oui, ça aurait été plutôt chouette si je n'avais jamais rien su."

"Non," dit Tom en secouant la tête.

Bill haussa les épaules. "Putain, c'est pas comme si j'avais la moindre importance. Je suis juste ton frère que tu baises de temps à autres."

"Ce n'est pas-"

"Tom," dit Bill d'une voix forte. "Pour une fois, je vais te le demander. C'est quoi ton putain de problème?"

"Mon problème..." Tom mit sa tête dans ses mains. "Tu es mon problème."

La lourde pierre dans le ventre de Bill tomba encore plus bas. "Moi?"

Tom leva les yeux vers lui. "Je devrais pouvoir courir les filles, je n'ai que seize ans. Je ne devrais pas avoir à me sentir mal."

"Mais quoi, c'est le cas? Je suis tellement navré que tu te sentes mal," dit Bill d'une voix sarcastique. Il frappa ses mains contre le mur. "Je te déteste parfois, putain je te déteste."

"Je veux être avec toi," dit Tom. Bill l'entendit à peine.

"Quoi?"

"Je ne veux pas perdre... ça," dit-il.

"Tu as une drôle de façon de conserver les choses," dit Bill. "Je croyais qu'on avait un accord. Je ne vais pas coucher alentour et je ne veux pas avoir l'impression d'être juste quelqu'un avec qui tu t'amuses. Je ne veux pas être comme elles!"

Tom se leva, contourna rapidement le lit. Ses mains agrippèrent les épaules de Bill. "Je ne peux pas arrêter d'être qui je suis. S'il te plait, est-ce que tu ne peux pas l'accepter?"

Bill le repoussa. "Tu veux que j'approuve ça? Tu veux que j'accepte le fait que certaines nuits, tu préfèreras aller baiser une quelconque groupie? Je n'ai besoin de rien d'autre, Tom. Peut-être même que je n'ai pas besoin de toi."

"Ne dis pas ça," dit Tom. Il s'avança d'un pas mais Bill s'éloigna.

"Non. J'en ai marre de jouer selon tes conditions. Va baiser à t'en rendre malade, Tom, mais tu ne peux pas m'avoir moi et elles."

"Bill," dit encore Tom. Sa voix était douce et fatiguée.

"Je ne vais plus attendre ton bon vouloir," dit Bill. "Tu ne m'as pas baisé depuis des semaines... Je suppose que je sais pourquoi. Etais-tu au courant qu'Ann-Kathrin m'a traité, en gros, de sale PD?"

"Je viens juste de frapper Georg dans sa putain de gueule pour t'avoir appelé comme ça," répondit Tom en levant les mains.

"Ouais. Frappé. Pas baisé, Tom." Bill soupira et s'assit en secouant la tête. Il fit courir une main dans ses cheveux. "Ça ne fonctionne pas. Je peux pas faire ça."

"Arrête."

"Tu ne peux pas me dire ça," dit Bill d'une voix sèche. "Tu ne peux pas me dire quoi faire."

"Ce n'était pas ce que je faisais," dit Tom calmement. Il mordillait furieusement son piercing à la lèvre, Bill savait qu'il faisait ça quand il était vraiment stressé. "Je n'ai pas pu m'en empêcher."

"Tu n'as pas pu t'empêcher de coller ta bite dans une fille, je sais," répondit Bill. "Bien, ok, super. Je suis content qu'on ait réglé ça."

Bill s'arrêta et regarda son frère. Tom fixait le sol, plus une trace d'émotion sur son visage.

"Tom, je t'aime. Vraiment, putain. Mais je ne te fais pas confiance et je ne peux plus... avec toi," dit Bill.

"Bill." Tom avait un regard désespéré. "Tu es la seule personne qui compte pour moi dans le monde entier."

"Oh?" Bill lui lança un regard noir.

"J'aime les filles," dit-il doucement. "Je ne le contrôle pas."

Le coeur de Bill battit fort dans sa poitrine. "Et moi tu ne m'aimes pas?" demanda-t-il doucement.

"Bien sûr que si ou je ne..." il n'acheva pas sa phrase.

"me baiserais pas?" demanda Bill. "On en a déjà parlé avant. Tu dis que je ne suffis pas."

"Je dis que je suis un mec de seize ans," dit Tom en soupirant.

"Et tu veux te taper des filles."

"Oui," dit Tom. Il détourna le regard de Bill.

"Tu ne peux pas avoir les deux, tu sais," dit Bill en haussant les épaules. Il repoussa ses cheveux en arrière et expira fortement. "Tu baisais à droite et à gauche, alors tu ne me baisais pas. Nom de dieu de merde, Tom. Tu ne pouvais même pas être honnête avec moi."

"C'est pas ça."

"Parce que je n'étais pas suffisant ou parce que tu pensais que ça ne serait pas aussi bien avec moi?"

Tom leva une épaule et la laissa retomber lourdement. "Je ne voulais pas faire ça avec toi avant d'avoir éclairci les choses."

"Parce que je suis ton frère." Bill se sentit nauséeux en regardant Tom.

"Ce n'est pas tellement le fait que tu sois... mon frère, peu importe. C'est que..." Tom remua et fit une grimace.

"Je ne suis pas une fille," suggéra Bill.

"C'est plus facile pour toi," dit Tom doucement.

"Parce que je suis un PD, c'est vrai," dit Bill sèchement. "J'aime aussi les filles, Tom."

Tom le regarda et cligna des yeux. "Ouais?"

Bill soupira. "Quoi qu'il en soit. Comment tu as pu, Tom?"

"Je ne veux pas me battre avec toi, Bill. Qu'est-ce que je peux faire?"

Bill s'approcha du lit, une main sur la hanche. "Arrêter d'être toi."

"Je ne peux pas faire ça." Tom se leva et ils étaient face à face. "Tu penses que je suis une mauvaise personne?" Bill avait envie de balancer un "oui" mais Tom lui semblait vraiment petit et vulnérable à cet instant.

"Non," dit Bill. "Ça serait plus facile si tu l'étais."

"Qu'est-ce qui serait plus facile?" Les sourcils de Tom étaient froncés ensemble, ses yeux semblaient scruter Bill à la recherche de réponses.

"Je ne peux plus... jouer ce jeu avec toi," dit Bill.

"Depuis quand est-ce qu'on joue à un jeu?" Tom semblait blessé, vraiment blessé. Si Bill était un être humain plus dur, il se serait senti triomphant. Mais il se sentait seulement triste. Tout son être était épuisé et baigné de peine.

"Tu diriges le spectacle. Tu décides quand on s'embrasse, quand on baise, quand on fait quoi que ce soit d'intime. Si je savais que tu me veux vraiment, que c'est réel, ça irait. Mais tu ne me donnes rien à quoi me raccrocher," dit Bill. Il avança sa main et toucha le visage de Tom. "Mais je t'aime toujours."

Tom ferma les yeux et souffla. "Je te veux vraiment," dit-il

"Tu veux un tas de choses," fut la réponse de Bill. Il recula et marcha jusqu'à la porte. "Tu dois partir."

Tom resta près du lit. "Non, Bill, je—"

"Ce n'est pas une demande," dit Bill en essayant de rester froid et ferme. Tom ne bougeait toujours pas. "Maintenant."

"Mais je veux régler ça."

Bill ouvrit la porte. "Tu dois régler ça avec toi même."

"Laisse moi rester," dit Tom doucement.

"Pour une fois, c'est moi qui décide. Tu pars." Bill regarda le sol et garda un souffle régulier. Il savait qu'il changerait d'avis s'il voyait son frère. Son c½ur se serra quand il entendit enfin des pas s'approcher de lui.

"Rappelle toi seulement que c'est toi qui a voulu que je parte," dit Tom alors qu'il passait devant Bill. "Ne me le reproche pas plus tard."

Bill ne pouvait même pas réagir à ça. Il en avait dit assez, et quoi que ce soit d'autre n'apporterait que plus de souffrance. Il ferma simplement la porte après son frère et mit le verrou.

Puis, il se tourna et regarda la très grande, très vide chambre d'hôtel. "Et merde."

Bill s'assit sur le sol et appuya son dos contre la porte. Il leva ses genoux à son torse et y enfouit son visage. Il n'y avait rien qu'il puisse faire.


**


"C'est... différent."

Bill fit courir ses doigts dans ses nouveaux cheveux plus longs et regarda dans le miroir. Avec cette nouvelle coiffure, il avait l'air plus vieux, plus doux. Il avait l'air plus posé. Il n'était plus un petit garçon.

La styliste hocha la tête avec approbation et se pencha à côté du visage de Bill. "C'est génial. Il y a autre chose que tu voudrais faire?"

"Hum." Bill plissa les yeux vers son reflet et toucha la zone sous ses yeux. Son eyeliner avait été étalé à la va vite plus tôt ce matin là, et ça ne semblait plus approprié sur lui. "Non, je pense que c'est bon. Merci beaucoup."

La femme lui sourit. "Le maquillage ne va pas vraiment avec les cheveux," dit-elle gentiment. Bill savait qu'elle essayait de faire une gentille suggestion. Elle ne savait probablement pas si elle avait affaire à une diva ou pas.

Bill hocha la tête. "Vous avez raison. Ça a l'air un peu..."

"Négligé?"

Bill rit. "Je ne le mets jamais en essayant que ça soit joli."

"Et maintenant tu le veux?"

Bill regarda la styliste. Elle était petite, fine et très élégante. Son maquillage était sombre, aussi sombre que le sien. "Je pense que oui."

La styliste se pencha et attrapa quelques brosses et ombres à paupière. "Je peux aider." Elle allait lui toucher le visage et il recula un peu.

"Je promets que je ne suis pas un dingue," dit Bill. "J'ai une sorte de phobie que des personnes que je ne connais pas vraiment touchent mon visage. Désolé. Je sais que c'est bête."

Elle se contenta de sourire. "Je peux te montrer. Prends une brosse."

Il prit une brosse, de l'eyeliner et du mascara.

"Regarde comment je fais," dit-elle. Ce que fit Bill. Au moment de sortir du bâtiment, il se reconnaissait à peine.



**



"Putain de merde!" cria Gustav. "Qu'est-ce..."

Bill lui lança un regard. "Quoi?"

"Quand est-ce que tu..." Gustav fit un geste vers les cheveux et le visage de Bill avec ses baguettes. Ils étaient dans la salle de repos et Bill revenait juste du styliste.

"Oh, J'ai oublié que j'avais le maquillage," dit Bill les joues rougissantes. "Je sais pas si je vais le garder."

"C'est hum... pas mal," dit Gustav. "T'es mignon. Je veux dire, pas mal, pas mal."

Les yeux de Bill s'écarquillèrent un peu. "Est-ce que tu viens de dire que j'étais mignon?"

Gustav leva les mains en l'air. "Il faut que je retourne avec les mecs, on est en pleine répétition."

"Est-ce que Tom y est?" demanda Bill.

"Ouais. Hum, est ce qu'il sait pour le, uh, hum. Toi?"

Bill rit. "C'est si moche que ça?" Bill savait qu'il n'était pas moche. En fait, vu la réaction de Gustav, il savait qu'il était beau. Il sentit un courant de pouvoir le traverser. Ça allait être amusant.

"Tu ressembles... pas à Bill," dit Gustav.

"Alors à qui?" insista Bill.

Gustav était nerveux et il rougit légèrement. "Aller viens, on va aller chercher une seconde et une troisième opinion

Bill rit et il entrèrent dans le studio. En chemin, il jeta un coup d'½il à son reflet dans une vitre teintée et sourit. Son maquillage n'était plus étalé. Il était appliqué avec soin, avec attention. Son assurance grandissait et grâce à l'aide de la styliste, elle ne ferait que s'améliorer.

"J'ai ramené un nouvel ami," dit Gustav d'une voix forte alors qu'ils tournaient un coin pour arriver dans le studio. Bill vit Tom et Georg assis sur deux tabourets, mangeant des restes dans des cartons. Ils levèrent les yeux en entendant Gustav.

Georg cligna des yeux et pendant un instant, Bill crut qu'il se faisait mater. "Bill?" demanda Georg, les yeux écarquillés.

Bill hocha la tête. "Si t'arrives à le croire."

Georg secoua la tête, toujours bouche bée. "C'est intense."

Bill jeta un coup d'½il à son frère. Tom le fixait aussi, mais son expression était indéchiffrable. Cela faisait quelques jours qu'ils s'étaient disputés, et ils ne s'étaient pas beaucoup parlé depuis

"Est-ce que les managers sont au courant?" fut tout ce que dit Tom, sans ménagement.

"Jost m'a dit que je pouvais faire ce que je voulais," répondit Bill, essayant d'empêcher sa voix de trembler. Il s'était sentit si sûr de lui, mais Tom avait écrasé ça avec une seule phrase. Bill essaya de bomber le torse. "Je suis le leader. Je dois ressembler à ça."

"Ok," dit Tom en prenant sa guitare pour pincer quelques cordes. "Si tu le dis."

"C'est un look cool," dit Georg en hochant la tête. "Très... David Bowie."

"Nena," ajouta Gustav en riant gentiment.

"Super, je les adore," dit Bill. Il jeta un autre coup d'½il à Tom. Tom le regardait mais dès que Bill croisa son regard, il détourna le sien. "Georg, arrête de me fixer."

Georg sourit. "Est-ce que tu portes du gloss?"

Bill lui jeta un crayon. "Oui."

Georg était sur le point de répliquer quand la porte s'ouvrit et Jost entra. "Ok, les mecs, il faut qu'on se mette au boulot parce que—" Sa mâchoire se décrocha. "Tu disais que tu allais juste changer de coiffure!"

"C'est ce que j'ai fait," dit Bill en tirant un peu timidement sur ses cheveux.

"Mais c'est... long," dit David.

"C'est super," dit Tom. Il fixait sa guitare. "Bill est assez grand pour prendre ses propres décisions."

Bill leva un visage littéralement rayonnant vers David. "J'ai seize ans. Et puis, j'atténuerai le maquillage."

David prit une grande inspiration. "Bien parce que j'imagine pas ce que dirait la presse. Ils font déjà toute une histoire de tes ongles noirs et de l'eyeliner."

"Ils peuvent se la foutre où je pense," dit Bill en se grattant le cou. Sa nouvelle coiffure n'était pas longue, mais il n'était pas habitué à avoir quoi que ce soit dans le cou.

"Fais attention à ton langage, tu es une lady maintenant," dit Gustav en souriant.

Bill se renfrogna. "Au boulot."

Les répétitions durèrent une heure et demie jusqu'à ce que les garçons soient trop fatigués pour continuer. Ils laissèrent leurs instruments dans le studio et montèrent à l'étage, sauf Georg et Bill. Georg traînait, trifouillant son ampli, et Bill se regardait encore dans une vitre teintée.

"Je suis désolé, tu sais," dit finalement Georg, d'un ton un peu mal à l'aise. Bill se tourna vers lui et fronça les sourcils.

"Quoi?"

"C'est nul de ne pas m'être excusé aux Maldives, mais on t'a à peine vu après... tu sais. Tom et moi on a déjà recollé les morceaux."

Bill croisa les bras et haussa les épaules. "Tu étais bourré."

"J'étais un connard," dit Georg. "J'étais complètement à côté de la plaque. Tu ne méritais pas d'être traité de... Ouais."

"Tu t'excuses seulement parce que tu trouves que je suis mignon maintenant" répondit Bill

Georg rit. "Gustav a dit que tu étais mignon, pas moi."

"Oh, ouais," murmura Bill. "Bon, c'est pas grave. C'était une soirée de merde."

"Je ne me rappelle pas grand-chose, mais je me rappelle que tu étais furax que Tom ait couché avec ces filles. Qu'est-ce qu'il y avait?"

Bill réfléchit vite. "Oh, je connaissais une de ces filles. Elle a dit que j'étais, tu sais, PD."

Georg lâcha un souffle. "Mec, je suis vraiment désolé, alors."

Bill émit un rire forcé. "Ne t'inquiète pas de ça. Je monte, ok?"

Bill sortit de la pièce. Il avait tellement eu l'esprit sur son frère qu'il ne s'était même pas rappelé l'affaire Georg.

Il n'en avait même plus rien à faire.

Il s'aperçut du coin de l'½il dans une fenêtre et sourit. 'Ce serait mieux de ne pas devenir un complet narcissique avec tout ça,' se dit-il.

Mais bordel, il était beau.


**


Tom tomba sur Bill à l'extérieur de la fête. "Hey," dit Tom. Bill prit une gorgée de son verre et hocha la tête. "J'ai vu ton... photo shoot dans Bravo. Quand est ce que tu as fait ça?" Bill voyait que Tom était bourré. Ils étaient à cette fête professionnelle depuis des heures et les boissons étaient gratuites et à volonté. Bill ne se sentait pas aussi sobre que ça lui-même.

"Vous autres aviez une journée seulement instrumentale," dit Bill. Il s'appuya contre le bâtiment, observant les gens entrer et sortir. "Qu'est-ce que tu fais dehors?"

"Pause clope," dit Tom. Il leva la cigarette allumée vers Bill.

"Non, je suis sorti pour prendre un peu l'air," dit Bill. Bill devait être un peu plus ivre pour commencer à tirer sur une cigarette.

"Je vois que tu n'as pas du tout atténué ton look," dit Tom. Il avait un petit sourire au visage. "David doit en bouffer sa cravate."

"Tout le monde a eu l'air d'aimer jusque là."

"C'est quelque chose," dit Tom en prenant une longue bouffée de sa cigarette. "Bientôt la tournée."

"Encore une semaine," répondit doucement Bill. Il remarqua que Tom se rapprochait de lui. Bill prit la cigarette des mains de Tom, mais il n'en fit rien. Leurs yeux se rencontrèrent. "Ça va être bizarre de retrouver la vie du tourbus."

"Les couchettes," dit Tom en hochant la tête. "Je me souviens des couchettes."

"Je me souviens de la tienne," marmonna Bill. Ils partagèrent le plus infime des sourires et Bill baissa le regard.

"Ça sera cool de retrouver un peu d'intimité. Je sais que le tourbus est petit, mais l'appartement..."

"Je vois ce que tu veux dire." Bill leva la cigarette à ses lèvres et inhala. Il souffla la fumée vers le sol et rendis la cigarette à Tom, leurs mains se frôlèrent.

"Tu veux faire quelque chose ce soir?" demanda Tom. "Après cette fête débile. Regarder un film ou autre chose. Je sais pas."

"Bien sûr," dit Bill. Son ventre ne se tordit pas vraiment, mais il avait chaud. "Mais je choisis le film."

"Peut-être qu'on ne regardera pas vraiment le film."

Tom posa sa main sur le poignet de Bill, le bout de ses doigts chatouillant la peau.

"Tu veux partir maintenant?" demanda Tom.

La tête de Bill bourdonnait à cause du champagne et quand Tom se pencha vers lui, attrapant fermement ses mains, il prit sa décision. "Ouais," dit Bill "Putain, on est là depuis une éternité."

Tom prit une longue bouffée de sa cigarette puis la laissa tomber entre eux. La fumée monta au visage de Bill et il pouvait la sentir. Tom regarda intensément derrière Bill, la tête partant à gauche et à droite, puis il se pencha en avant et vola le plus doux des baisers à Bill. Bill trembla de tout son corps. L'alcool, l'odeur de Tom et la cigarette faisaient bouillonner ses entrailles.

"Tom," dit Bill, ses yeux se fermant.

"Viens, Bill," dit Tom. Il commença à tirer Bill vers la ligne de taxi à côté du bâtiment. Bill résista et il ne savait pas vraiment pourquoi. C'était bon d'être en compagnie de Tom. Il avait chaud malgré le froid du vent.

Bill laissa Tom le tirer cinq pas de plus. Cela frappa Bill d'un coup. "Merde," dit-il, et il retira sa main de celle de Tom. "Merde."

"Quoi?" demanda Tom.

"Je ne rentre pas avec toi," dit-il. Il se frotta le front et soudain il sentit le froid glacial sur ses joues. Tout son corps était gelé.

"Mais, pourquoi—"

Bill secoua sa main vers Tom. "Je ne suis pas si facile," dit-il. Il tourna les talons et retourna dans le bâtiment. Il avait besoin de mettre une distance de sécurité avec Tom. Il avait besoin d'être avec d'autres gens pour ne pas rentrer à l'appartement avec son frère et se faire baiser.

Et bordel, il voulait se faire baiser. Il avait une érection rien que d'y penser. Il avait envie de céder, de laisser Tom l'utiliser et chasser la tension entre ses cuisses avec une bonne partie de jambes en l'air. Mais il savait que ça ne ferait rien pour soigner la douleur dans son c½ur. Il trouva Georg et se jeta sur lui.

"Hey!" dit Georg, les yeux dans le flou. "Quoi de neuf?"

"Rien," dit Bill. "Il me faut un verre."

"Cool," dit Georg. Il but la dernière gorgée de son verre et entraîna Bill vers le bar.

"Commande pour moi, quelque chose de fort," dit Bill à Georg. "J'ai froid."

Georg hocha la tête et la minute suivante, Bill passait un bon moment avec Georg et Gustav. Bill avait vraiment chaud et commençait à oublier pourquoi il avait commencé à boire au départ. Ils restèrent jusqu'à la fin de la fête et rentrèrent à l'appartement en taxi à deux heures du matin.

"Laissez nous là," dit Georg au conducteur en lui lançant de l'argent. Le chauffeur grogna et se gara sur le côté de la route, à environ cinquante mètres de l'appartement. Bill plissa les yeux et émit un son plaintif. Il en avait marre de marcher.

"Après toi," dit Georg en faisant un geste vers la porte. Bill sortit et descendit sur le trottoir. Il frissonna, enroulant ses bras autour de son corps fin.

"Bordel, il fait sacrément froid!" cria Bill. Il trébucha un peu et reprit son équilibre. Georg rit.

"J'arrive pas à croire que Gustav soit parti avec cette fille," ricana-t-il. "Elle avait probablement trente ans."

"On aurait dû lui demander sa carte d'identité," dit Bill. Il sauta sur un petit muret et commença à se balancer maladroitement dessus. "Au moins quelqu'un va coucher ce soir."

"Je sais pas. Je ne serais pas surpris s'ils allaient chez elle et jouaient à un super jeu de... merde... cartes." Georg fouilla dans ses poches pour trouver ses clés. "Ça m'étonne que tu n'ais pas eu plus de propositions."

"Quoi?" Bill tangua et sauta du muret. "Qu'est-ce que tu veux dire?"

"Je veux dire... Regarde toi," répondit Georg. "Tu es..."

"Quoi?"

Georg cogna son épaule dans celle de Bill. "Si tu étais une fille je—"

Bill fronça les sourcils. "Tu quoi?" Il n'était pas assez bourré pour laisser Georg s'en tirer avec ce genre de discours.

"Je t'embrasserais," dis Georg. Bill émit un bruit et Georg attrapa ses bras, le tirant près de lui.

"Hum, Georg," marmonna Bill. Georg le regarda avec les yeux troubles.

"Tu portes du gloss," dit Georg. Il avança son visage et essaya d'embrasser Bill. Heureusement, il était trop bourré et Bill pas assez. Georg manqua son coup et Bill esquiva.

"Qu'est-ce que tu fous?" demanda Bill, incapable d'arrêter de rire. Il regarda Georg. "Georg, est-ce que tu viens d'essayer de m'embrasser?"

Georg rougit et trébucha vers l'avant. "Peut-être mais je suis parti sur le côté et j'ai raté."

"Ne le prends pas trop mal," dit Bill. "T'es un mec super, tu n'es juste... pas mon genre." Ils rirent tous les deux et Georg jeta un bras autour des épaules de Bill. "Ne prends pas trop tes aises," l'avertit Bill.

"C'est un bras amical," dit Georg. "Une montée virile des escaliers."

Bill hoquetait de rire. "T'as essayé de m'embrasser. Je ferais mieux de m'en souvenir demain matin, je vais le dire à tout le monde. Enfin, tout le monde sauf Tom."

"Pourquoi pas Tom?" Georg ouvrit la porte de l'appartement et commença la difficile montée des escalier grinçants. Bill traînait derrière, agrippant la rambarde.

"Il me tuerait." Bill y réfléchit à deux fois. "Non, il te tuerait, toi."

"Il me foutrait encore son poing dans la gueule, hein?" dit Georg. Il se retourna et regarda Bill. "Non, c'est plus grave que ça, pas vrai?"

Bill haussa lentement les épaules. "Oublie tout ce que j'ai dit."

"Je vais sûrement oublier," répondit Georg. "Il est très protecteur envers toi."

"Vraiment?" Bill était secrètement ravi que ça ne soit pas tout dans sa tête. Peut-être qu'il comptait vraiment plus pour Tom qu'il ne le pensait. "Comment, par exemple?"

Georg pointa son visage. "Le bleu est presque parti, Dieu merci."

Bill grimaça. "Quoi d'autre?"

"C'est juste qu'il... te surveille, je sais pas. Je me gèle les couilles, on peut monter?" Georg n'attendit pas de réponse, se tourna et commença à monter les escaliers.

"Ouais," dit Bill. Il se sentait déssouler. Quelques minutes auparavant il riait et passait un bon moment mais depuis le retour à l'appartement, plus rien ne semblait drôle.

En montant les escaliers, il se demanda s'il aurait dû aller avec Tom plus tôt. Il en avait eu envie. Si Georg n'avait pas été là, Bill aurait profité du fait que Tom et lui soient seuls, et il l'aurait rejoint au lit. Une partie de Bill était soulagée que ça ne puisse pas arriver.

Une autre partie de lui n'en avait presque rien à faire que Georg soit là.

Bill avait envie de Tom et chaque pas vers l'étage le fatiguait un peu plus. Il se débarrassa de ses chaussures en arrivant en haut et commença à tirer son T-shirt par-dessus sa tête. Georg était dans la salle de bain, et Bill décida de faire l'impasse sur le démaquillage. Tout ce qu'il voulait, c'était s'allonger.

Quand il entra dans la chambre avec les quatre lits défaits, il vit que Tom était déjà là, endormi.

Endormi dans le lit de Bill.

Bill fronça les sourcils et ralentit ses mouvements. Est-ce que Tom voulait que Bill le rejoigne ou bien avait-il été trop bourré pour trouver son propre lit? Bill décida de ne pas en faire toute une histoire. Il ne voulait pas refaire cette erreur, pas avec Tom. Il retira son pantalon en silence et il s'étala au sol à ses pieds. Juste en boxer, il s'avança furtivement dans la pièce, s'arrêtant près des lits.

"Tom," chuchota Bill doucement. Il ne voulait pas le réveiller. Aucune raison. Au lieu de ça, Bill se pencha, plaça un doux baiser sur l'épaule de Tom et grimpa dans le lit vide de Tom pour dormir.


***


Oui, je sais, les choses se corsent entre Bill et Tom...
Mais c'est tout l'intérêt de l'histoire...
( Le chapitre 2 de Rêve Américain est posté sur mon blog *
Allez aussi voir la fic de Fallen, les chapitres devraient tous être postés aujourd'hui *
)


Pix : Betsy
image arrangée à ma sauce pour aller avec la fic ^^


# Posté le mardi 26 février 2008 05:38

Catharsis - chapitre 5

Catharsis - chapitre 5

Bonsoir!!!

Et voilà le chapitre 5
Il est assez spécial celui-là...
Enfin, vous verrez bien! ^^

Enjoy!


***



Bill tint la dernière note, sa poitrine le brûlant alors qu'il forçait pour la sortir, et la foule hurla son approbation. C'était ça. C'était la décharge suprême d'adrénaline. Jouer pour une foule de plusieurs milliers de personnes, se tenir sous les feux des projecteurs, et simplement se laisser aller.

Ils étaient à nouveau en tournée, et même s'il y avait des tensions dans le groupe, ils s'éclataient comme des dingues. Bill écarta vivement le micro de sa bouche et se pencha en avant pour saluer le public. Ils s'amassèrent vers l'avant, voulant l'étreindre, et il pouvait sentir leur énergie.

C'était bête, mais les fans hurlantes tenaient une place plus importante dans son c½ur qu'elles ne l'auraient cru. Il les aimait toutes. Comment ne le pourrait-il pas? C'était grâce à elles qu'il vivait son rêve, qu'il faisait ce qu'il avait toujours voulu faire. Il avait une dette envers elles.

Il courut le long du bord de la scène, touchant des mains et acceptant des fleurs et des cartes. Avant de sortir de scène, il lança un regard en arrière et vit Tom remonter son pantalon en saluant les fans. Bill sourit et alla en coulisse.

"Super concert," dit David en tendant un Coca à Bill qui lui sourit avec reconnaissance et le vida d'un trait. Des cheveux lui collaient au front dans le cou. "Les filles ont l'air d'adorer ton nouveau look."

"Je savais qu'elles l'adoreraient," dit Bill.

"Et bien, rends les heureuses et je suis heureux," dit David. Il tendit un marqueur à Bill. "Loges, groupies, signe leurs nichons, ou n'importe quoi."

Bill rit et décapuchonna son marqueur. Il était toujours dans l'énergie du concert et prêt à signer "n'importe quoi". Tom passa rapidement à côté de lui et heurta son coude. Bill poussa un cri et grimaça, Tom lança un regard en arrière.

"Aïe!" dit Bill ostensiblement en se massant le coude.

"Tu t'en remettras," répondit Tom en souriant. Bill tira la langue à Tom et Tom leva les yeux au ciel.

Ils passèrent quarante-cinq minutes à signer des autographes et à saluer les fans, puis ils furent reconduits à leur hôtel. Ils se retrouvèrent dans la chambre de Bill et Tom.

"On sort tous ce soir?" dit Georg. "Putain, je tiens pas en place. J'ai besoin de sexe."

"Moi aussi," dit Tom. Le ventre de Bill se tordit de douleur et il déglutit.

"Je viens," annonça Bill.

"Mais je crois que je vais rester là. Je pense que je couve quelque chose." Tom croisa les bras et s'appuya contre l'armoire. "J'irai une autre fois."

"Awww, mec, vraiment?" dit Gustav.

Bill lança un coup d'oeil à Tom qui le lui renvoya. 'Qu'est-ce que tu fais?' pensa Bill les sourcils froncés. 'Tu veux que je reste?'

"On se retrouve ici dans vingt minutes," dit Georg à Bill et Gustav.

"En fait, je sais pas," dit Bill en baillant. "On commence tôt demain. Peut-être que je vais rester et finir des devoirs pour l'école."

"Ugh," grognèrent Georg et Gustav en même temps. Ils rirent. "Ok," ajouta Georg. "Les mecs, on se voit plus tard. Remets toi, Tom, tu peux pas tomber malade."

"Va te faire foutre et amusez-vous bien," répondit Tom en souriant.

Les deux quittèrent la chambre et Bill s'assit sur son lit.

"Tu te sens malade?" demanda Bill.

Tom ne dit rien, s'avança simplement près de Bill et s'assit aussi.

"Tom?" Les doigts de Bill le démangeaient, il voulait soit attirer Tom plus près ou bien le repousser.

"J'ai réfléchi," dit Tom lentement. "A propos des Maldives."

"Ouais?"

Tom s'approcha encore jusqu'à ce que leurs cuisses se touchent. "Je n'ai pas été avec une fille depuis qu'on est revenus," dit-il. "Tu... tu me manques."

"Je suis juste là, je suis toujours juste là," dit Bill en s'écartant un peu.

"Ça me manque d'être en toi," dit Tom. Les mots choquèrent Bill, bien qu'il les ait déjà entendu avant.

"On a parlé de tout ça." Bill repoussa les mains de Tom.

"Tu as le contrôle," dit Tom. "Je ferai tout ce que tu diras, mais s'il te plait, essaye de me donner une chance."

Bill leva un sourcil sceptique. "J'ai le contrôle?"

"Oui," dit Tom.

"Bien," murmura Bill. "Alors je veux regarder la télé."

Alors que Bill tendait la main vers la télécommande, Tom mit sa main sur la sienne. Bill se figea et le regarda. Le visage de Tom était près, trop près. Cela rendait presque Bill mal à l'aise.

"Tu le veux vraiment?" demanda Tom en penchant la tête sur le côté.

Bill se mordit la lèvre. "Je ne veux pas faire d'erreur."

"Quelle erreur?"

"Toi." Bill retira sa main de Tom et se leva. "Tu ne peux pas juste me siffler quand t'en a envie. Et je ne crois pas que t'ais pas été avec une fille depuis. Je sais que tu es sorti."

"C'est vrai," dit Tom en fronçant les sourcils.

"Tu sais que c'est dur pour moi de te dire non," dit Bill, désemparé. "Ne me pousse pas."

"Je n'essaye pas de te pousser," dit Tom. "On fera ce que tu voudras." Tom regarda la télévision et attrapa la télécommande. "Il était sur le point de l'allumer quand Bill lui toucha la main.

"Arrête." Il ne voulait pas vraiment regarder la télévision. Maintenant qu'ils parlaient, il voulait continuer. "On a besoin de régler certaines choses."

"Je ne sais pas quoi dire," dit Tom.

Bill soupira et grimpa sur le lit, s'asseyant sur ses jambes. Tom se tourna pour lui faire face et leva une main vers le visage de Bill. Il fit courir un doigt calleux sur la joue de Bill et toucha ses paupières. Bill fixait Tom, sans cligner des yeux, sans bouger.

"Tu n'as pas été avec une fille," dit Bill la voix tremblante. Tom hocha la tête et entoura le visage de Bill d'une main.

"Promis," dit Tom. Il s'avança, peut-être pour un baiser et Bill tourna la tête. "Bill..."

"Est-ce que tu seras avec une fille demain? La semaine prochaine? Le mois prochain?" demanda Bill

Tom ferma les yeux et se frotta le front. "Je sais pas."

"Alors je peux pas faire ça," dit Bill. "Comment est ce que les choses changeraient?"

Cette fois, Tom se leva. Il enleva sa casquette et regarda Bill. "Je suis un idiot."

"Au moins tu l'admets," dit Bill.

"Je sais que je suis un idiot. Je sais que je vais me bourrer la gueule et tout foutre en l'air. Je ne vais pas te mentir," dit Tom. Il faisait les cent pas au pied du lit. "J'essaye d'être honnête avec toi."

"Moi aussi," dit Bill. Il détestait ce que disait Tom et il savait que c'était la vérité, et ça lui donnait envie de vomir. Tom n'allait pas arrêter ce qu'il faisait, il n'allait pas changer.

"On a des idées très différentes sur le sexe," dit Tom. "Quand je baise une fille... je ne fait que la baiser. Ça ne veut rien dire. Mais quand je suis avec toi..." Il regarda Bill, les yeux humides. "Putain, Bill, je veux pas que ça soit comme ça."

Si Tom commençait à pleurer, Bill savait qu'il perdrait la bataille. Son c½ur brûlait déjà pour son frère, même si ses poings se serraient de rage. "Si ça avait la moindre importance pour toi, alors tu ne coucherais pas à gauche et à droite," dit Bill, la voix ferme.

"Ce n'est pas vrai," répliqua Tom. "Tu as une idée de l'amour, mais ce n'est pas comme ça que les choses fonctionnent vraiment. J'ai seize ans, bordel de merde, je ne suis pas prêt pour décider de ce que je veux pour toujours."

"Tu crois que je suis naïf," dit Bill. "Je ne le suis pas. Je t'aime et c'est comme ça. Ok? Je suppose que c'est moi l'idiot."

Tom se frotta le front avec lassitude. "Je ne veux pas me disputer avec toi."

"Moi oui," répondit Bill. "Je veux provoquer une putain de réaction de ta part, de n'importe quelle sorte. Tu ne me donnes rien. J'en ai marre de deviner et d'attendre, et au final d'être déçu. C'est à propos de ce que je veux, pas vrai?"

"Oui," dit Tom en hochant la tête. "Mais c'est injuste."

"Ne me parle pas d'injustice." Bill relâcha ses épaules et les laissa tomber. En fait il ne voulait pas se disputer avec son frère. Il avait voulu parler. "Tomi..."

"Je sais pas, Bill," dit Tom doucement. "Je ne peux te donner qu'un certain nombre de choses avant que tu me demandes d'être quelqu'un d'autre. Je ne te demanderais pas de changer pour moi."

"Rien de ce que je fais ne t'affecte."

"Tout ce que tu fais m'affecte," dit Tom. "Bordel, sur scène, quand on traîne, n'importe où. Même quand je... tu sais, avec d'autres personnes. Tu es toujours là. Je suis en toi tout le temps."

Bill eut un mouvement de recul et baissa le regard. Il avait tellement envie de croire son frère. Tom essaya encore de toucher l'épaule de Bill, et Bill laissa sa main se poser là. Quand Bill leva les yeux, Tom caressa le côté de son visage, et frotta gentiment son pouce contre sa joue.

"Tu n'as aucune idée de combien je veux juste te laisser faire," dit Bill doucement.

Tom fit traîner son doigt jusqu'aux lèvres de Bill qui pressa un petit baiser contre celui-ci. "Laisse moi faire," dit Tom. Tom s'assit près de Bill et lui toucha les bras, les épaules, le cou. "J'ai envie de toi."

Bill se sentait mal, et peiné, et mieux qu'il ne l'avait été depuis des semaines. Il se pencha dans les bras de Tom et colla sa joue contre la bouche de son frère. Tom laissa sa langue glisser contre la peau de Bill et Bill poussa un soupir tremblotant. Il se sentait si fatigué, si vulnérable.

Peut-être qu'il se détesterait le lendemain matin, mais il avait besoin de Tom. "Je te dis oui," répondit Bill en tournant son visage. Leurs lèvres se connectèrent un moment jusqu'à ce que Tom se recule et descende ses lèvres dans le cou de Bill.

"Laisse moi me racheter," chuchota Tom.

Les entrailles de Bill se transformaient en compote. Il voulait laisser Tom le posséder, même si c'était la pire des choses possibles pour lui. A ce moment là, il n'en avait rien à faire. Il n'en avait foutrement rien à faire si Tom l'utilisait ou s'il prenait une mauvaise décision.

Il se pencha vers Tom. "Je ne pense pas que tu puisse te racheter," dit-il.

"Je peux essayer."

Bill ferma les yeux et sentit le corps de Tom sur le sien. "Essaye," dit Bill.

Tom embrassa doucement le cou de Bill, et cela envoya des frissons dans tout son corps. Bill tendit une main vers la tête de Tom et guida son visage le long de sa clavicule, soupirant alors que les longs cils de Tom frôlaient sa peau. Bill se tourna, embrassa la tête de Tom et inhala. L'odeur de Tom lui avait tellement manqué, et de la respirer chaque nuit aussi.

"Allonge toi," murmura Tom en glissant une main le long du torse de Bill vers le bord de son T-shirt. Il passa ses doigts le long du ventre dénudé et Bill trembla légèrement. Il laissa Tom le pousser gentiment jusqu'à ce que son dos soit bien à plat sur le matelas.

Bill leva le regard vers Tom et ouvrit les lèvres en respirant fort et en tremblant. C'était un moment qu'il désirait depuis longtemps. Tom le fixait, le regardait vraiment. Bill se sentait nerveux. Avant ce n'était que des contacts dans l'obscurité. A présent, ils pouvaient se voir très clairement, et Bill avait l'impression que Tom le voyait pour la première fois.

"Qu'est-ce que tu regardes?" Bill cligna des yeux.

Tom se mordit la lèvre inférieure et leva le coin de sa bouche en un demi-sourire. "Toi."

"Tu aimes ce que tu vois?" demanda Bill timidement.

"Tu es..." Tom rougit vraiment, baissant la tête.

"Oui?" Bill regardait Tom à travers ses longs cils. "Quoi?"

"J'aime ton nouveau look," marmonna Tom. Il rampa sur Bill et l'embrassa directement sur la bouche. Bill gémit et enroula ses bras et ses jambes autour de son frère. "Putain je l'aime vraiment." Tom mordilla le cou le Bill. "En fait, il me rend dingue."

Bill se cambra contre lui. "Comment?"

Tom rit et suça le cou de Bill. "Tu sais."

"Non." Bill laissa retomber ses jambes, les écartant pour que Tom s'installe entre elles. Tom le fit immédiatement, écrasant leurs bas-ventres l'un contre l'autre.

"Je n'ai même pas regardé une fille," dit Tom.

"Menteur." Bill releva ses hanches et pensa à combien il voulait que leurs peaux nues glissent l'une contre l'autre. Il émit un son plaintif et attrapa l'arrière du pantalon de Tom. "Tu n'es qu'un gros menteur."

Tom grogna et s'assit, passant son T-shirt par-dessus sa tête et le jetant au sol. Bill haleta et se sentit rougir. Tom tendit la main vers le bas et remonta le T-shirt de Bill de son ventre jusqu'à son torse. Il amena sa bouche sur la peau de Bill et lécha une ligne invisible le long de son torse.

"Enlève le," murmura Bill, trop à bout de souffle pour vraiment parler. "Enlève tout."

"Shh," dit Tom en souriant. "Et je ne suis pas un menteur."

Bill leva ses bras au-dessus de sa tête alors que Tom lui retirait son T-shirt. "Si tu l'es. Tu es un menteur jusqu'à ce que tu me dises comment je te rends dingue."

Tom fit une pause. "Ok, alors je suis un menteur."

"Tomi!" Bill tira Tom de nouveau sur lui et colla leurs corps chauds ensembles. L'absence de T-shirt le faisait se sentir plus proche, Mais il crevait toujours d'envie d'en avoir plus. "Comment?"

Tom tira sur la ceinture à clous de Bill. "Tu es plus..."

La ceinture tomba et fut jetée sur le sol avec leurs T-shirts. Bill remua jusqu'à ce que son pantalon glisse sur ses hanches. "Plus?"

Tom glissa ses doigts sous le jean et le boxer de Bill, empoignant ses fesses. "Plaisant à regarder."

"Hey," dit Bill en plissant les yeux. Il cria quand Tom serra plus fort. "Es-tu en train de dire que j'étais moche avant?"

Tom sourit et retira le pantalon et le boxer de Bill. "Non, tu étais bien. C'est juste que..." Tom fit courir ses mains le long des jambes nues de Bill jusqu'à ses hanches. "J'ai envie de t'arracher tes fringues à chaque fois que je te vois maintenant."

Bill gémit puis couina quand Tom enroula une main autour de son pénis. "Oh, putain, Tom."

"Et ça me rend dingue," dit Tom. "Surtout quand tu refuses même que je te touche. Je voulait tirer dessus." Sa main libre monta dans les cheveux de Bill et tira.

"Umph," grogna Bill.

"Mais ce n'est pas entièrement différent d'avant," dit Tom en tirant encore. "Pas les cheveux, mais vouloir t'arracher les fringues." Il lâcha les cheveux de Bill et serra son sexe plus fort.

Bill roula ses hanches vers le haut et laissa échapper un souffle tremblant. "Encore, Tom."

Tom caressa le sexe de Bill deux fois de plus, faisant des cercles avec son pouce sur le gland et tordant sa main. Bill poussa un fort gémissement. "Ma main t'a manqué?"

Bill hocha la tête, les yeux grand ouverts en fixant Tom. "Tomi."

"Ne m'appelle pas comme ça," dit Tom en enserrant étroitement le pénis de Bill. Bill remonta ses genoux et ouvrit la bouche en un gémissement silencieux. Tout était si bon et intense. Ça faisait trop longtemps depuis la dernière fois qu'il avait eu ça.

Bill agrippa le pantalon de Tom et essaya de le baisser, grognant sous l'effort. Tom regarda son visage et rit un peu jusqu'à ce qu'il mette sa main sur celle de Bill et l'aide à descendre son jean. Bill soupira quand la peau chaude de Tom s'appuya contre la sienne. Toute hésitation qu'il ait pu avoir à être avec Tom disparut de son esprit. Instantanément, il se rappela à quel point il adorait ça.

"Viens en moi," chuchota Bill en écartant les jambes et en collant son sexe contre celui de Tom. "Je veux que tu rentres entièrement à l'intérieur."

"Oui?" Tom suça la peau du cou de Bill puis leva la tête pour regarder son frère. "Vraiment?"

"Ça fait si longtemps, s'il te plait," dit Bill avec une pointe de supplication dans la voix. Il sourit à Tom. "Ça sera si bon."

"Ça fait longtemps," répondit Tom en abaissant ses hanches et en pressant brutalement leurs sexes ensemble. "Ça pourrait faire mal."

"Je m'en fiche." Bill attira le visage de Tom vers le sien et colla ses lèvres à son menton. "Juste... Mets la à l'intérieur de moi."

"Putain, tu m'as rendu si dur que," gémit Tom. "je peux pas te dire non."

"Alors ne le dis pas," dit Bill. Tom pencha la tête et leurs lèvres entrèrent en contact, s'ouvrant immédiatement pour laisser les langues jouer. Tom maintint la tête de Bill et l'embrassa profondément, enfonçant ses hanches contre lui avec des mouvements circulaires.

"Oh mon Dieu," siffla Tom. Bill pouvait sentir sur sa peau l'humidité provenant de Tom.

"Tu n'as vraiment couché avec personne depuis," dit Bill, le croyant complètement tout d'un coup.

"Je te l'ai dit," dit Tom. Il s'écarta d'un coup de Bill et secoua la tête. "Ne bouge pas."

Bill regarda Tom sauter du lit et commencer à fouiller dans sa valise. "Qu'est-ce que tu fais?" Bill le savait, mais il voulait que Tom le dise.

"Je prends le lubrifiant," dit Tom. Il sortit un tube inconnu et le tendit en l'air. "J'ai remplacé la lotion par quelque chose de mieux."

"Viens par là," dit Bill. Il écarta les jambes et enroula une main autour de son sexe. "Et utilise ça sur moi."

Tom déglutit. "Juste une seconde." Il refouilla dans sa valise et à présent, Bill ne savait pas ce qu'il faisait. Quand Tom revint vers le lit, il avait quelque chose dans la main.

"Quoi?" demanda Bill.

Tom posa le lubrifiant et ouvrit la main.

"Tu te fous de moi?" Bill s'assit, se sentant soudain mal. Il regarda le paquet d'aluminium dans la main de Tom et fronça les sourcils.

"Ne t'énerve pas, Je suis juste prudent," dit Tom. Il s'approcha de Bill et Bill recula. "Qu'est-ce qui va pas?"

"Tu veux utiliser un préservatif?" Bill ne pouvait pas le croire. "On n'en a jamais utilisé avant."

"On n'en avait pas besoin avant," dit Tom doucement.

"Tu as couché avec Rebekkah et tu n'en a pas utilisé avec moi après," répliqua Bill, la voix dure.

"J'étais qu'un gamin stupide," dit Tom. "Je ne veux pas te faire de mal."

Bill savait que c'était logique, que Tom était raisonnable. Mais le préservatif le rendait malade. Ça l'obligeait à accepter le fait que Tom avait couché ailleurs. Il ne pouvait pas faire semblant pour une nuit que les choses étaient de retour à la normale. Tom n'allait pas jouir à l'intérieur de lui, et aussi ridicule que ce fut, ça ne semblait même plus valoir le coup.

"Tom, non," dit Bill, refusant la situation avec intransigeance. Il s'assit et amena ses genoux à son torse, se couvrant. Il se sentait encore plus nu qu'il ne l'était. "Non, désolé."

Tom ouvrit la bouche, désemparé, et secoua la tête. "C'est soit ça, soit rien."

"Et qu'est devenu ce que je veux?" dit Bill d'une voix forte. Il ne pleurerait pas. Tom ne pouvait pas encore avoir ses larmes.

"Ça n'a pas d'importance," dit Tom en fronçant les sourcils. "Je ne peux plus te faire de mal."

"Et comment tu appelles ça?" dit Bill sèchement. Un sanglot monta dans sa gorge mais il toussa, voulant le chasser. "Putain ça me tue."

"Ça ou rien," répéta calmement Tom. "Aller, c'est pas si terrible."

"Parce que ce n'était pas si terrible de baiser toutes ces filles avec un de ces trucs? Bordel, Tom. N'essaye même pas de..." Bill ne finit pas sa phrase, les oreilles rouges d'émotion. "Tu sais que je ne peux pas."

"Alors moi non plus."

Bill se mordit la lèvre. Il avait toujours tellement envie de Tom et il savait au fond que c'était vraiment le seul moyen. Peut-être que Bill se fichait des conséquences de ne pas utiliser de protection, mais il savait que Tom ne l'exposerait jamais à ça. Il savait que c'était trop sérieux pour Tom.

Bill soupira et retourna le problème dans sa tête. Tom le fixait, toujours en attente d'une réponse.

"Je ne suis pas d'accord avec ça," dit finalement Bill. Il ne pouvait pas regarder Tom ou il savait qu'il allait se mettre à pleurer. "Ça ne me plait pas du tout."

"C'est juste un préservatif," dit Tom. "Tu ne le sentira même pas."

Ce n'était pas la chose à dire. "J'en ai rien à foutre, c'est pas le problème," répondit Bill sèchement.

Tom se rapprocha, malgré le ton de Bill, et lui embrassa l'épaule. "S'il te plait, je ne pourrais pas me supporter si je te faisais du mal de cette façon."

Bill se sentait vraiment horrible. Alors il regarda Tom et prit sa décision. "Juste cette fois," dit-il.

"Qu'est-ce que tu veux dire?"

"Après ça, on ne le fera plus à moins que tu sois clean et libre de façon sûre et certaine. A moins que tu n'ais pas besoin d'un de ces foutus trucs." Bill savait que ça pouvait très bien être la dernière fois. Tom soupira. 'Il le sait aussi,' pensa Bill.

"Ok," fut tout ce que dit Tom, et un étrange silence tomba sur eux. Ils avaient couché ensemble en étant fâchés, heureux, tristes ou nerveux, mais là ils se sentaient juste vides. C'était une expérience complètement différente, et Bill n'était pas du tout sûr de vouloir la vivre.

Bill regarda Tom manipuler l'emballage du préservatif et le sortir. "Tu veux le...?"

Bill secoua rapidement la tête. "Non."

Tom soupira et roula le préservatif sur son sexe, le mettant en place. Bill devait regarder ailleurs. Il laissait échapper une larme en clignant des yeux et ne voulait pas que Tom le voie. Quand il sentit de nouveau la main de Tom sur lui, il se tendit.

"Comment tu me veux?" demanda Bill d'un ton monotone.

"Sur le dos, ok?" Tom serra l'épaule de Bill. "Je veux te voir."

Bill ne voulait même pas regarder Tom, mais il accepta. "D'accord, si c'est ce qui est le plus facile." Il se mit sur le dos et écarta les jambes. Tom s'assit entre elles et ouvrit le tube de lubrifiant. Bill ne put s'empêcher de regarder Tom alors qu'il étalait la substance sur son sexe.

Bill était toujours dur, en dépit de ce qu'il ressentait, et son ventre était tiraillé par le désir. Son c½ur ne le voulait pas, mais son corps si. 'Une dernière fois, au moins,' pensa Bill amèrement.

Tom pressa un doigt en lui et il étouffa un sanglot. Il était tendu et ça faisait mal. "Calme toi," dit Tom en entrant son doigt plus profondément. "Tu dois te calmer."

"J'essaye." Bill serra les dents et lâche un souffle. Le doigt de Tom glissa profondément à l'intérieur et se plia. "Putain!" Tom ajouta rapidement un autre doigt, frottant contre la prostate de Bill jusqu'à ce qu'il soit détendu et humide. Le plaisir aveuglait Bill presque jusqu'au point ne plus rien avoir à faire de ce qui c'était passé plus tôt.

"Maintenant," dit Bill doucement. Il regarda le visage de Tom et leurs yeux se rencontrèrent. Bill se sentait plus triste qu'autre chose. Son c½ur était brisé et exposé au regard de Tom. Il était dur de croire qu'ils avaient ri et s'étaient taquinés quelques instants auparavant.

Tom retira ses doigts sans quitter Bill des yeux et plaça son sexe à son entrée. Bill essaya de détendre le noeud entremêlé à l'intérieur de lui pour laisser Tom le pénétrer. Son sexe était si gonflé, il avait besoin de cette délivrance, et Tom était si dur contre ses fesses. Malgré sa douleur, il voulait toujours que Tom prenne beaucoup de plaisir.

Bill sentit Tom s'enfoncer en lui, juste un peu. 'Pas si mal,' pensa Bill en gardant les yeux sur le visage de Tom. Il ferma les yeux et essaya d'imaginer qu'ils étaient chez eux. Ils avaient treize ans, chez eux, et c'était la première fois. Aucun d'eux ne savait ce qu'il faisait, mais ça n'avait pas d'importance car ils étaient la première fois l'un de l'autre. Ils étaient sur un pied d'égalité.

Il sentit les mains de Tom serrer ses genoux. Bill ouvrit les yeux et soudain, Tom était près de son visage. Il allait l'embrasser. Bill tourna la tête et la bouche de Tom s'appuya contre son oreille. "Bill," marmonna Tom.

"Pas ce soir," répondit Bill sans méchanceté. Cependant, il était ferme.

"Bien," dit Tom. Il s'écarta du corps de Bill et s'accroupit entre ses jambes. Avec un grognement, il pénétra entièrement à l'intérieur et Bill cria presque.

Ça faisait mal et c'était si bon que Bill ne savait pas quoi ressentir.

"Si tu ne me laisses plus jamais le faire," dit Tom en s'enfonçant puissamment en Bill, "alors tu devrais au moins me laisser t'embrasser."

Bill ne pouvait empêcher ses hanches de rouler contre les à-coups de Tom. "Ce n'est pas moi qui décide si on le refera," dit Bill entre deux souffles. Tom donna un coup de rein vers le haut. "Putain!" Le sexe de Tom frottait contre sa prostate encore et encore, et c'était presque trop.

"Si c'est toi," dit Tom. "Putain c'est toi. Tu me rend complètement dingue, Bill." La voix de Tom était tremblante, cassée. Il prit Bill plus fort. Bill jura et tint les bras de Tom qui étaient à présent près de ses épaules.

Ils se rapprochaient l'un de l'autre, la sueur glissant entre eux.

"Rien n'est sous mon contrôle," dit Bill. Tom secoua la tête et se pencha en avant. Leurs nez se heurtèrent et Tom claqua ses hanches contre Bill. Bill gémit directement dans la bouche de Tom.

"Tu ne crois pas que tu me contrôles?" demanda Tom. Bill pointa sa langue et goûta la lèvre inférieure de Tom. "Je ne peux rien faire sans penser à toi."

"Tais toi," dit Bill. Il releva la tête et couvrit la bouche de Tom. Le baiser fut court et fort.

Quand leurs lèvres se séparèrent, Bill haleta en cherchant l'air et colla son front contre le torse de Tom. Ils bougeaient à un rythme régulier, brutal, défonçant le matelas, la tête de lit cognant contre le mur. Bill se tordait et remuait sous Tom. Ce qui avait débuté lentement et tristement s'était changé en quelque chose plein de passion. Bill cambra le dos et colla ses hanches vers le haut.

"Touche moi," commanda Bill en enfonçant ses ongles dans le dos de Tom. Tom mordit l'épaule de Bill et prit son sexe en main. Bill sentait les doigts calleux contre sa peau sensible et enflée et il gémit. C'était presque trop intense. "Putain, putain, putain. Je te sens pas, plus fort."

Tom s'enfonça avidement en Bill, ses hanches se cognant contre ses fesses encore et encore. Bill s'était ouvert pour lui et c'était comme s'ils n'avaient même pas passé un jour sans le faire. Tom écrasa ses hanches vers le bas, s'enfonçant et restant en son frère, puis Bill reconnut l'expression du visage de Tom.

"Est-ce que tu vas...?" Bill ne finit pas. Il détestait d'avoir à poser la question car à l'intérieur, il ne sentait rien. Tom expira fortement et sa tête retomba sur le torse de Bill. Tom avait joui et Bill ne pouvait même pas le sentir. "Putain..."

"Tu n'as pas encore joui, je reste à l'intérieur." Tom empoigna et serra le sexe de Bill, montant et descendant sur la longueur de façon désordonnée. Bill sentit des frissons dans ses cuisses, et il savait qu'il était proche. Cependant, il ne pouvait pas arrêter de penser qu'il n'avait pas pu sentir l'orgasme de Tom en lui

"Merde," chuchota Bill, le plaisir se concentrant dans son ventre. Tom le caressa une fois de plus et il se cambra, jouissant d'un orgasme long et fort contre le ventre de Tom.

Mais Bill n'était pas satisfait. Il repoussa Tom de sur lui et se redressa

"Où est ce que tu vas?" demanda Tom.

Bill se leva et marcha vers la salle de bain. "Me doucher." Il ne se retourna pas et n'attendit pas la réponse de Tom. Il alluma la salle de bain et s'approcha de la douche. Il ouvrit l'eau et s'avachit à côté de la baignoire, écoutant le jet rebondir sur le carrelage.

"Putain," dit Bill, des larmes se formant dans ses yeux. "Putain, putain, putain."

Puis il y eut un petit coup à la porte. Bill s'essuya les yeux.

"Je veux être seul," énonça-t-il.

"Tout va bien?" demanda Tom à travers la porte.

Bill ne répondit pas. Il n'avait pas non plus l'intention d'aller sous la douche. Au lieu de ça, il laissa des larmes silencieuses tomber sur ses joues

"Bill? Je peux entrer?"

"Je me douche," répondit Bill la voix tremblante. Il prit une profonde inspiration mais un petit sanglot se coinça dans sa gorge, et il commença à pleurer ouvertement. L'eau noyait le bruit, mais il avait le sentiment que Tom savait ce qu'il faisait.

Bill frissonna malgré la vapeur chaude qui s'enroulait autour de lui. Il s'entoura de ses bras et essaya de calmer sa respiration.

"Bill, laisse moi entrer."

"Je l'ai déjà fait," répondit Bill presque sèchement. "Va dormir, je sors plus tard."

Il n'entendit pas de réponse de la part de Tom. D'autres larmes roulèrent sur ses joues alors que ses cheveux se collèrent dans son cou et sur son front. Il détestait la situation. Il détestait que ça ait de l'importance pour lui. Ce qui empirait les choses était que Tom essayait toujours de convaincre Bill qu'il signifiait quelque chose pour lui. Mais Bill ne pouvait pas le croire. Il ne le voulait pas.

Et pire que tout, Bill en voulait encore plus


**


"Donc voilà, vous aurez tous vos propres chambres d'hôtel à partir de maintenant," dit David en regardant les garçons. Ils étaient dans le tourbus, en route pour un nouveau concert, et David les avait rassemblés au fond du bus pour une réunion. Tout le monde semblait heureux de l'annonce excepté Tom.

"Pourquoi?" demanda Tom.

"Parce que, ça devient vraiment sérieux maintenant et vous méritez quelques privilèges," dit David. "Bill a demandé."

"Juste parce que Bill veut quelque chose, tu le fais?" dit sèchement Tom.

"Whoa, calmos," dit Georg. "C'est une bonne chose."

"J'ai demandé des trucs, et vous les producteurs ne les avez jamais envisagés," dit Tom. Bill regarda son frère à travers la table. Il avait l'air énervé.

"Là c'est pour tout le monde," dit simplement Bill. Les choses ne pouvaient pas empirer entre eux. Bill n'en avait presque plus rien à faire. "Par ailleurs, je suis le leader."

"Et alors?"

"Alors j'ai ce que je veux." Pendant un moment, Bill fixa Tom d'un regard noir. Les yeux de Tom lui renvoyaient son regard intensément. L'énergie entre eux était tangible, complètement électrique.

"Vous devenez aussi plus vieux et on ne peut plus vous fourrer tous dans une seule chambre," continua David en ignorant clairement les jumeaux. "Ça fonctionnait avant, mais maintenant ce n'est plus le cas. Ça rendra tout plus simple."

"Ça me va," dit Gustav. Il sourit nerveusement, lançant un coup d'½il à Tom et Bill. "Je pense aussi que c'est une bonne chose."

Bill détourna les yeux de Tom et se leva pour aller à sa couchette. Il marchait vers l'avant du bus quand il sentit un bras attraper son coude.

"Va te faire foutre, Tom," marmonna Bill.

"Bill."

Bill se figea. Ce n'était pas Tom, c'était David. Bill se retourna et cligna des yeux. "Ouais?"

"Qu'est-ce qui se passe avec toi et Tom?" demanda David. "Vous arrêtez pas de vous sauter à la gorge depuis une semaine et Georg et Gustav ont l'air d'être sur le point de se pisser dessus à chaque fois que vous vous regardez."

Bill essaya de penser à un mensonge, et vite. Il devenait doué pour le mensonge, il était obligé. Les gens posaient des questions inappropriées et il devait répondre sans hésitation, impassiblement. Il était obligé de mentir. Par ailleurs, il ne pouvait pas dire à David la vérité. 'Ouais, hum, il ne veut pas me baiser sans capote,' ne serait pas la bonne réponse.

"C'est mon frère, alors il me rend dingue," dit Bill, se décidant pour un demi mensonge.

"Qu'est-ce qu'il fait exactement pour te rendre dingue?" David voulait des détails. Bill regarda le sol.

"Et bien... il fait trop la fête," dit Bill. "Et ça troublait mon sommeil. Maintenant qu'on va avoir des chambres séparées, ça ira mieux."

David hocha la tête. "Et?"

"Qu'est-ce que tu veux dire, et?" Bill fronça les sourcils. "Il me tape sur les nerfs, c'est tout. C'est une vraie tête de con quand il veut."

"Vous avez vécu ensemble toute votre vie."

"Le bus c'est différent," marmonna Bill. "On peut arrêter de parler de ça? Je vais me calmer. Plus de regards meurtriers, promis."

"J'espère," dit Dave avec une pointe d'avertissement parental dans la voix. Il se tourna pour retourner là où les autres garçons étaient assis.

Bill alla à sa couchette et grimpa à l'intérieur. Il ne lui était toujours pas familier, ce lit sur roues inconnu. Vivre dans le tourbus la première partie de la tournée avait été possible parce qu'il était avec Tom. Maintenant ils étaient chacun de leur côté, avec même des chambres d'hôtel séparées. Bill ne pouvait pas imaginer pire situation.

Et tout ça était son oeuvre.

'Tu ne peux pas reculer maintenant,' pensa-t-il. Il se mit en boule sur le côté en regardant le chat en peluche que Tom lui avait donné des mois plus tôt. Il le fourra sous le matelas.

Il commença à s'endormir et y était presque quand il sentit le matelas s'enfoncer et bouger.

"Ugh," grogna-t-il en essayant de s'asseoir. Tout le bus était dans le noir. Il avait du réellement s'endormir. "Quoi?" demanda-t-il d'une voix pâteuse. Il savait que Tom était dans sa couchette.

"Ce n'est pas gentil," fut tout ce que dit Tom. Il se pencha au dessus de Bill et tira sur quelque chose près du mur. Il se rassit en tenant le chat en peluche dans ses mains. "Il ne t'a rien fait."

Bill soupira. "N'essaye pas de faire ton mignon avec moi."

Tom laissa retomber le chat entre eux. "Pourquoi tu as fait ça?" demanda Tom.

"Parce que je ne peux pas dormir dans la même pièce que toi," dit Bill en sachant exactement ce que voulait dire Tom.

"C'est tellement puéril."

Bill se redressa vivement et essaya de pousser Tom hors de sa couchette. "Ça, c'est puéril," dit Bill aigrement.

Tom ne bougea pas, il se pencha juste en avant et attrapa le rebord intérieur de la couchette. Bill essaya encore de le pousser. Il commençait à s'énerver.

"Tom, va-t-en."

"Pourquoi tu as fait ça?"

Bill émit un bruit de frustration. "Pour ne pas avoir à te voir plus que nécessaire."

"Bill," dit Tom doucement. "Vraiment?"

Refusant de reculer, Bill hocha la tête. "Et maintenant le fait que tu sois là ruine un peu l'effet recherché. Tu es trop près, je peux pas respirer."

"On a été plus proches," murmura Tom. "Bien plus proches."

"Je ne peux pas respirer," répéta Bill.

Tom lâcha la couchette et commença à partir. "Va te faire foutre, Bill."

Bill attendit jusqu'à ce que Tom soit parti et attacha le rideau. Puis il trouva le petit chat et le serra contre lui alors qu'il se remettait en boule sur le côté. Il regardait droit devant sans cligner des yeux et se rappelant à peine de respirer. Il se sentait complètement insensible et inexistant.

"Connard," marmonna Bill.


***


Et voilà!
Billou qui essaye de prendre de la distance...
Et puis un lemon triste, faut le faire quand même!

Aller à bientôt!
( chapitre 3 de Rêve Américain sur mon blog * )

Pix : originale par Betsy

# Posté le vendredi 29 février 2008 17:32

Modifié le vendredi 29 février 2008 17:42

Catharsis - chapitre 6

Catharsis - chapitre 6

Chapitre 6!
Merci pour les commentaires!
C'est vraiment sympa de prendre le temps d'en laisser !

Aller, Enjoy!


***



"Putain, j'avais besoin de ça," dit Bill en souriant joyeusement à son meilleur ami. Ils étaient dans un club, verres à la main, installés dans la section VIP.

"T'avais l'air prêt à exploser," dit Andreas. Et c'était vrai. Andreas avait essayé de lui faire cracher le morceau dans le tourbus et avant le concert ce soir là, mais Bill ne voulait pas dire un mot.

Bill avala son verre cul sec et attrapa celui d'Andreas pour en faire autant.

"Hey!" rit Andreas.

"Tu dois être plus rapide que ça," dit Bill avec un grand sourire. "Bon Dieu, je suis content que tu sois là. J'ai besoin d'un autre verre."

A ce moment là, Georg et Gustav s'affalèrent sur la banquette et Bill, qui souriait et plaisantait la seconde précédente, se renfonça dans son siège et se renfrogna. Andreas observa son ami, déconcerté par ce changement d'attitude.

"Où est Tom?" demanda Bill à Georg. Georg dit quelque chose qu'Andreas ne put pas entendre par-dessus le battement sourd de la musique. Quoi qu'il ait dit, ça ne pouvait pas être bon. Bill grimaça et vola le verre de Georg, le vidant en deux longues gorgées.

"Tu fais chier!" dit Georg, enroulant un bras autour de Bill. "Tu essayes de boire plus que tout le club, poids plume?"

"Hey, on a parlé de ça," dit Bill d'une voix forte, se débarrassant du bras de Georg d'un coup d'épaule. "Je t'ai repoussé, tu te rappelles?"

"Quoi?" Gustav commença à rire.

Georg leva les yeux au ciel. "Il ne sais pas de quoi il parle."

"Je sais tout," déclara Bill.

Andreas fit signe à une charmante serveuse de venir. "Une autre tournée!" dit-il.

"Deux!" cria Bill en souriant de nouveau et en se redressant dans son siège. "Sale crétin de To... Hey, qu'est-ce que vous voulez faire ce soir?"

Andreas fit une tête bizarre. "Tu es complètement fait. On va devoir te mettre dans ton lit."

"Mon lit," insista Bill. "Le mien."

"Ouais," approuva Andreas en hochant légèrement la tête. Il comprenait les références subtiles que Bill lançait et il se demandait vraiment ce qu'avait fait Tom qui poussait Bill à boire autant.

Quoi que ce fût, Andreas était énervé. Il regarda la porte de la salle et juste quand la serveuse leur apporta leurs boissons, Tom entra. "Peut-être qu'on devrait partir d'ici," dit Andreas à Bill.

Bill leva les yeux au ciel. "Je viens d'avoir mes verres," dit-il en tenant un verre dans chaque main.

"Ouais, mais—"

"Hey," dit Tom, en s'installant à côté de Gustav. "Vous êtes là depuis combien de temps, les mecs?"

Bill posa violemment ses verres sur la table, faisant éclabousser le liquide par-dessus le bord. "Suffisamment longtemps," dit Bill. Il attrapa la main d'Andreas et essaya de grimper par-dessus Georg pour sortir de la banquette.

"Hey, hey," dit Georg en repoussant Bill. "C'est grossier. Je vous oblige à réparer votre lien." Son regard passa de Bill à Tom.

"C'est pas grave," dit Tom.

"Ouais, on a été plus qu'assez lié," ajouta Bill. "Pourquoi tu es aussi en retard?"

"Je suis pas très en retard," dit Tom.

"Je te l'ai dit, David nous a tous retenus," dit Georg. "On avait des trucs à signer mais tu es juste parti directement."

"Tu veux dire que tu avais des nichons à signer et des filles à baiser," dit Bill d'une voix empâtée en forçant son passage par-dessus Georg. "Je sais tout ça."

Gustav rit alors que Bill marchait sur Georg pour sortir de la banquette. Andreas regarda la scène en se sentant vraiment désolé pour Bill. Bill pouvait à peine tenir la tête droite. Quand est-ce que c'était arrivé?

"Bill," dit Tom. "Reste un peu."

"Non, merci," répondit Bill. Il mit une main sur sa hanche, prenant une pose à côté d'Andreas, et fit un signe de main aux garçons. "A demain tout le monde."

Alors que Bill sortait, Andreas haussa des épaules en direction des garçons. Il rencontra le regard de Tom et le soutint un moment. Tom avait regardé Bill intensément, mais maintenant, il transperçait Andreas de son regard. Andreas avait toujours été légèrement intimidé par Tom quand ils étaient jeunes, mais ce n'était plus le cas maintenant. Andreas se retourna et suivit Bill en dehors du night club.

Quand Andreas et Bill arrivèrent à l'hôtel et entrèrent dans leur chambre, Bill s'étala sur le lit et roula sur le ventre.

"C'est ma chambre," dit Bill en faisant un geste alentour. Ses yeux partirent dans le vague une seconde et sa tête tomba lourdement sur le matelas. "Juste à moi."

"A qui d'autre pourrait-elle être?" demanda Andreas en se débarrassant de ses chaussures.

Bill agrippa un oreiller et le mit sur sa tête. "A Tom," dit-il, la voix étouffée. "A chaque fois qu'on partageait une chambre, ce n'était jamais la mienne."

Andreas s'assit sur le lit à côté de celui de Bill. "Tu vas bien?"

Le corps de Bill trembla un peu sur le lit. "Ouais," dit-il.

Andreas traversa l'espace entre les lits et toucha l'épaule de Bill. "Vraiment?"

Bill roula sur le dos et jeta l'oreiller au sol en levant les yeux vers Andreas. "Non."

"Tu veux en parler?" Andreas n'était pas entièrement sûr que Bill fût en état de parler de quoi que ce soit, mais il devait demander. Il était curieux, et plus important, inquiet. "Qu'est-ce que Tom a fait?"

Bill se frotta le visage en fixant toujours Andreas. "Qu'est-ce qu'il n'a pas fait," marmonna Bill. "Il m'a tout fait, tout." Bill renifla un peu. "Mais il fallait qu'il aille baiser cette fille."

Un éclair de compréhension frappa Andreas. Tom baisait à gauche et à droite et Bill était...

"J'aime ce crétin," dit Bill d'une voix misérable. Il se mit en boule sur le côté et attrapa le genou d'Andreas. "Et tu penserais, tu penserais qu'il n'irait pas tirer son coup ailleurs. Je veux dire, je suis son seul frère et quand il me baise, je pense qu'il comprend."

Andreas ne put s'empêcher d'avoir le souffle coupé aux mots de Bill. "Bill..." dit-il, un avertissement dans la voix. "Tu es bourré."

"J'en ai rien à foutre. Tu piges, hein? Je l'ai laissé me baiser, prendre ma putain de virginité, quelque chose qui voulait vraiment dire quelque chose pour moi, peut-être, je sais pas. Peut-être que j'aurais dû attendre, parce que je peux pas la récupérer, et il ne veux même plus jouir en moi. Je ne peux pas le sentir jouir." Bill était hystérique, pleurant presque. Et il ne s'arrêtait pas de parler.

"Bill," tenta de dire Andreas.

"Il met cette putain de... capote et il jouit là-dedans, plus jamais en moi. Enfin, c'était juste une fois. Je ne le laisse pas faire, tu sais? Je veux dire, je ne le laisserai pas me baiser avec cette baudruche dégonflée sur la bite. Je n'aurais pas dû le laisser faire du tout." Bill prit une grande inspiration et regarda Andreas droit dans les yeux. "Voilà le truc, je suis amoureux de lui, bordel. Foutrement amoureux."

"Oh, mon Dieu, Bill."

"Je suis sérieux. C'est ce qui craint dans tout ce truc. Je suis tellement accro à lui depuis la première fois où on a baisé. Non même avant. Putain, je sais pas. Et c'est répugnant. C'est mon frère! Mon putain de frère, Andreas. Ça ne m'a même pas traversé l'esprit, je suis taré ou quoi?" Bill se tira les cheveux et appuya fort ses ongles dans le genou d'Andreas.

"C'est bon," dit Andreas, sans savoir quoi faire d'autre. "C'est pas ta faute, c'est bon. Calme toi."

Bill laissa échapper un sanglot silencieux et secoua la tête. "Je le laisserais me faire n'importe quoi, et je l'ai fait. Je suis si pathétique, Andreas. Je veux le récupérer et c'est vraiment ignoble, putain." Bill sanglotait ouvertement à présent. Andreas pouvait à peine décoder ce qu'il disait, mais il comprenait.

"Bill."

"Et le pire c'est que j'ai tout gâché. Ouais il a baisé cette fille. Ces filles. Des centaines de filles. Je sais pas. Mais c'est ma faute. J'aurais pu être mieux. J'aurais dû, putain." Bill s'effondra sur le lit et commença à avoir des hauts le c½ur, il pleurait si fort. Andreas posa une main sur son dos et le frotta en faisant des cercles.

"Tu n'as rien fait de mal," dit Andreas. Ce qui était bizarre, c'est qu'il le pensait vraiment. Il connaissait Bill et Tom depuis si longtemps que leur relation lui semblait presque normale. Bien sûr ils n'en avaient jamais parlé avant et Andreas savait que personne d'autre ne comprendrait. Bordel, il aurait été horrifié s'il n'avait pas été au courant depuis un si jeune âge.

"Est-ce que tu me trouves dégoûtant?" demanda Bill en pleurant toujours. Il roula près d'Andreas, enroulant ses bras autour de sa taille.

"Non," dit Andreas. "Mais tu ne peux pas laisser Tom te malmener comme ça."

"Je sais, je sais," cria Bill. "Mais je ne peux rien y faire. J'ai besoin de lui et il n'en a rien à faire. C'est mon frère, mon seul frère, ma seule chose. Mon seul. Je n'en aurai jamais d'autre."

Andreas tenait Bill serré, sentant son c½ur souffrir pour lui. Les deux frères avaient toujours été intimement connectés, tout le monde le savait. Andreas se rendit soudainement compte à quel point les agissements de Tom avait brisé le c½ur de Bill. Il allait, décida-t-il, tuer Tom

"Pourquoi tu ne me trouves pas dégoûtant?" demanda Bill d'une petite voix, ses paupières s'ouvrant et se refermant. Il reniflait, chassait les larmes de ses yeux en battant des paupières, se mettant du maquillage sur toute la joue. "Comment tu fais?"

Andreas caressa les cheveux de Bill de façon apaisante et lui donna un coin du drap de l'hôtel pour s'essuyer le visage. "C'est comme ça. C'est vous les mecs. C'est juste... différent."

"En quoi?" Bill enfonça le drap dans ses yeux.

"Je savais," dit Andreas gentiment. "C'est bon."

Bill laissa échapper un sanglot tremblant. "Vraiment? Tu savais? Est-ce que Tom le sais?"

"Putain," dit Andreas, principalement de colère. "Non, il ne sais pas."

Bill roula sur son dos et soupira, le souffle irrégulier. "On dormait ensemble toutes les nuits. Le sexe était super mais c'est juste que ça me manque de dormir avec lui. C'est dur de s'habituer."

"Ça va aller."

"Et peut-être je m'en remettrai. Mais il y avait ce truc, il m'embrassait. Il ne le faisait pas beaucoup. Je n'oublierai jamais ça," murmura Bill. "Même si ça ne m'arrive plus jamais, avec personne d'autre... je m'en fiche."

Andreas secoua la tête tristement. Il essayait de comprendre à quel point Bill était accro à Tom. Il ne pouvait même pas l'imaginer. "Peut-être que tu as besoin de lui parler."

"On a parlé. On a beaucoup parlé. Le plus souvent on se dispute et puis il part baiser une fille." Le visage de Bill prit un air rebelle, indigné. "Je ne suis pas suffisant."

"Peut-être que tu es trop," suggéra Andreas.

Bill lâcha un gros soupir. "Peut-être," répondit-il. Il ferma les yeux et dit d'un air las, "Dodo maintenant."

Andreas ne répondit pas et se contenta de s'assoire à côté de son ami jusqu'à ce qu'il soit certain qu'il soit endormi. Puis il grimpa dans l'autre lit et regarda le torse de Bill monter et descendre dans l'obscurité.

Il ne parvint pas à s'endormir avant des heures, son esprit tournait à plein régime.


**


Andreas jeta un regard au réveil avant de quitter la pièce. Il était huit heures du matin et Bill était toujours inconscient dans son lit. Il ne se sentit pas nerveux lorsqu'il prit la clé magnétique dans sa main et traversa le couloir jusqu'à la chambre de Tom.

Il avait trouvé la clé de Tom dans la poche de la veste de Bill. Pourquoi Bill l'avait, Andreas n'en était pas sûr. La nuit précédente, Bill était si ivre qu'Andreas était quasiment certain qu'il ne se rappellerait pas grand chose. Lui, cependant, pouvait se souvenir de tout. Il se souvenait si clairement du regard douloureux dans les yeux de Bill et des choses privées et humiliantes qu'il avait avouées. Andreas savait qu'il n'oublierait jamais ça... mais il espérait que Bill oui, pour son propre bien. Il était très inquiet pour lui.

Andreas se retrouva face à face avec la porte de Tom et il pensa à toquer, mais décida ensuite de ne pas le faire. La colère commençait à monter en lui et il n'avait pas envie de faire preuve de la moindre courtoisie envers Tom.

Il glissa la clé magnétique dans la fente et ouvrit la porte. Une légère odeur de fumée et de vieil alcool lui envahit les narines et il grimaça.

Il entra dans la pièce et même dans l'obscurité grisâtre du matin il pouvait tout voir. Trois bouteilles de vin vides gisaient au sol à côté de la porte et il y avait des vêtements éparpillés partout. Tom était endormi sur le lit, une fille à demi nue enroulée autour de lui dans une étreinte relâchée.

"Tu dois te foutre de moi," marmonna Andreas. Le bon sens lui disait de se retourner, quitter la pièce et parler de tout ça à Tom plus tard. La situation pouvait devenir très gênante si Tom ou son "invitée" se réveillait pour le trouver dans la chambre.

Puis Andreas se rappela pourquoi il venait parler à Tom et à quel point Bill avait été misérable la nuit précédente.

Andreas traversa rapidement la chambre à grandes enjambées, dépassa le lit pour atteindre les grandes fenêtres. Il eut un sourire ironique et ouvrit les rideaux. "Debout là-dedans!" cria-t-il alors que la lumière du soleil envahissait la pièce, éclairant les silhouettes sur le lit. La fille fut la première à se réveiller, plissant des yeux en direction d'Andreas et laissant échapper un "Quoi?" endormi.

"Salut, on ne s'est jamais rencontré," dit Andreas en faisant exprès de parler bien fort.

Elle eut au moins la décence de s'assoire et de rassembler les couvertures sur les parties de son corps qui étaient exposées. "Quoi?" répéta-t-elle. Elle donna un coup de pied à Tom et il émergea.

"Huh?" Tom cligna des yeux et bailla. Andreas voyait qu'il était encore légèrement saoul. "Andreas? C'est quoi ce bordel?"

"Il faut que je te parle," dit fermement Andreas. "Seul."

"Uh." Tom se redressa sur ses coudes et cligna un peu plus des yeux. Il tourna la tête pour regarder la fille. "T'es qui?"

La fille émit un bruit d'indignation.

"Je veux dire, comment tu t'appelles? Non, je veux dire, t'es qui? Andreas, putain qu'est-ce que tu fous là?" Tom semblait agité.

"Va-t-en," dit Andreas à la fille. "Il faut que je parle à Tom."

Elle leur lança un regard noir à tous les deux. "Allez vous faire foutre tous les deux," dit-elle en se levant et en titubant jusqu'à ses vêtements.

"Nan, c'est toi qui t'es fait foutre," dit Tom en se couvrant les yeux du dos de la main. "Je crois."

"Ouais, mais c'était même pas un bon coup," dit la fille sèchement en tirant sur sa jupe et son haut. "J'aurais été mieux avec Bill."

( Ce dialogue est un jeu de mot dans la version anglaise, et j'ai modifié un peu pour pouvoir rendre l'effet. Je vous mets l'original quand même :
La fille : Fuck both of you --> ça veux dire "allez vous faire foutre tous les deux" mais peut aussi se comprendre "je vous baise tous les deux"
Tom : Nah, just me. I think. --> Non juste moi (dans le sens t'as couché qu'avec moi)
La fille : Yeah, but it wasn't much of a fuck.
)

Tom rit. "Si tu savais."

Andreas serra les poings. "Dehors. Maintenant," dit-il à la fille.

Elle leur dit d'aller au diable et quitta la pièce d'une démarche vacillante. Andreas la suivit et claqua la porte une fois qu'elle fut partie. Quand il se tourna, Tom avait l'oreiller sur la tête et ronflait doucement.

"Oh, non pas question," dit-il en tirant l'oreiller et les couvertures de Tom. Tom était presque nu, seulement dans son boxer, et il se tourna de l'autre côté.

"Bordel, qu'est-ce que tu fous là?" demanda-t-il, tout humour ayant déserté sa voix.

"Lève toi," dit Andreas.

Tom lui fit un doigt d'honneur. "Pourquoi?"

"Parce que si je dois te frapper, tu seras debout," dit Andreas d'une voix égale.

"Ouais, c'est ça," dit Tom avec un rire amer. "Putain, qu'est-ce que je t'ai fait?"

"Bill," dit Andreas.

"Qu'est-ce qu'il t'a dit?" demanda Tom. Andreas sourit et attrapa Tom par le bras. Tom essaya de se dégager, mais Andreas avait un peu grandit et il était plus fort qu'il ne l'était quand ils étaient enfants. Tom pouvait toujours battre Bill et Andreas, mais ça n'était plus le cas.

Andreas poussa Tom contre le mur. "Il m'en a dit assez."

"C'est lui qui se bat avec moi," dit Tom. Andreas grogna et frappa Tom à l'épaule. "Putain, tu me touches pas!" cracha Tom et il frappa violemment Andreas au torse.

C'était la goutte d'eau. Andreas agrippa Tom par les deux épaules et le reclaqua contre le mur de toutes ses forces. Tom en eut le souffle coupé et tomba presque au sol, mais Andreas le maintenait debout. "Arrête de lui faire du mal," dit Andreas très lentement et très distinctement. "Tu es son frère."

"Les frères se font du mal tout le temps."

"Pas de la façon dont tu le fais," dit Andreas.

"Tu sais que dalle," marmonna Tom.

Andreas relâcha son emprise sur Tom et Tom commença à glisser le long du mur. Il voyait que Tom était toujours bourré; ses paupières étaient lourdes et son discours laborieux.

"Ecoute, vous avez toujours été mes meilleurs amis, mais Bill et moi étions clairement plus proches. Ça a toujours été comme ça. Je sais quand il va mal, il n'a pas besoin de me le dire habituellement."

"Et?" Malgré qu'il soit encore saoul, Tom semblait ennuyé. "Où tu veux en venir?"

"Alors il ne me dit jamais rien, à moins que ça soit vraiment grave," continua Andreas. "Hier soir, il m'a raconté. C'était grave à ce point là."

Tom essaya de se défaire de l'emprise d'Andreas, mais il raffermit sa prise, forçant Tom à rester contre le mur. "Alors il t'a dit qu'il allait mal..."

"Tu n'as aucune idée de ce que tu fais, hein?" murmura Andreas en regardant vraiment Tom. "Et si tu sais... alors tu es un encore plus grand connard que je ne le pense."

Tom soupira, frustré. "Bordel, je suis crevé."

"Je pense bien que tu l'es," répondit Andreas en contrôlant sa colère. Ses doigts le démangeaient et il avait envie de frapper Tom, mais il se sentait aussi désolé pour lui. Pas assez désolé pour pardonner cependant. "Tu dois lui parler, le calmer... faire revenir l'ancien Bill."

"Pourquoi tu t'en soucies?" Tom laissa l'arrière de sa tête cogner le mur avec un gros bruit. "Tu n'es jamais là. Moi oui."

"Ouais, je sais comme tu es toujours là," dit Andreas ironiquement.

"Putain, mais qu'est-ce que tu veux dire?" dit Tom en fixant le plafond.

"Je n'ai pas à le dire," dit Andreas. "Tu as deux options. Laisse le tranquille ou..."

Tom repoussa violemment Andreas, le prenant par surprise, et détala de l'autre côté de la pièce. Il claqua ses mains sur le mur. "Putain, qu'est-ce qu'il t'a dit?"

Andreas croisa les bras. "Je ne te le pardonnerai jamais si je découvre que tu lui fais du mal à nouveau."

"Il me fait du mal, bordel, il me tue," dit Tom. "Tu ne sais pas ce qu'il se passe. Je ne peux rien faire. Bordel de merde." Tom laissa retomber sa tête en respirant fortement. "Merde, je peux pas te parler de ça. Laisse tomber."

Andreas fixa intensément Tom. Il n'avait jamais vu Tom l'air aussi misérable avant. "Comment te fait-il du mal?"

"Je ne te parlerai pas de ça," répéta Tom. "C'est complètement tordu."

Andreas hésita. "Peut-être que ça l'est pour toi."

Tom regarda intensément Andreas. Pendant un instant, Andreas crut que Tom allait vraiment lui laisser le dernier mot, il y avait une telle flamme dans son regard. Il ne pouvait pas se rappeler la dernière fois qu'ils avaient eu une discussion seul à seul.

"Tu ne sais pas ce qu'il se passe," répéta Tom. "On a nos propres affaires qui n'ont rien à voir avec toi. Je ne m'en mêlerais pas si j'étais toi."

"Je n'ai jamais essayé de me mettre entre vous deux," dit Andreas en croisant les bras. "Je ne vais pas commencer maintenant. Je n'essayerais jamais de toucher à ta relation avec lui... Crois moi."

Tom plissa les yeux. "Alors ne le fais pas. S'il te plait, va-t-en."

"Ouais, je vais partir," dit Andreas. "Juste... Je sais que personne ne rend Bill plus heureux que toi. Je ne l'ai jamais compris jusqu'à une certaine nuit, il y a environ deux ans. J'ai vu quelque chose que je n'aurais probablement pas dû voir, mais j'ai compris. J'ai finalement compris cette connexion."

"Huh?" Tom semblait confus.

"Parle lui," dit Andreas fermement. "Bordel parle lui. C'est une blague que tu sois la seule personne au monde pour lui. Tu ne piges même pas."

Tom secoua la tête. "Je sais pas de quoi tu parles, mais bien sûr. Je vais éclaircir les choses avec lui."

"Tu ferais mieux." Avec ça, Andreas sortit de la chambre, une partie de la tension s'échappant alors qu'il quittait la présence de Tom. Il tremblait, se rendit-il compte, quand il ouvrit la porte de la chambre de Bill.

Il prit une grande inspiration et entra. Bill était réveillé, replié en boule sur le lit en se tenant le ventre. "Ugh, Andreas," gémit-il. "Où t'étais parti?"

"Faire un tour," dit Andreas. "Ça va?"

"Méchante gueule de bois," dit Bill. "Putain, je peux à peine bouger."

Andreas s'assit à côté de lui sur le lit. "Tu veux de l'eau?"

Bill hocha de la tête et se redressa. "Oh putain, salle de bain!" dit-il fébrilement. Il se leva et manque de trébucher sur son propre pied. Andreas lui attrapa le bras et l'aida à aller dans la salle de bain. Bill se recroquevilla au-dessus des toilettes et fut pris de nausée. Il ne vomit pas mais avait des haut-le-c½ur. Andreas lui prépara de l'eau et Bill la prit, incapable même d'amener le verre à sa bouche.

"Laisse moi t'aider." Andreas tint le verre et Bill prit une gorgée.

"Combien de verres j'ai bu hier soir?" demanda Bill.

"Suffisamment pour te faire te sentir dans cet état et même pire," dit Andreas.

"Pourquoi j'ai l'impression d'avoir pleuré? Mes yeux sont tout gonflés." Bill se pencha en avant et se tint aux toilettes.

Andreas ne voulait pas que Bill se souvienne, mais il ne pouvait pas lui mentir. "Tu t'es disputé avec Tom pour je ne sais quoi, on est revenu ici et tu as en quelque sorte... pété un câble."

"Putain," siffla Bill. Il baissa la tête et cracha dans les toilettes. "Je n'ai... rien dit de stupide, hein?"

"Hum."

"Oh putain, dis moi," dit Bill. Il regarda Andreas avec de grands yeux suppliants. "Ou je vais me sentir mal."

Andreas déglutit difficilement. "Tu m'as dit pour Tom," dit-il la voix basse.

"Quoi?" demanda Bill, de la panique dans la voix. "Qu'est-ce que je t'ai dit?"

"Je sais," dit Andreas. "Ça va."

" Qu'est-ce que je t'ai dit?" demanda de nouveau Bill.

Andreas secoua la tête. "Non."

"Andi," geignit Bill.

Andreas se hérissa en entendant l'ancien surnom. "Tu ne veux vraiment pas que je te le dise."

"Je ne suis même pas sûr de ce que tu sais, si tu sais," dit Bill en fixant le sol. "Je suppose que ça n'a pas d'importance de toute façon parce que je suis quasi sûr que ce n'est plus un problème."

"Bill," dit Andreas. "Je sais... tout, je pense."

Bill leva un regard vitreux vers Andreas. "Ok, Hum."

Ses épaules tremblèrent et Andreas posa une main apaisante sur l'une d'elles. "Je ne trouve pas que c'est bizarre ou mal ou... tu sais. Je m'en fiche."

Bill cligna des yeux et Andreas pouvait voir qu'il essayait de ne pas pleurer de nouveau. "Quoi? Vraiment?"

Andreas haussa très lentement les épaules. "Ouais, je le sais depuis environ deux ans..."

"Non," gémit Bill en fermant les yeux.

"Ouais. C'est bon, Bill. J'ai toujours su que toi et Tom étiez... tu sais, proches. Ça me paraissait logique ou je ne sais quoi." Andreas frotta le dos de Bill en des mouvements circulaires. "Je lui ai parlé. Voilà où j'étais."

Bill pâlit complètement et ses yeux s'obscurcirent. "Tu quoi?"

"Putain, je pouvais pas supporter la façon dont il te traitait."

"Tu ne sais même pas," murmura Bill.

"C'était assez évident hier soir, Bill... Surtout avec les choses que tu m'as dites," dit Andreas en rougissant un peu.

"Alors..." Bill se mordit la lèvre. "Comment tu as su avant?"

"Je te l'ai dit hier soir," dit Andreas. Il se sentait incroyablement mal à l'aise de parler à Bill de tout ça quand ils étaient tous les deux complètement sobres.

"Et bien, je m'en souviens pas bordel," dit Bill avec humeur. "Désolé."

"Je vous ai surpris," dit Andreas.

Bill mis son visage dans ses mains. "Alors c'est sûr que tu sais. Je pensais que peut-être tu croyais savoir mais que tu ne savais pas. Oh mon Dieu, pourquoi est-ce que tu n'as rien dit?"

"Je ne savais pas comment faire, et ce n'était pas mes affaires."

"Je suis qu'un pervers," dit Bill en reniflant. "Comment tu peux être mon ami?"

"Je te l'ai dit, c'est ok. Pas normal, mais ok." Andreas frotta la nuque de Bill et Bill le regarda.

"Tu es vraiment un bon ami, Andreas," dit-il. Puis il tourna la tête vers les toilettes et vomit dans un grand gémissement. Andreas lui tint ses longs cheveux et lui murmura quelques mots apaisants.

Ensuite, quand Bill n'eut plus rien à vomir, Andreas l'aida à se mettre au lit et ils s'assirent ensemble.

"Qu'est-ce que tu as dit à Tom?" demanda Bill. "Est-ce qu'il sait que tu sais?"

"Je suis pas sûr. Il était un peu bourré et je n'étais pas entièrement cash avec lui. Je l'ai un peu malmené."

Bill rit. "Je pense qu'il n'a pas apprécié."

"Il avait une fille là-bas," dit Andreas. On aurait dit que Bill allait se remettre à vomir. "Désolé."

"Je le déteste," dit Bill. "Non, je l'—" Il rougit et baissa la tête.

"Je sais," dit Andreas. "Crois moi, je sais."

"Je l'aime," dit Bill tout haut, distinctement. "Ouais, je l'aime. Merde. Je suis amoureux de lui. Merde..."

"Tu ne savais pas? Ou...?"

Bill secoua la tête et haussa les épaules. "Il avait une fille."

"Ouais..."

"Est-ce qu'ils ont...?" Bill grimaça.

Andreas hocha lentement la tête. "Selon elle. Selon Tom, il ne sais pas."

"Putain, c'est un gros crétin. C'est des merdes comme ça..." Bill ne finit pas sa phrase. "C'est la raison pour laquelle on n'est plus vraiment... tu sais."

Andreas se rappela sa conversation avec Tom et à quel point Tom semblait différent et à côté de ses pompes. Une chose avait été passionnée, cependant – quand il avait dit que Bill lui avait aussi fait du mal.

"Peut-être que c'est juste mieux ainsi," marmonna Bill. "Je m'en fiche d'être misérable. Je veux juste pas que Tom soit fâché contre moi ou quoi que ce soit. J'arrive pas à croire que tu es allé lui parler, Andi. Putain t'es incroyable."

"Je pouvais pas faire autrement," dit Andreas. "Tu es le genre de personne pour qui n'importe qui voudrait se battre."

"Ouais, sauf Tom," répondit Bill sombrement. "Putain. Pour de vrai, qu'est-ce que j'ai dit d'autre la nuit dernière?"

Andreas secoua fermement la tête. "Non."

"Aller. Toutes les cartes sont sur table."

"Et bien," dit Andreas en soupirant. "Tu as parlé de, hum... devoir utiliser... des protections maintenant à cause de, hum, du style de vie de Tom."

"Pourquoi est-ce que je t'ai dit ça?" grogna Bill. "Pourquoi?" Il se frappa sur le front et se tint immédiatement la tête. "Mauvaise idée, ma tête va exploser."

"Tu as dit quelque chose sur le fait de ne plus pouvoir sentir, hum... tu sais," dit Andreas.

Bill roula sur lui même et enfonça son visage dans le matelas. "Je peux pas croire que j'ai dit ça."

"Tu en as dit plus."

"Ok, ok, je veux pas savoir," dit Bill. "J'espère que tu étais vraiment bourré aussi."

"Nan," dit Andreas.

"Je promets que je ne te donnerai plus jamais de détails sur ma vie sexuelle dépravée," dit Bill

Andreas se contenta de rire. "Au moins t'en fais plus que moi."

Bill se retourna et grimaça. "Je me fais baiser par mon frère."

"Oh mon Dieu, tu as dit plus de détails!" rit Andreas.

"Ce n'était pas des détails," dit Bill. "Des détails, ça serait plus—"

"Arrête."

"Dire combien il aime quand je—"

Andreas envoya un oreiller à Bill puis l'appuya sur son visage. Bill rit jusqu'à ce qu'il se tienne la tête en grognant.

"Désolé, désolé!" dit Bill.

Il restèrent silencieux un moment.

"Tu crois que ça durera combien de temps?" demanda calmement Andreas.

Bill soupira. "Ça ne dure plus. C'est fini."

"Je sais pas," répondit Andreas. "Tu le penses vraiment? Est-ce que tu n'es pas plutôt accro à lui?"

"Je suis taré." rit faiblement Bill, mais Andreas pouvait voir ses épaules s'alourdir. "C'est lui qui a commencé."

"Vraiment?"

Bill hocha légèrement la tête. "Pas que ça ait de l'importance. Il a changé."

"Je ne vois pas vraiment de changement, mais je suppose que je ne le verrais pas si c'était le cas," dit Andreas avec précaution. "Je suis désolé, Bill."

"Eh." Bill commença à jouer avec une ficelle de son pantalon. "C'est vraiment la merde. Il en a rien à foutre de toute façon."

Andreas hésita. Il savait que Tom n'en avait pas rien à foutre. Il se comportait juste comme un connard et c'est ce qui rendait Andreas vraiment furieux. Le fait que Tom le fasse exprès, apparemment.

"Comme tu l'as dit, peut-être que c'est pour le mieux," fut tout ce que dit Andreas. Il ne voulait pas donner d'espoir à Bill en lui faisant part de ses suppositions parce qu'il ne savait vraiment pas. Bill s'affala en arrière et ses paupières se fermèrent lourdement.

"Ouais." Bill regarda Andreas et lui fit un petit sourire. "Sûrement."


**


"Ecoute," dit Tom en attrapant Bill par le bras. "Il faut que je te parle."

Bill n'avait pas vu Tom depuis le départ d'Andreas, il s'était caché dans sa chambre d'hôtel toute la journée en essayant de dormir pour faire passer sa gueule de bois. Mais bien sûr, à l'instant où il sortit pour prendre un peu l'air, il trouva Tom qui en faisait autant.

"Hum, quoi?" demanda Bill. Même regarder Tom était douloureux.

"Andreas m'a dit que—"

Bill s'écarta. Il était bien trop nauséeux pour cette conversation. "Plus tard, plus tard," marmonna Bill, et il retourna directement dans sa chambre d'hôtel, en claquant la porte au nez de Tom. Il grimpa dans son lit et décida de ne plus jamais se lever.

Il dormit toute la nuit jusqu'à ce que son alarme le réveille le matin suivant. Bill s'assit, encore endormi, et cligna des yeux dans la pièce faiblement éclairée. Il se souvenait de la journée précédente, et de la nuit d'avant. Grimaçant, il se rallongea et tira un oreiller sur son visage. Andreas savait tout. Quelqu'un en dehors de Bill et Tom savait pour Bill et Tom.

Bill grogna. Il savait que ça allait et qu'Andreas ne ferait jamais rien, mais il ne pouvait s'empêcher d'avoir l'impression que les choses devenaient un peu hors de contrôle.

Plus tard dans la journée, Bill se trouva assis devant un miroir dans la loge. Il restait une heure avant le début du concert. Bill se pencha en avant et se toucha le visage, pinçant ses joues pour leur donner un peu de couleur.

"Bill."

Bill leva les yeux et vit le reflet de Tom dans le miroir. Soupirant, Bill se cala dans sa chaise et haussa les épaules. "Quoi?"

Tom se tenait à quelques dizaines de centimètres de Bill. "Salut."

"'lut." Bill regarda le sol et commença à jouer avec son nouvel eyeliner. Il l'avait choisi avec soin, pas pour la façon dont il allait le rendre cool, mais le rendre beau. Il avait eu Tom en tête, aussi. "Qu'est-ce que tu veux?"

Bill pouvait sentir le regard de Tom sur lui. Il releva les yeux et bien sûr, Tom le regardait intensément. Bill retourna son attention à son propre reflet et arrangea ses cheveux

"Il faut qu'on parle," dit Tom doucement.

Bill secoua la tête. "Je ne crois pas."

"Je m'en fous," dit Tom. "Il le faut."

"Pas avant le concert, ok?" dit Bill. "Après."

Tom soupira. "Très bien. Après."

Bill retourna à son maquillage.


**


Après le concert, Bill s'assura d'éviter Tom à tout prix. Il resta près de Georg jusqu'à ce qu'ils retournent à l'hôtel puis se précipita dans sa chambre. Une fois à l'intérieur, il se démaquilla avec soin et ignora les légers, puis les grands coups à sa porte.

Quand il fut encore plus tard et qu'il était grimpé dans son lit en pyjama, il ignora son téléphone portable puis le téléphone de la chambre d'hôtel qui sonnaient. Il éteignit son portable et décrocha le téléphone. Il ne pouvait vraiment pas parler à Tom. Pas encore.


**


"Non, Je me fiche de ce que tu dis," dit Tom en prenant Bill à l'écart. Ils étaient dans les studios d'une chaîne de télévision, se préparant pour un show et une interview, et Tom était inflexible. "Tu m'ignores depuis des jours."

"Je sais," dit Bill. "C'est juste que j'étais pas d'humeur."

"Et moi oui?" Tom semblait agité. "Après cette interview, on parle. Ma chambre d'hôtel. Tu y seras."

Bill pensait que non. "Ok."

"Promis?"

Le directeur de plateau les approcha. "C'est à vous," dit-il.

"Promis," marmonna Bill. Ils se collèrent un sourire sur le visage et allèrent sur scène.


**


Bill n'alla manifestement pas dans la chambre de Tom après l'interview. Il avait passé tout le temps à fixer le plafond et à rouler des yeux à tout ce que Tom avait à dire. Les questions étaient toutes les mêmes – groupies, sexe, coups d'un soir. Tom les gérait comme un pro, pensait Bill.

Se débarrassant de ses chaussures et étirant des membres fatigués, Bill s'écroula sur le lit. Il ferma les yeux et remonta ses genoux contre son torse, se roulant en boule. Il n'était pas dans cette position depuis une minute quand il entendit des coups à sa porte.

"Ugh," grogna doucement Bill. Il roula sur le côté. "Va-t-en."

"Bill, tu as promis," dit la voix de Tom depuis derrière la porte. "Laisse moi entrer."

Bill fronça les sourcils et enfonça son visage dans le matelas. Il se demandait combien de temps il pouvait encore éviter Tom.

"Très bien, j'entre."

"Tu ne peux pas!" dit Bill d'une voix forte, paniqué pendant un instant. Il regarda la porte par-dessus son épaule. Le verrou était fermement en place. "Ugh, Attends."

Bill avait bien l'intention d'ouvrir la porte et de dire à Tom de partir. Il prévoyait de fermer la porte au nez de son frère une fois de plus. Mais quand il ouvrit la porte, quelque chose dans l'expression de Tom fit trembler Bill.

"Hum," bafouilla Bill en se mordant la lèvre. "Quoi?"

"Je dois entrer," dit Tom d'un ton étrangement calme. Bill hocha lentement la tête et s'écarta en se frottant la nuque.

"Bordel, pourquoi fallait-il que tu rendes ça si difficile?" demanda Tom. Bill retourna s'allonger sur son lit.

"Je pourrais poser cette question pour un tas de choses," marmonna Bill. "Parle."

"Andreas a essayé de me foutre une raclée," dit Tom.

Bill rit presque mais s'en empêcha. "Vraiment?"

Tom s'assit sur le lit à coté de celui de Bill. "Ouais, alors il faut que je sache ce que tu lui as dit."

"J'étais bourré," fut la réponse de Bill.

"T'as dû dire quelque chose."

"C'est tout ce dont tu voulais parler? Si j'ai dit quelque chose à Andreas ou non?" Bill enleva la couverture du lit d'un coup de pied.

"C'est quand même assez important," dit Tom lentement.

"Il sait," dit Bill.

"Il sait quoi, exactement?"

Tom avait l'air incertain, contrarié. Bill s'était plutôt remis de la découverte d'Andreas. Il savait que ça allait aller, ça serait même mieux maintenant qu'il avait quelqu'un pour parler de toute cette situation délirante. Mais Tom ne savait pas ça. "Il sait que tu me baises. Me baisais."

"Tu lui as vraiment dit ça?" Tom mis sa tête dans ses mains et grogna. "Comment tu as pu dire ça à qui que ce soit?"

"Je n'en avais pas l'intention," dit Bill. "Peut-être que si. Je sais pas."

"Bill," dit Tom sévèrement. Il s'adossa contre la commode et garda sa tête dans ses mains. "Tu... Tu n'as vraiment aucune idée de quand tu vas trop loin." Tu ne sais jamais quand fermer ta gueule. Putain t'es incroyable!"

Bill leva les sourcils et se redressa. "Tu es sérieux?"

"Je ne peux plus jamais le voir maintenant," dit Tom avec colère. "Dans ton monde peut-être que c'est pas grave de dire aux gens que tu couches avec ton frère, mais dans le vrai monde, c'est juste complètement taré. Merci, Bill. C'est super."

"Va te faire foutre, Tom," dit Bill en riant franchement. "Sérieusement."

"Quoi?"

"De quoi voulais-tu vraiment me parler?" demanda Bill.

"Je te l'ai déjà dit," dit Tom.

"Juste ça?" Bill fronça les sourcils. "J'aurais pensé que tu avais beaucoup plus à dire."

"Pourquoi?"

Bill leva les mains en l'air. "T'es un vrai connard, Tom."

Tom descendit rapidement du lit, s'avançant et poussant Bill contre le matelas. Bill eut le souffle coupé en sentant le poids de Tom sur lui, et il se soumit presque, mais ensuite quelque chose explosa en lui et il vit rouge.

"Putain, lâche moi!" hurla Bill en repoussant Tom. Tom grogna et s'accroupit et Bill essaya de reprendre son souffle. Il avait presque perdu la tête, là. Il remonta contre la tête de lit, aussi loin de Tom que possible. "Tu sais, Andreas savait déjà. Alors ça n'a pas d'importance si je lui ai dit."

"Comment le savait-il?" demanda Tom en respirant tout aussi fort que Bill.

"Est-ce que c'est vraiment important? C'était il y a des lustres."

Tom leva la tête, ses yeux rencontrant ceux de Bill. "Je ne peux pas te faire confiance."

Bill se pencha en avant et gifla Tom en travers du visage avec beaucoup de dextérité. Sa main fit un net bruit de claquement contre la joue de Tom et en fin de compte, il se sentit mieux après l'avoir fait. Tom recula vivement, les yeux écarquillés.

"Ne me redis jamais ça," dit Bill. "Maintenant sors de ma chambre."

Tom ne bougea pas.

"Tu ne me prends pas au sérieux? Je fais attention à moi maintenant, Tom. Je t'aime mais tu ne me possèdes pas."

"Ok," répondit calmement Tom. Il descendit du lit et commença à marcher vers la porte. "Putain c'était débile de ma part de penser que... laisse tomber."

Bill ne voulait pas savoir. Il voulait juste que Tom s'en aille.

Puis il enfouit son visage dans l'oreiller, le tâchant de maquillage noir, et il émit un son de colère frustrée. Frapper Tom lui avait fait du bien. Il voulait le frapper encore. Il voulait faire souffrir Tom, parce que c'est ce que Tom lui avait fait. Tout le faisait foutrement souffrir.

Bill pensa à ce que Tom avait dit. Je ne peux pas te faire confiance. Il commença à se demander si c'était vrai, parce que Bill trouvait qu'il ne pouvait même pas avoir confiance en lui-même.


***


Et oui, ça se gâte entre nos twins ^^
Et Andreas qui entre dans le jeu...
Mais ne détestez pas Tom trop vite...

( La suite de rêve Amériacain est postée! lààà * )



Pix : originale par Betsy




EDIT :
à Marie : Je n'ai jamais refusé de répondre à des questions ^^
D'ailleurs si vous en avez, allez-y posez les, ça m'intéresse!
Par contre Je ne te dirai pas ici si c'est une happy end ou pas (ben oui, ya peut-être des gens qui veulent se garder la surprise). Par contre, vu que tu n'as pas de blog, tu peux me laisser un mail et je te répondrai.
Voilàààà

Aller à bientôt pour le prochain chapitre!

# Posté le mercredi 05 mars 2008 08:12

Modifié le vendredi 07 mars 2008 14:09